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PRES Université de Grenoble : le collège doctoral en première ligne

Sophie Blitman  |  Publié le , mis à jour le

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Farid Ouabdesselam Farid Ouabdesselam

Nouvelle étape de notre tour de France des PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur) : l’Université de Grenoble .
Créé en juin 2009, ce PRES, qui rassemble quatre universités, un institut national polytechnique et un institut d’études politiques, s’attache tout particulièrement à développer les collaborations au niveau de la recherche, à travers les travaux menés avec les organismes présents dans la région, mais aussi avec la mise en place précoce d’un collège doctoral unique. A la tête du PRES, Farid Ouabdesselam , président de l’université Joseph Fourier, nous explique comment la politique de mutualisation de la recherche conduite à l’Université de Grenoble vise à renforcer la visibilité sur le plan international.

Le PRES et son collège doctoral ont été créés en juin 2009. Dès la rentrée suivante, tous les doctorants des établissements membres s’inscrivaient à l’Université de Grenoble. Pourquoi avoir ainsi fait du doctorat l’une des priorités du PRES ?

"La visibilité [internationale] passe par la délivrance du plus haut diplôme universitaire, le doctorat, sous un sceau unique"

La mission du PRES est d’assurer la visibilité internationale du site grenoblois et en particulier de ses membres fondateurs. Or, cette visibilité passe selon nous par la délivrance du plus haut diplôme universitaire, le doctorat, sous un sceau unique. C’est pour cela que, dès le départ, nous avons mutualisé nos actions au niveau du collège doctoral, afin de valoriser l’image internationale de l’Université de Grenoble.

Dans cette perspective, vous avez même décidé en janvier 2010 de délivrer un doctorat unique, alors que cette possibilité n’a été clairement inscrite dans la loi qu’en décembre 2010, ce qui a suscité une polémique

Il y avait effectivement un flou juridique qui a pu entraîner des inquiétudes. Cependant, dans nos statuts , il est explicitement dit que l’Université de Grenoble, constituée sous la forme d’un EPCS (Etablissement public de coopération scientifique, ndlr), délivre un doctorat. Et ces statuts ont été signés par les plus hautes autorités compétentes ! Nous étions dans cette logique et il a fallu aplanir les difficultés, ce qui est maintenant fait.

Vous avez désormais pour projet de mettre en place, à partir de septembre 2011, des "labels de formation complémentaires". De quoi s’agit-il ?

Si le travail de recherche lié à la thèse reste la principale activité des doctorants, nous proposons déjà 80 heures de formation complémentaire, hors discipline, autour de différentes thématiques (formations transversales, langues, formation pour l'insertion, etc.). Le choix proposé par les universités est vaste et de grande qualité. Il a semblé important de structurer ces formations afin que les doctorants réfléchissent de manière plus active à leur projet professionnel et préparent leur insertion.
C’est la raison d’être des labels dont l’objectif est double : d’une part, améliorer l’insertion professionnelle des doctorants, d’autre part revaloriser le doctorat auprès des employeurs (entreprises, collectivités, organisations internationales, établissements d’enseignement supérieur et de recherche).

Concrètement, en quoi consisteront ces formations ?

Il s’agira, par exemple, de préparer les doctorants à l’insertion dans le secteur industriel (R&D ou activité de production), de les initier à la création de leur propre société (voire les accompagner dans ce processus) ou encore au développement d’une activité de conseil auprès des collectivités territoriales.

"Ces formations visent à réfléchir à la manière dont l'nnovation peut être transférée vers le secteur économique ou vers la société"

Toutes ces formations auront un point commun : analyser, avec le jeune, comment produire de l’innovation, et réfléchir à la manière dont cette innovation peut être transférée vers le secteur économique ou vers la société.
D’autre part, le label, qui donne une "compétence spécifique" en plus des formations complémentaires existantes,  inclut une phase d’immersion, de mise en situation, qui pourra avoir diverses formes : projet de recherche appliquée, encadrement de stagiaire, formation continue… Le doctorant sera accompagné tout au long de ce parcours.
En outre, un doctorant ne sera pas obligé de suivre un seul cursus dans sa globalité : il pourra  bénéficier des formations déjà proposées et se constituer un parcours à la carte.
Enfin, je précise qu’il ne s’agit pas d’un complément au diplôme. Néanmoins, les doctorants pourront, s’ils le souhaitent, mettre en valeur ces labels sur leurs curriculum vitae.

