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Présidentielle 2017 : les présidents d'université veulent plus d'autonomie

Aurore Abdoul-Maninroudine  |  Publié le

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Université Paris Descartes Paris 5 - Etudiants en licence 1 de droit - Malakoff - 28 septembre 2015
Les universités accueilleront 170.000 étudiants de plus pendant le prochain quinquennat. // © Camille Stromboni

Dans un document rendu public mardi 21 février 2017, la Conférences des présidents d'université lance une adresse au futur président de la République. Elle demande des moyens supplémentaires et plus d'autonomie pour les établissements.

Deux mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, la CPU (Conférence des présidents d'université) publie une adresse au futur président de la République, mêlant constats, propositions et questions à arbitrer au cours du prochain quinquennat.

Alors que les universités vont accueillir "170.000 étudiants de plus" au cours des cinq prochaines années, la CPU estime qu'elles ne peuvent répondre "à elles seules" au défi de l'ouverture sociale de l'enseignement supérieur.

C'est pourquoi, souligne-t-elle, il est nécessaire "d'avoir, à côté de l'offre des universités une offre de lycées et d'écoles professionnelles." Et de pouvoir exiger des prérequis à l'entrée en licence, "leur absence conduisant à un échec programmé".

5 milliards pour les cinq prochaines années

Surtout, la CPU insiste sur les moyens supplémentaires nécessaires pour financer l'enseignement supérieur et la recherche. Reprenant les chiffres du livre blanc de l'enseignement supérieur et de la recherche, les présidents d'université estiment que les besoins de financements sont "d'un milliard d'euros additionnel par an dans les cinq années du prochain quinquennat, avec l'objectif d'une dépense atteignant 5 % du PIB : 2 % enseignement et 3 % recherche."

Elle se garde néanmoins d'indiquer comment ces besoins pourraient être financés et se contente de soulever "la question de sa répartition entre l'État, les régions, les entreprises ainsi que les familles."

Une plus grande autonomie...

L'autonomie est l'autre cheval de bataille de la CPU, qui appelle à un changement de relations avec le ministère : malgré des progrès, la France reste en la matière "à la traîne de l'Europe", ainsi que le pointait un rapport de l'EUA (Association européenne des universités). La CPU veut redéfinir les relations entre le ministère de tutelle et les établissements, mais aussi entre l'État et les régions : "Le contrat du ministère avec les établissements doit prendre le pas sur la méfiance infantilisante de la tutelle."

Au niveau pédagogique, la CPU veut donc expérimenter "des filières et parcours différenciés de formation" et veut "pouvoir créer des filières sélectives dès la licence". En matière de ressources humaines, elle demande une revalorisation des carrières et aimerait "repenser l'ensemble du processus de recrutement" : "Les organismes n'ont pas besoin de qualification préalable pour recruter leurs chercheurs, pourquoi est-ce le cas pour les enseignants-chercheurs dans les universités" ? Enfin, en matière de gouvernance, "il faudrait laisser plus de marge aux établissements pour adapter leur organisation statutaire à leur histoire et leur contexte."

... dans le cadre d'une régulation nationale

La CPU souligne néanmoins la nécessité de faire exister cette autonomie au sein d'un cadre national, avec un ministère "de plein exercice" pour l'enseignement supérieur et la recherche. Ce dernier devrait être "pilote de la stratégie" et ne pas "gaspiller ses forces dans l'élaboration et le contrôle de règles tatillonnes".

Ce cadre s'appuierait notamment sur les contrats quinquennaux de site et d'établissements et supposerait d'avoir un modèle d'allocation des ressources récurrentes.

Il faut "aller au bout de l'élaboration du modèle de leur affectation en fonction de critères simples qui prennent majoritairement en compte les activités menées", détaille la CPU avant de préciser que cela doit passer par le fait de "respecter les engagements sans ponctions en cours d'année ni décisions nationales engendrant des coûts non compensés."

Aurore Abdoul-Maninroudine  |  Publié le

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