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Patrick Vanetti, directeur du Conservatoire européen d’écriture audiovisuelle (CEEA) : «L’obtention du titre professionnel est une avancée dans la reconnaissance du métier de scénariste»

Propos recueillis par Mathieu Oui  |  Publié le , mis à jour le

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Le Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle (CEEA) , seule école spécialisée sur le scénario en France, fête ses quinze ans. Interviewe de son directeur, Patrick Vanetti.


Le CEEA fête ses quinze ans cette année, quel bilan tirez-vous à cette occasion ?

En matière d’insertion, 70% des anciens élèves intègre la profession au bout d’un an à un an et demi. Il y a toujours une période de latence, liée à la longue réactivité des producteurs. Les autres diplômés se retrouvent comme lecteur attitré de scénarios chez les diffuseurs, d’autres travaillent en production ou comme directeur littéraire chez les producteurs. Ce métier consiste à suivre le développement d’un scénario, du repérage des projets jusqu’au rendu final en passant par la coordination de l’écriture pour une série. Par exemple, en cas de difficultés pendant le développement du projet, le directeur littéraire peut avoir recours à un co-auteur.

En 2007, le CEEA a obtenu le titre professionnel de scénariste niveau I (master 2), enregistré auprès du RNCP. C’est reconnaître l’activité de scénariste comme un métier. Ce titre est également accessible au titre de la validation des acquis  de l’expérience (VAE). Nous avons délivré douze VAE en deux ans. Le fait que des professionnels expérimentés viennent valider leurs compétences à travers ce titre est une façon de défendre la profession de scénariste.

Comment la formation du CEEA se situe par rapport à celle de la FEMIS ?

Le Conservatoire n’est pas une école de cinéma. Notre formation à l’écriture de scénarios est très ouverte sur les différents formats de création audiovisuelle : de deux minutes de programme court, en passant par l’écriture de séries animées, de séries télévisées et jusqu’aux 90 minutes de cinéma. Cette année, par exemple, nos élèves de seconde année devaient présenter des projets de série à des producteurs de films de fiction comme d’animation.

-Quels sont vos projets pour les années à venir ?
Au plan pédagogique, nous souhaitons suivre l’évolution du métier vers le transmédia. Cela consiste à décliner des séries sur des supports numériques multiples. Nous tentons de mettre au point pour la rentrée prochaine un module thématique en seconde année, mais il nous faut encore trouver les professionnels compétents. Je souhaiterais aussi proposer une troisième année aux élèves pour pouvoir les accompagner dans leur insertion professionnelle. Actuellement l’école ne dispose pas des moyens pour mieux encadrer les étudiants ou pour développer les relations internationales. Nous disposons d’un budget, loyer compris, de 700 000 € et de trois salariés permanents. A titre de comparaison, la FEMIS  bénéficie d’un budget de 10 millions €.

Ce manque de moyens reflète-t-il la faible reconnaissance du métier de scénariste en France ?

Oui en partie, mais il y a une évolution positive. Les pouvoirs publics sont en train de mettre en place un accès à la formation continue pour les scénaristes professionnels, ce qui n’existait pas jusqu’à présent. Le rapport commandé par le ministère de la culture à Pierre Chevalier sur le développement de la fiction (cf. pièce jointe) insiste quant à lui sur une meilleure reconnaissance et un soutien financier de notre établissement. Le président du CNC, Eric Garandeau, m’a d’ailleurs demandé un plan d’action en ce sens. Il est temps pour notre établissement de passer de l’ère de la bonne volonté et de la conviction de quelques professionnels à une structure plus établie et mieux encadrée

Une association financée par la profession
Association à but non lucratif, le CEEA est financé par l’ensemble des diffuseurs (de TF1 à M6) et des professionnels de l’audiovisuel (SACD, CNC, PROCIREP…). La formation initiale dure deux ans et accueille douze élèves par promotion qui paient 1400 € de frais de scolarité annuels. Le recrutement se fait sur concours. Les candidats doivent avoir entre 20 et 40 ans, et il n’y a pas de diplôme requis. La moyenne d’âge des étudiants est de 28 ans et leur niveau moyen se situe à bac+3. LE CEEA a noué des partenariats avec différents établissements : INA Sup (section production), les Gobelins (section animation) ainsi qu’avec le master professionnel scénario de Paris Ouest Nanterre.

Propos recueillis par Mathieu Oui  |  Publié le , mis à jour le

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