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Pénurie de traducteurs et d’interprètes : l’ONU chasse dans les écoles

Céline Manceau  |  Publié le

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Interprètes ISIT à l'ONU
Interprètes ISIT à l'ONU

L’appel d’offres a failli passer inaperçu… Et c’est finalement un coup de téléphone du ministère des Affaires étrangères qui a alerté les deux écoles de traduction françaises, l’ESIT (Ecole supérieure d’interprètes et de traducteurs) et l’ISIT (Institut de management et de communication interculturels), sur la volonté de l’ONU (Organisations des nations unies) de nouer un partenariat avec certains établissements triés sur le volet.

C’est une première mondiale pour l’ONU qui espère attirer des candidats excellents pour passer les concours, organisés tous les deux ans, dans les six métiers nécessitant une parfaite maîtrise des langues : traducteur, éditeur, archiviste, secrétaire (pour la frappe), rédacteur des procès-verbaux et interprète. Et ce, à chaque fois, dans les six langues officielles de l’Organisation : arabe, chinois, anglais, français, russe et espagnol.

Quatre écoles francophones…

« Les générations de traducteurs et d’interprètes recrutés au début des années 80 atteignent aujourd’hui l’âge de la retraite et nous risquons d’être confrontés à une pénurie », explique Shaaban Muhammad Shaaban, secrétaire général adjoint départemental de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences de l’ONU. Présent cette semaine en France, Shaaban Muhammad Shaaban est venu signer les mémorandums de coopération avec l’ISIT et l’ESIT, respectivement les 8 et 9 mars. Ces deux établissements seront les représentants de la langue française avec deux autres universités situées à Genève et à Mons (Belgique). La sélection s’est opérée sur dossier « Nous en avons examiné une quarantaine en regardant attentivement depuis combien de temps l’école existait, combien d’heures d’enseignement étaient consacrées aux langues et surtout à la pratique proprement dite, quelles étaient les autres matières étudiées, le parcours des professeurs… » détaille Shaaban Muhammad Shaaban.

… et seize en tout dans le monde

Au final, l’ONU aura constitué, d’ici fin avril 2010, un réseau de 16 écoles dans le monde qu’elle va fédérer sur un site Internet. Ces établissements auront accès aux discours de l’ONU avec leur enregistrement sonore pour former leurs élèves, elles accueilleront régulièrement des interprètes de l’ONU pour des sessions de formation et pourront envoyer des stagiaires au siège à New-York, mais également à Nairobi, Genève et Vienne. L’ONU sait qu’elle devra renouveler environ 25 % de ses effectifs dans les prochaines années et veut s’en donner les moyens d’autant qu’elle est concurrencée, sur le terrain du recrutement des interprètes et traducteurs, par les institutions européennes.

La Commission lutte aussi contre la pénurie mondiale de diplômés en langues
La Commission européenne est, elle aussi, engagée dans une vaste campagne de recrutement de traducteurs et d’interprètes. « C’est un marché mondial sur lequel divers organismes nationaux et internationaux sont en concurrence pour trouver de grosses pointures », précise-t-on à la DG (direction générale) interprétation de la Commission.
En ce qui concerne la langue française, « les institutions de l’Union européenne perdront près de la moitié de leurs interprètes de conférence francophones dans les dix années à venir » analyse la DG interprétation. Sur cette période, le nombre de recrutements nécessaires en cabine française (c’est-à-dire pour traduire de toutes les langues de l’Union européenne vers le français) est estimé à environ 200.
A la fois pour inciter les jeunes à apprendre les langues et pour attirer des candidats aux concours de recrutement, la Commission a décidé de battre en brèche quelques idées reçues sur l’interprétariat dans des vidéos diffusées notamment sur YouTube. Une occasion de rappeler, par exemple, que l’anglais ne suffit pas aux échanges, ou qu’un interprète n’est pas polyglotte, c’est avant tout quelqu’un qui maîtrise parfaitement sa langue maternelle (le français par exemple) et une ou deux autres langues de travail.
Le premier clip à voir le jour était adressé aux lettons, en 2008. Puis, ce fut au tour des français , suivi des allemands, en 2009. En 2010, trois nouveaux clips seront diffusés à destination des suédois, les italiens et les néerlandais.

Céline Manceau  |  Publié le

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