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OpenClassrooms, le Deezer de l'éducation

Sophie Blitman  |  Publié le

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Les bureaux d'OpenClassrooms
Les bureaux d'OpenClassrooms // © Julien Faure / R.E.A

Plongée dans la France des EdTech. Si le marché est moins florissant qu'aux États-Unis, certaines start-up parviennent à trouver l'équilibre économique. Parmi elles, OpenClassrooms, qui a levé 2 millions d'euros entre 2012 et 2014. Pour poursuivre sa croissance, la plateforme de cours en ligne entend désormais développer ses partenariats avec les écoles et universités.

Un millier de cours en ligne ouverts à tous rassemblant 2,5 millions d'utilisateurs par mois. Les chiffres affichés par OpenClassrooms font envie à plus d'un entrepreneur des EdTech. Première start-up française dans le domaine des technologies de l'éducation, et première plateforme de cours en Europe, l'ancien Site du Zéro se focalise sur quelques thématiques professionnalisantes, contrairement à Coursera, par exemple, beaucoup plus académique.

Parmi les sujets de prédilection : management, marketing et entrepreneuriat, digital et, bien sûr, informatique. "Notre objectif est de faire monter en compétence les étudiants ou salariés", explique Pierre Dubuc, cofondateur d'OpenClassrooms, qui ne parle pas de Mooc car "ceux-ci sont arrivés bien après que nous avons lancé notre activité". Par ailleurs, précise-t-il, "la plupart des Mooc commencent et finissent à date fixe, tandis que nous laissons nos cours ouverts en permanence car tout le monde n'a pas le même rythme". Les plus populaires d'entre eux rassemblent, d'après ses chiffres, entre 50.000 et 100.000 internautes, en majorité des étudiants même si la part de professionnels tend à augmenter.

Le développement web, le marketing et la communication font partie des domaines les plus prisés. "Nous sommes tournés vers l'utilisateur, insiste Pierre Dubuc. Des tests et le feedback quotidien de nos internautes nous permettent d'analyser les comportements et les besoins. C'est en fonction de cela que nous sélectionnons les cours."

Le business model de la start-up est désormais fondé sur une offre premium : si les cours restent accessibles gratuitement, des services supplémentaires sont proposés à raison de 20 € par mois, notamment le téléchargement de cours et vidéos offline mais aussi la remise d'un certificat de réussite, qui peut être délivré en partenariat avec une école, une université ou une entreprise. "Aujourd'hui, une petite centaine de nos cours sont ainsi cobrandés", compte Pierre Dubuc, qui indique travailler avec une dizaine d'établissements. Parmi eux, l'ESG Management school, qui a choisi la plateforme pour sa capacité à fédérer de fortes communautés, pour "la qualité des supports produits ainsi que le principe des cours ouverts en continu", selon Rony Germon, professeur-associé à l'ESG, et co-auteur du cours "Avoir l'audace d'entreprendre." Celui-ci d'ajouter : "OpenClassrooms, c'est un Deezer de l'éducation."

Partenariats avec des écoles et universités

Forte de sa notoriété, OpenClassrooms entend désormais développer les collaborations avec les écoles et universités. Aux enseignants de concevoir les cours, la start-up apportant de son côté l'infrastructure technique. Dans le cadre de la négociation, elle peut aussi proposer un accompagnement par un ingénieur pédagogique, voire la réalisation du cours. L'ESG a ainsi délégué toute la partie enregistrement, montage, dérushage et conception graphique de son cours sur l'entrepreneuriat. "Cela nous permet de rester centrés sur notre cœur de métier", fait valoir Rony Germon.

Dans tous les cas, OpenClassrooms se charge de la publication sur la plateforme et de la commercialisation, notamment auprès d'entreprises à qui peuvent être vendus des packs de licences premium.

Selon Pierre Dubuc, plus les cours sont professionnalisants, plus la proportion d'apprenants ayant acheté des services supplémentaires est importante. "Si celle-ci s'établit en moyenne autour de 15%, elle peut monter jusqu'à 25%", avance-t-il. Et de résumer ainsi le partenariat : "L'établissement apporte son expertise, nous la visibilité de notre marque ainsi qu'une monétisation." Une partie des bénéfices est reversée à l'établissement. Selon le dirigeant, les revenus pour l'école ou l'université peuvent aller jusqu'à 30.000 € par an. En outre, souligne-t-il, "c'est un bon moyen pour eux de se développer sur le marché de la formation continue".

Pour lui, la question n'est pas de se substituer aux établissements. "Nous considérons davantage notre offre comme des modules en ligne qui peuvent s'imbriquer dans la formation en présentiel." Une vision qui rejoint celle de nombreux acteurs des EdTech aujourd'hui, convaincus que l'avenir est au "blended learning".

Pierre Dubuc et Mathieu Nebra, co-fondateurs d'OpenClassroomDu Site du Zéro à OpenClassrooms, la success story française des EdTech
L'aventure débute en 1999. Alors collégien, Mathieu Nebra crée le Site du Zéro, sur lequel il publie des cours en ligne pour aider ses amis. Pierre Dubuc le rejoint en 2001 et les deux acolytes s'attachent à développer la plateforme.

C'est en 2007 qu'ils lancent leur start-up, alors qu'ils sont étudiants en école d'ingénieurs : Pierre Dubuc à l'Insa Lyon, Mathieu Nebra à l'Efrei. À partir de 2009, ils s'y consacrent à plein temps et, en 2012, ils réussissent à lever 1,2 million d'euros auprès d'Alven Capital, qui réinvestit 1 million d'euros supplémentaire en 2014. Entre-temps, la marque a évolué pour devenir OpenClassrooms. Rassemblant aujourd'hui une petite trentaine de personnes, elle affiche un taux de croissance de 30% par mois.

Sophie Blitman  |  Publié le

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