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Élections américaines : que disent les candidats sur l'enseignement supérieur ?

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon  |  Publié le

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Hillary Clinton, ici en campagne pour les primaires démocrates au Meharry Medical College de Nashville (Tennessee), entend prendre des mesures pour limiter l'endettement des étudiants.
Hillary Clinton, ici en campagne pour les primaires démocrates au Meharry Medical College de Nashville (Tennessee), entend prendre des mesures pour limiter l'endettement des étudiants. // © ©DOUG MILLS/The New York Times-REDUX-REA

Si l'enseignement supérieur est loin d'être au cœur des débats de l'élection présidentielle américaine, les candidats formulent tout de même quelques idées fortes, notamment sur les frais de scolarité. Le point à la veille du "Super Tuesday", mardi 1er mars, journée où des primaires se tiendront dans treize États.

L’enseignement supérieur n’est pas un sujet "chaud" de la campagne présidentielle américaine. Mais le sujet revient régulièrement dans les débats, en particulier dans le camp démocrate, alors que de nombreux Américains se préoccupent de l’inflation des frais de scolarité dans les universités. 


L’ambition du futur locataire de la Maison Blanche ne peut qu’être limitée. En dehors d’un vaste programme fédéral de prêts étudiants, Washington a peu d’emprise dans ce domaine. Les établissements disposent d’une large autonomie, et ce sont les États qui financent les universités publiques.

du Côté Démocrate

Hillary Clinton : stopper l'endettement des étudiants

Hillary Clinton aimerait permettre à tous les étudiants des universités publiques de suivre leurs études sans avoir à s'endetter. Son plan "College Compact" prévoit d'attribuer des fonds fédéraux à tous les États qui s'engageraient, avec leurs universités, à réduire les frais de scolarité. La candidate prône la mise en place de frais de scolarité "réalistes" indexés sur les revenus des familles, et veut que tous les étudiants s'engagent à participer au coût de leurs études, en travaillant dix heures par semaine.

Enfin, Hillary Clinton souhaite que tous les étudiants des "community colleges" (l'équivalent des IUT, avec un diplôme en deux ans) soient exemptés de frais de scolarité. Une proposition déjà émise par Obama, mais restée lettre morte, faute d'approbation au Congrès.

La candidate s'exprime aussi régulièrement sur le thème des agressions sexuelles sur les campus : ces derniers mois, le sujet a pris énormément d'ampleur dans la presse américaine. Selon un rapport publié fin 2015 par l'Association of American University, une étudiante sur cinq déclare avoir été victime, au cours de sa scolarité, d'une agression à caractère sexuel.

Hillary Clinton propose diverses mesures dans ce domaine en termes de prévention, de prise en charge des victimes, ou pour faciliter la dénonciation des agresseurs auprès de la police ou des autorités universitaires.

Bernie Sanders : l'université publique gratuite

La proposition phare du candidat démocrate, qui l'a rendu extrêmement populaire chez les jeunes, est simple : rendre l'université publique gratuite. En premier cycle !

Bernie Sanders dénonce la situation actuelle, où "des centaines de milliers de jeunes gens intelligents n'ont pas les moyens d'aller à l'université, et où des millions d'autres quittent l'université avec une dette monumentale qui pèse sur eux pendant des décennies". Il propose aussi de réduire de moitié les taux d'intérêt des prêts étudiants.

Ces mesures, estimées à 75 milliards de dollars par an, seraient financées grâce à une nouvelle taxe sur les spéculations boursières sur le modèle de celles qui ont été mises en places dans divers pays européens, dont la France.

du Côté Républicain

Donald Trump : "révolutionner" les prêts étudiants

L'enseignement supérieur ne fait pas partie des thèmes de campagne de Donald Trump, et aucune mention n'est faite de ces sujets sur son site Internet. Dans une interview à Inside Higher Ed, l'un des dirigeants de sa campagne affirme que des propositions "révolutionnaires" sont en cours d'élaboration, et qu'elles tourneront autour de la question des prêts étudiants. L'idée serait de faire partager le risque financier associé à l'emprunt entre l'étudiant et l'établissement, afin que ce dernier ait encore plus intérêt à faire réussir ses élèves. Mais rien de plus précis pour le moment.

Le milliardaire a égrené quelques autres idées depuis l'été dernier. "Lorsque des étrangers s'inscrivent dans nos belles universités et qu'ils veulent ensuite rester aux États-Unis, ils ne devraient pas être jetés dehors", a-t-il écrit sur Twitter. Une déclaration très commentée, mais étonnante, au vu de ses autres positions sur l'immigration.

Une chose est sûre : Trump a un passé encombrant dans le domaine de la formation. En 2005, il avait lancé la "Trump University", qui dispensait des cours en ligne en immobilier et négociation commerciale (avec des tarifs allant jusqu'à 35 000 dollars pour un cours). L'institution, qui a formé environ 10.000 personnes, a cessé ses activités en 2010. Elle fait l'objet de poursuites judiciaires (pour fraude, activités illégales et publicité mensongère) engagées par le procureur de New York à la suite de plaintes d'anciens étudiants.

Ted Cruz : supprimer le Department of Education

Ted Cruz, diplômé des élitistes universités de Princeton et d'Harvard, évoque rarement l'enseignement supérieur dans ses discours, et son site Internet est muet sur ces questions.

Chantre de l'austérité et de la rigueur budgétaire, il souhaite faire des coupes franches dans le budget fédéral. En ligne de mire, le Department of Education (l'équivalent du ministère de l'Éducation), qu'il veut tout simplement supprimer, afin de donner pleine autorité aux États et aux établissements.

En termes de recherche, s'il venait à être élu, l'ambiance s'annonce tendue. En tant que sénateur, Ted Cruz, qui affiche des positions "climatosceptiques", a déjà été aux prises avec les agences fédérales chargées de financer la recherche, comme la NASA, auxquelles il reproche de trop s'intéresser à la géologie et au changement climatique.

Marco Rubio : un nouveau système d'accréditation

Le sénateur de Floride a fait de l'enseignement supérieur l'un de ses thèmes de campagne. Sa principale proposition : faire le ménage au sein des instances d'accréditation. Il souhaite développer un nouveau système d'accréditation afin de s'adapter aux nouvelles institutions privées "innovantes", qui n'entrent pas dans les grilles d'évaluation actuelles.

Il est également favorable à l'élargissement à tous les étudiants d'un programme mis en place par Barack Obama, qui permet de rembourser son prêt étudiant selon ses revenus.

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon  |  Publié le

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