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Pour François Taddei, l'innovation pédagogique passe par le collectif

Céline Authemayou  |  Publié le

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Open Lab du CRI
Dans son rapport, François Taddei plaide notamment en faveur du développement de tiers lieux pour favoriser les échanges entre chercheurs et "praticiens" de l'éducation. // © Marine Miller

Missionné par Najat Vallaud-Belkacem en septembre 2016 pour réfléchir à l’avenir de la recherche et développement dédiée à l’éducation, François Taddei a rendu son rapport le 27 mars 2017. Il en ressort 10 propositions, pour lesquelles la mise en relation des acteurs est cruciale.

Après six mois d'échanges et de consultations, François Taddei a rendu sa copie. En septembre 2016, le directeur et cofondateur du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires) avait été chargé par Najat Vallaud-Belkacem d'une mission dédiée à l'innovation pédagogique. L'objectif fixé par la ministre ? Concevoir "un plan stratégique susceptible d'engager un changement d'ère et d'échelle pour la recherche et développement pour l'éducation".

Le 27 mars 2017, François Taddei a donc présenté les conclusions de ses travaux, qui prennent la forme de dix propositions. Certaines d'entre elles s'intéressent à la mise en relation des acteurs du secteur éducatif (développement de tiers lieux physiques et numériques pour "co-construire des méthodes pédagogiques et des contenus; créations d'"alliances territoriales" pour faciliter les échanges entre acteurs), d'autres au développement de la recherche pure (création de chaires internationales dédiées à l'éducation et associées à des masters et des doctorats).

"Toutes visent à construire une R&D permettant d'améliorer la qualité et l'efficacité du système éducatif, résume le biologiste. Il ne s'agit pas d'inventer LA pratique pédagogique ultime mais de créer tout un écosystème pour que les acteurs puissent s'approprier les pratiques inspirantes."

1.000 contributeurs de terrain

Pour rédiger son rapport, François Taddei, accompagné de deux inspecteurs généraux, Catherine Becchetti-Bizot et Guillaume Houzel, est parti à la rencontre des acteurs du secteur éducatif, en France mais aussi à l'étranger. "Nous souhaitions comprendre les besoins, recueillir les questions, mais aussi nous inspirer de modèles éducatifs bien classés, qui évoluent très vite, à l'image de la Chine ou de Singapour", rappelle François Taddei.

Les données numériques sont d'une utilité prodigieuse, quand elles permettent de mieux maitriser les parcours. Quand elles servent à vendre de la pub, c'est dommage.
(F. Taddei)

Outre ces rencontres, les internautes ont pu déposer leurs contributions sur la plate-forme en ligne Apprendre demain, dédiée au projet. Plus de 1.000 témoignages ont ainsi été recueillis. "Beaucoup d'enseignants du niveau primaire se sont prêtés au jeu, détaille Guillaume Houzel. Dans un secteur très hiérarchisé, les enseignants demandent plus d'autonomie. Ce qui remonte très fortement, c'est un véritable besoin de confiance de la part de l'institution."

des discussions avec la cnil

Autre sujet phare du rapport, le numérique et les questions éthiques liées à l'utilisation des données personnelles des élèves. "Les données numériques sont d'une utilité prodigieuse, quand elles sont mises à la disposition d'outils permettant de mieux maîtriser son parcours, note François Taddei. Mais quand elles servent à vendre de la pub, c'est dommage..."

Les rédacteurs du rapport ont entamé des discussions sur le sujet avec la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), preneuse de contributions sur les sujets liés à l'éducation. Parmi les propositions émanant du rapport Taddei, figure la création d'un carnet numérique de l'apprenant, basé sur le numéro INE (numéro d'identification national des étudiants), permettant de garder une trace de tous les apprentissages.

Autre piste de réflexion : travailler à la création d'un comité d'éthique, comme il en existe dans le secteur médical. Un comité national, qui disposerait de déclinaisons locales, pour s'adapter au mieux aux besoins du terrain. "Dans l'éducation nationale, des chartes de confiance commencent à être signées avec les professionnels du numérique, précise Catherine Becchetti-Bizot. Mais les discussions doivent se poursuivre." Pour aboutir, comme l'espèrent les auteurs du rapport, à des décisions qui "appartiendront au prochain gouvernement", concède François Taddei.

Céline Authemayou  |  Publié le

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