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"Mooc of the year" : et les gagnants sont...

Mathilde Saliou  |  Publié le

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Élaboration d'un Mooc dans le studio d'Udacity en Californie (États-Unis) - 2013 // ©Jim Wilson/NYT-Redux-Rea
Distinguer les meilleurs Mooc permet à la fois d'en promouvoir l'image et la diversité auprès du grand public.

La première cérémonie du "Mooc of the Year", organisée par la start-up My Mooc, se tenait jeudi 19 janvier au siège de Google France. Les universités y ont montré leur intérêt et leur succès croissant en matière de cours en ligne.

À qui le prix du meilleur Mooc conçu par une université ou une école ? À "Creative Box", créé par l'Essca, et qui remporte aussi le prix du meilleur teaser. À qui celui de Mooc le plus populaire ? À "Gestion de Projet", porté par Rémi Bachelet, maître de conférences à Centrale Lille, également connu Mooc le plus international de l'année. Mines Télécom décroche quant à elle la palme du Mooc le plus innovant, avec "ABC du langage C".

La première cérémonie du "Mooc of the Year" a été organisée par Clément Meslin, fondateur de la start-up My Mooc : "Nous avons fondé notre start-up pour devenir une sorte de TripAdvisor des cours en ligne. Remettre des prix aux meilleurs Mooc [dans 14 catégories différentes] était une suite logique, permettant à la fois de promouvoir l'image et la diversité de ces cours auprès du grand public." À côté des Mooc organisés par des écoles et universités, figure aussi un Mooc sur la cuisine ou un autre sur les sacrements dans le catholicisme, créés par des start-up principalement, ainsi que par quelques grandes entreprises.

toucher de nouveaux publics

"Pour les créateurs de cours en général, et les universités en particulier, ce mode d'enseignement leur ouvre un large public. Ils permettent aux établissements d'enseignement supérieur d'entrer en contact avec des profils différents de ceux des étudiants qu'ils trouvent dans leurs amphis", estime Clément Meslin.

Jean-Luc Wojkiewicz, professeur à l'école des Mines de Douai et en charge du Mooc "Introduction à la Mécanique des fluides", sélectionné parmi les cinq meilleurs cours créés par des universités, confirme : "Pour ce cours, nous avons un total de 4.700 inscrits issus de 77 pays. Cette méthode de travail nous permet de renforcer la collaboration avec d'autres établissements : trois écoles, notamment l'ESTP, ont décidé d'intégrer ce Mooc à leur maquette pédagogique."

Rémi Bachelet, qui anime son Mooc "Gestion de Projet" depuis "quatre ans et neuf jours", très précisément, affiche plus de 133.000 inscriptions au compteur. Lorsqu'il s'est lancé, se rappelle-t-il, il "savait que ce serait un succès. C'était au moment où le phénomène Mooc créait de l'effervescence. Cela pouvait passer pour un effet de mode, mais j'étais convaincu que cela fonctionnerait." Une stratégie gagnante : elle lui a permis de remporter hier un nouveau prix, après celui de meilleur dispositif éducation 2014.

S'inscrire dans la durée


Mais proposer des cours en ligne, ouverts sur l'international, gratuits, et au succès reconnu, n'est-ce pas se faire soi-même de la concurrence ? Certainement pas, pour Nicolas Sennequier, responsable des pédagogies numériques à l'Institut Mines-Télécom : "Les Mooc sont une brique de notre processus d'innovation pédagogique développé en interne. Toucher un public beaucoup plus large nous permet d'expérimenter."

"Cela fait du Mooc à la fois un outil de communication et une plate-forme sur laquelle tester de nouvelles technologies pédagogiques, renchérit Jean-Luc Wojkiewicz. Nous venons de mettre en place un nouveau serious game [jeu sérieux]. Plutôt que de suivre l'habituelle approche des TD, nous optons pour une démarche agile, en groupe, où l'enseignant devient plutôt un guide qui accompagne les étudiants. Cela favorise les échanges et nous permet de réadapter sans cesse nos cours selon les retours que l'on reçoit."

Même affirmation chez Rémi Bachelet : "Il y a une vraie dimension collaborative dans la gestion de ces cours." À l'origine, il s'était entouré d'une équipe de sept personnes. Celle-ci en compte désormais une trentaine. "Dans l'équipe, vous trouvez des enseignants-chercheurs, bien sûr, mais aussi les équipes de Unow, start-up créée en parallèle de "Gestion de Projet", et même des bénévoles. Ceux-ci ont pu apprendre gratuitement, et veulent à leur tour aider des étudiants."

Nicolas Sennequier évoque le même schéma : "Nos Mooc sont toujours lancés sous l’égide d’un enseignant-chercheur de l’Institut, mais ils travaillent avec des équipes diverses, des collègues d’autres établissements, parfois avec des entreprises. Comprendre l’économie collaborative, par exemple, a été réalisé avec un professeur de Télécom Saint-Étienne et avec le soutien de la MAIF." Une entreprise dont le concours est bienvenu et l’investissement dans l’enseignement en ligne reconnu : elle a remporté le prix de l’entreprise la plus innovante à la cérémonie "Mooc of the year".

"Voir ce genre de travail couronné par des récompenses, c'est une confirmation pour nous, affirme Rémi Bachelet. Le numérique bouleverse aussi l'enseignement supérieur, et nous gagnons ici l'assurance que c'est un mouvement solide, qui s'inscrit dans la durée."

Mathilde Saliou  |  Publié le

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