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Primaire à gauche : carrière des enseignants et réussite des étudiants au cœur du débat

Laura Makary  |  Publié le , mis à jour le

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Primaire de gauche
La primaire à gauche donnera lieu à deux votes, les 22 et 29 janvier 2017. // © Montage REA

Le budget de l'enseignement supérieur, la carrière des enseignants, ainsi que la réussite des étudiants figurent parmi les thématiques les plus avancées par les sept candidats à la primaire de la gauche, dont le premier tour aura lieu le 22 janvier 2017. Le point sur leurs principales propositions.

À droite, en matière d'enseignement supérieur, les débats de la primaire s'étaient focalisés sur trois thématiques : l'autonomie des universités, les droits d'inscription et la sélection. C'est loin d'être la même chose pour les candidats de la primaire à gauche, les deux derniers sujets n'étant abordés par aucun des sept candidats.

Sur leurs sites et dans leurs programmes, Manuel Valls, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy, Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias affichent d'autres priorités, de la hausse du budget consacré à l'enseignement supérieur à la mobilité étudiante, en passant par la réussite en licence, la carrière des enseignants et la réforme de l'ENA

Arnaud Montebourg, également candidat à la primaire, a quant à lui émis ses propositions sur l'enseignement supérieur et la recherche le 9 janvier, dans une tribune publiée dans "Le Monde".

Budget et gouvernance

La hausse du budget de l'enseignement supérieur figure au programme de deux candidats, Manuel Valls et Vincent Peillon, qui promettent chacun un milliard d'euros supplémentaires. En termes de gouvernance, Vincent Peillon propose "la création d'un ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de plein exercice, ayant également en charge l'innovation et la tutelle jointe du CGI [Commissariat général à l'investissement]".

"Le dispositif des Idex doit être placé dans sa dimension scientifique sous la responsabilité du MESR et le plan de regroupements des universités doit être conduit à son terme sans imposer le seul modèle de la fusion, sur la base du volontariat", précise celui qui a été le locataire de la Rue de Grenelle de 2012 à 2014.

L'autonomie des universités n'est, quant à elle, évoquée que par un seul candidat : le député écologiste François de Rugy. Il s'engage à donner aux universités "une plus grande autonomie pédagogique sur les contenus des formations qu'elles dispensent", ainsi qu'à diversifier" leurs statuts et leurs modes de fonctionnement si leurs conseils d'administration le décident."

L'enseignement supérieur dans les territoires

De même, le lien entre les universités et leur territoire revient dans les programmes des candidats. Pour "lutter contre la désertification commerciale des villes moyennes", Manuel Valls préconise ainsi un "accompagnement des implantations décentralisées des universités", tandis que Benoît Hamon souhaite "'une meilleure complémentarité et plus d'échanges entre universités de proximité et grandes universités de recherche métropolitaines."

De son côté, François de Rugy plaide pour un transfert des moyens budgétaires, de l'entretien, de la construction et de la rénovation des universités aux régions. "Ce que nous peinons à faire de manière centralisée, donnons l'opportunité aux régions de le faire au plus près de la réalité des territoires", souligne-t-il.

Carrière et formation des enseignants

Autre dossier récurrent : la formation des enseignants. François de Rugy suggère ainsi un nouveau dispositif : un "concours de prérecrutement de futurs professeurs des écoles organisé à la fin de la terminale pour les élèves envisageant de se destiner à l'enseignement." Ces derniers recevraient une bourse d'études et des stages pendant leur cursus, en échange de dix ans de service au sein de l'Éducation nationale. Dans la même veine, Vincent Peillon imagine "des formations dès la première année universitaire, avec de l'alternance."

Benoît Hamon mise, lui, sur la formation continue des enseignants, avec des journées de formation des professeurs, "en fonction de [leur] ancienneté et des besoins [qu'ils exprimeront]", dédiées à la personnalisation des apprentissages, la différenciation pédagogique et l'usage du numérique. Idem pour Sylvia Pinel, qui soutient "une formation des enseignants tout au long de leur carrière", ainsi que "l'acquisition de savoirs nécessaires, mais aussi de méthodes pédagogiques."