Tous les doctorants devront-ils et pourront-ils suivre ces formations ?

Tous les doctorants suivent actuellement 80 heures de formations complémentaires. La mise en place des labels représente de nouveaux investissements pour les établissements du fait de nouveaux modules et de la phase d’immersion où le doctorant doit être accompagné. Notre objectif est de rendre accessible chaque label à tout étudiant qui souhaite le suivre. Nous espérons pouvoir réunir les moyens nécessaires.

Sur quelles autres actions de mutualisation travaillez-vous au sein du PRES ?

Côté doctorat, nous réfléchissons à un prix de thèse commun à tous les établissements membres, projet que je souhaiterais mettre en place à la rentrée 2011.
Par ailleurs, nous coordonnons le plus possible nos actions au niveau international, par exemple avec l’envoi d’un représentant commun sur des salons à l’étranger, mais aussi dans la recherche de partenaires potentiels. Car si nous souhaitons développer notre visibilité internationale, c’est en vue d’améliorer notre attractivité, afin que les meilleurs étudiants et les meilleurs talents parmi les enseignants-chercheurs étrangers viennent rejoindre l’Université de Grenoble.

Faire partie des 7 premiers vainqueurs – pré-sélectionnés – de l’IDEX devrait vous aider à renforcer cette visibilité.

C’est en effet une nouvelle très positive. Nous entrons maintenant dans la deuxième étape, celle de l’accompagnement, pour que le dossier soit construit dans un sens qui corresponde aux orientations voulues par le gouvernement.
Mais je tiens à souligner qu’avant même la publication des appels d’offre, nous avions imaginé la construction d’un nouvel ensemble universitaire à Grenoble autour du PRES, qui ne pouvait se faire sans la participation étroite des organismes de recherche.
Reste à voir, maintenant, comment le PRES lui-même va évoluer et ce qu’il peut advenir de l’ensemble universitaire grenoblois à 4 ans et 10 ans, en lien avec la fondation qui constituera le cœur de notre Idex. Tout cela fait actuellement l’objet de travaux.

Fiche d’identité du PRES Université de Grenoble

- 61 000 étudiants dont 9 000 étudiants étrangers (160 nationalités différentes)
- 4 universités, 1 Institut national polytechnique et 1 Institut d’études politiques
- 6 600 salariés dont 3 800 enseignants-chercheurs et 2 800 personnels administratifs et techniques
- 129 laboratoires de recherche
- Collège doctoral : 14 écoles doctorales (dont une co-accréditée avec l’université Jean Moulin Lyon 3) regroupant 3 500 doctorants dont 45 % d’étrangers.

- 6 membres fondateurs : université Joseph Fourier, université Pierre-Mendès-France, université Stendhal, université de Savoie, Grenoble INP, Institut d’études politiques de Grenoble
- 5 membres associés : la Région Rhône-Alpes, Grenoble Alpes Métropole, la Ville de Grenoble,  l'École nationale d’architecture de Grenoble et le CROUS.
- Date de création : juin 2009
- Statut : Etablissement public de coopération scientifique (EPCS)
- Président du PRES : Farid Ouabdesselam , président de l’université Joseph Fourier, élu le 8 février 2010 pour un mandat de deux ans renouvelable.

- Budget annuel global : 550 M€
- Dotation dans le cadre de l'opération Campus : 400 M€ de dotation du MESR + 135 M€ de subventions directes des collectivités territoriales.

- Site Internet : http://www.grenoble-univ.fr

Premiers résultats pour les Investissements d’avenir

Équipements d’excellence : 9 projets retenus, totalisant une dotation de 79,4 M€ (2e site français le plus doté après Paris) ;
Santé et biotechnologies : les établissements grenoblois sont impliqués dans 3 projets lauréats de l’appel "cohortes" et 4 lauréats de l’appel "infrastructures" ;
Laboratoires d’excellence : 8 projets retenus, 7 au niveau local et 1 dans le cadre d’un réseau national ;
Initiative d’excellence : regroupant 14 partenaires, Grenoble-Alpes Université de l’Innovation (GUI+) fait partie des 7 projets pré-sélectionnés  le 25 mars 2011.

Pour en savoir plus, lire les billets de notre blogueur Pierre Dubois :
Cultiver le Campus (Grenoble)   et  Campus en 270 photos. Grenoble .

Sophie Blitman  |  Publié le , mis à jour le

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