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Polytechnique : les droits de scolarité en forte hausse pour les étudiants étrangers

Laura Makary
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Polytechnique : les droits de scolarité en forte hausse pour les étudiants étrangers
Les élèves étrangers du cycle polytechnicien devront débourser à partir de 2020 plus de 12.000 euros par an de droits de scolarité. // ©  Jérémy Barande - Ecole polytechnique
Suivant le contrat d'objectifs et de performance 2017-2021, signé entre l'école et sa tutelle, le ministère de la Défense, en décembre 2016, Polytechnique voit ses droits de scolarité augmenter pour les étudiants étrangers. L'objectif : accroître les revenus de l'X.

Les droits de scolarité pour les étudiants internationaux intégrant le cycle polytechnicien vont s'envoler dans les années à venir. Fixés par un arrêté publié au Journal officiel du 15 décembre 2017, ces montants sont établis selon deux typologies d'élèves étrangers (140 étudiants) inscrits dans le cycle polytechnicien : les étudiants hors Union européenne inscrits à l'X en 2018 paieront 29.000 euros pour leurs trois années d'études, contre 23.500 euros jusqu'à présent. De leur côté, les jeunes Européens régleront la somme de 16.500 euros pour l'ensemble de leur scolarité à partir de la rentrée prochaine, alors que celle-ci était jusqu'à présent gratuite.

En revanche, pour les futurs ingénieurs polytechniciens français, pas de modification à venir, la scolarité reste gratuite et rémunérée. L'école précise, de plus, que les étudiants étrangers auront, comme c'est déjà le cas, accès à un certain nombre de bourses, permettant une exonération partielle ou totale des droits de scolarité.

Lire aussi : Vers une timide révolution à Polytechnique

+ 60 % en trois ans pour les non-Européens

D'après l'arrêté, la hausse se fait donc en trois temps. Après l'augmentation prévue en 2018, pour la rentrée 2019, les étudiants non européens paieront 33.000 euros, soit près de 15 % de plus que l'année précédente, pour leurs trois années de scolarité. Ceux, dans le même cas, qui intégreront l'établissement à la rentrée 2020, devront débourser 38.000 euros, soit encore 15 % supplémentaires. In fine, la hausse des droits sera de près de 62 % entre ceux demandés aux étudiants étrangers X2017 et aux futurs X2020.

Les élèves étrangers issus d'un pays de l'Union européenne devront débourser 19.000 euros pour les trois années du cycle polytechnicien en 2020.

Des hausses déjà annoncées dans la stratégie de l'X

Ces augmentations significatives ne sont en aucun cas une surprise et font partie des réflexions menées par l'X depuis quelques années. Dès décembre 2015, cette volonté figure déjà dans la lettre de mission envoyée par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, à Jacques Biot, directeur exécutif de l'école. Il faut "étudier et mettre en œuvre une forte augmentation des droits de scolarité payés par les étudiants internationaux, et une limitation des exemptions de frais, en dehors naturellement des boursiers", précise alors le ministre, qui enjoint l'école de passer à l'action dès 2016. Un an plus tard, le contrat d'objectifs et de performance 2017–2021, signé le 14 décembre 2016 va donc dans ce sens. L'objectif affiché ? "Accroître fortement les revenus tirés de ce recrutement", est-il précisé dans le document.

L'École polytechnique n'est cependant pas la seule école d'ingénieurs publique à mettre en place une telle stratégie. D'autres établissements, dépendant également de ministères dits techniques, ont fait de même récemment. C'est par exemple le cas des écoles de l'Institut Mines-Télécom, dont les droits de scolarité pour les étudiants étrangers non européens sont passés de 3.850 à 4.150 euros par année, soit une augmentation de près de 8 %.

Les écoles d'ingénieurs publiques dépendant du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, elles, ne peuvent pas faire de même légalement. En tout cas sur les droits de scolarité de leur cycle ingénieur. Car pour d'autres formations, elles ont déjà cette liberté. Exemple récent : le lancement du bachelor de l'Insa Lyon, à visée internationale, à 6.000 euros l'année. Reste à savoir si cette stratégie, défendue par Emmanuel Macron alors qu'il était candidat à l'élection présidentielle, sera offerte à tous les établissements publics.


Laura Makary | Publié le

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