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Primaire à gauche : le match Hamon-Valls sur l'enseignement supérieur

Laura Makary
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Valls - Hamon
Les candidats, tous les deux anciens ministres, plaident en faveur d'une augmentation du budget de l'enseignement supérieur à hauteur de 1 milliard d'euros. // ©  Denis Allard/REA
Dimanche 29 janvier 2017, le second tour de la primaire à gauche opposera deux anciens ministres : Manuel Valls et Benoît Hamon. Si leurs propositions pour l'enseignement supérieur portent parfois sur des domaines différents, elles demeurent souvent proches.

Budget de l'enseignement supérieur et territoires

– L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, met en avant sa volonté de "consacrer un milliard d'euros" aux universités. "Pour construire des réponses à la hauteur, il faut des moyens et de la visibilité. L'université et la recherche françaises se sont profondément transformées au cours des dernières années", écrit-il dans son programme. Il souhaite de plus "accompagner des implantations décentralisées des universités", dans le but de "lutter contre la désertification commerciale des villes moyennes".

– Benoît Hamon, lui aussi, souhaite augmenter le budget de l'enseignement supérieur d'un milliard d'euros, "pour [que le] développement des universités sur les territoires soit plus équilibré et pour que chacune et chacun ait accès à un enseignement supérieur de qualité". Il propose de "consacrer autant de moyens aux étudiants des universités qu'aux étudiants des grandes écoles dans le cadre des Comue". Sur ce point, le programme en ligne a été précisé début janvier 2017.

formation et carrière des enseignants

– Pour Manuel Valls, il est "essentiel de mieux soutenir les enseignants, notamment quand ils commencent dans leur métier, pour conforter leur autorité individuelle et collective dans l’école", notamment via "une formation continue qui en mérite enfin le nom", prenant la forme d’"un stage obligatoire, chaque année, à raison d’une journée par trimestre et, tous les trois ou cinq ans, d’une semaine de remise à niveau permettant à chaque enseignant de tirer parti des nouveautés, des acquis, des résultats de la recherche, des difficultés comme des échecs". Il précise que les "séjours de professeurs à l’étranger, notamment en Europe, seront également soutenus et développés".

– Benoît Hamon se penche également sur ce point, notamment sur "la carrière des enseignants-chercheurs", dont il veut "améliorer les rémunérations". Il propose de "pérenniser le recrutement de plusieurs milliers d'emplois dans l'enseignement supérieur et la recherche". Autre point de son programme : "un grand plan de formation continue des enseignants". Selon leur ancienneté et leurs besoins, ils bénéficieront "tous les ans de trois, cinq ou dix jours de formation à la personnalisation des apprentissages, à la différenciation pédagogique et à l'usage pédagogique du numérique".

développer La formation continue

– Benoît Hamon réclame un "droit universel à la formation tout au long de la vie", avec un "rapprochement entre la formation continue et la formation initiale, ainsi qu'une meilleure prise en compte des certifications et qualifications obtenues à l'issue des formations". Il ajoute que "les universités et écoles seront amenées à devenir les principaux acteurs de la formation continue, ce qui suppose d’investir dans l’ingénierie pédagogique et dans la promotion de cette offre nouvelle".

– Manuel Valls est plus vague sur ce point. Il estime que la formation tout au long de la vie "permet à chacun d’accéder à des connaissances théoriques et pratiques, à des savoir-faire, aux différentes étapes de son parcours professionnel et personnel, dans un monde qui évolue de plus en plus vite". "Cette nation éducative que je souhaite porter, c'est aussi celle de la formation tout au long de la vie", écrit-il dans son programme.

Autres propositions

– L'ex-Premier ministre évoque deux autres points dans son programme : former "plus de médecins, en revenant sur le numerus clausus dans les études médicales" et refonder l'ENA. "L’Administration ne se régénérera pas sans ouvrir les filières qui existent précisément grâce à la promesse de postes sans garanties d’aptitudes, sans refonder l’ENA, sans ouvrir davantage les carrières administratives aux diplômés des universités", relève-t-il.

– Benoît Hamon évoque l'orientation dans le supérieur, "pour mettre fin au double phénomène des amphithéâtres surchargés et des décrochages en licence".  "Je mettrai en place des conseils d’orientation postbac pour les étudiants non admis dans les filières de leur choix afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent en licence générale par défaut", promet-il, en mettant également en avant une "réforme du premier cycle universitaire avec un tronc commun d’enseignement". Enfin, il souhaite créer une nouvelle section "économie et société" au CNU. "Nous avons besoin d'économistes capables d'imaginer des politiques diverses", ajoute-t-il.

Aller plus loin
– Le programme détaillé de Benoît Hamon.
– Le programme détaillé de Manuel Valls.

Laura Makary | Publié le

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