Les trois anciens ministres s'engagent sur des recrutements. Vincent Peillon en vise 8.000 enseignants supplémentaires sur les cinq prochaines années, avec "des discussions sur l'affectation des professeurs agrégés dans le supérieur et la redéfinition de leurs missions et deleurs services", ainsi que la "revalorisation des carrières de l'enseignement supérieur."

Benoît Hamon ambitionne de recruter 1.000 emplois par an dans les universités et d'améliorer les rémunérations des enseignants-chercheurs. Sylvia Pinel, elle, demande que "l'effort global de recrutement de 60.000 enseignants supplémentaires, engagé mais non encore atteint", soit "poursuivi avec détermination".

Réussite et mobilité des étudiants

La réussite des étudiants est également largement discutée. C'est la base du programme de Jean-Luc Bennahmias, président du Front démocrate, qui centre son programme d'enseignement supérieur sur l'"accueil réel des étudiants en première année pour éviter l'échec massif qui marque les premiers pas des jeunes dans notre système universitaire", via une "préparation à l'université devant être menée dès la première et la terminale."

Vincent Peillon se positionne également sur cette question, recherchant "un nouvel élan pour la réussite étudiante", mobilisant "une partie des fonds nationaux supplémentaires et des fonds européens". Cet élan "doit se fixer pour objectif de renforcer les dispositifs d'orientation et de développer les infrastructures, les maisons de l'étudiant et de lancer un plan santé étudiante", détaille l'ex-ministre.

Des stages obligatoires à l'université "dans toutes les filières y compris au sein des sciences humaines" sont avancés par Sylvia Pinel. L'ex-ministre du Logement veut enfin voir la création de nouvelles filières, "pour entrer en résonance avec les métiers de demain, notamment en ce qui concerne l'écologie et les nouvelles énergies."

La mobilité des étudiants, enfin, est également mise en avant. Manuel Valls veut "créer un droit à la mobilité en Europe pour tous les jeunes", là où Benoît Hamon évoque "une politique d'aide à la mobilité, notamment en étoffant l'offre de logements universitaires". Jean-Luc Bennahmias, pour sa part, entend renforcer le dispositif Erasmus, "en instituant systématiquement des équivalences entre les diplômes délivrés par les différents établissements d'enseignement."

Les autres points abordés par les candidats :
- La remise en cause de l'ENA :Manuel Valls appelle à "la refonder" et François de Rugy à la "remplacer par une école de cadres de la fonction publique nationale et territoriale, ouverte à toute personne ayant au moins dix ans d'expérience, dans le privé ou le public."

- L'innovation pédagogique : Vincent Peillon déploierait "un plan 'universités numériques' permettant la numérisation de tous les campus", "la création de 'learning centers' et un renforcement de l'aide aux Mooc.

- Le numerus clausus : Manuel Valls promet de revenir sur le numerus clausus dans les études médicales, pour "former plus de médecins."

- La formation continue : Benoît Hamon suggère un "droit universel à la formation tout au long de la vie", via un rapprochement entre formation continue et initiale, "ainsi que par une meilleure prise en compte des certifications et qualifications obtenues. "

- Les concours des grandes écoles : Sylvia Pinel projette de "décentraliser les concours des grandes écoles au sein de tous les lycées de France", afin de permettre "à tous les élèves de se familiariser et de les passer en même temps que leur classe d'âge."
Le programme d'Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg a dévoilé son programme pour l'enseignement supérieur dans une tribune publiée par "Le Monde" le 9 janvier 2017. Ses propositions contiennent trois axes, proches de ceux des autres candidats à la primaire :
  • Budget. L'ancien ministre propose de porter "la dépense moyenne par étudiant à l'université à 15.000 € par an" et de l'aligner ainsi sur "celle des élèves des classes préparatoires, une fois et demie plus élevée".
  • Recrutements. Arnaud Montebourg souhaite "un plan pluriannuel de création d'emplois et de résoption de la précarité", avec 3.000 emplois d'enseignants-chercheurs, de chercheurs et de personnels techniques. 
  • Réussite des étudiants. Il demande qu'Admission postbac soit "repensé pour plus de transparence", que les droits d'inscription soient "garantis sans hausse sur cinq ans" et les bourses "majorées". Autres propositions :  la création de "pass culture offerts aux étudiants", un "dispositif de tutorat" à l'entrée en premier cycle du supérieur et l'augmentation du numerus clausus pour la Paces.

Laura Makary  |  Publié le , mis à jour le

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