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Réforme du bac : vers des épreuves anticipées qui compteraient pour Parcoursup ?

Erwin Canard  |  Publié le

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Examen, diplôme bac
Quatre épreuves terminales : c'est l'une des seules certitudes concernant l'organisation du futur baccalauréat. // © Fotolia

Les quatre futures épreuves terminales du baccalauréat pourraient être passées en deux temps : deux épreuves de spécialité en février, qui seraient prises en compte dans la procédure d'orientation, et deux épreuves de tronc commun en juin. C'est ce qui ressort des premières auditions de la mission Mathiot, même si rien n'est acté pour le moment.

Une dizaine de jours après le lancement de la mission devant mener à une réforme du baccalauréat et du lycée, quelques pistes commencent déjà à émerger. Depuis le 13 novembre 2017, Pierre Mathiot, chargé par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de mener cette mission, a reçu plusieurs organisations d'acteurs du monde éducatif : syndicats enseignants, associations disciplinaires d'enseignants, l'Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public... 

"On a l'impression que Pierre Mathiot teste nos réactions sur ses propositions et leur faisabilité", indique Jean-Rémi Girard, vice-secrétaire général du Snalc. "Il a surtout écouté nos propositions", rapporte quant à lui Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des personnels de direction.

Une des seules certitudes qui ressort jusqu'ici des auditions – et qui faisait partie du programme d'Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle – est la diminution du nombre d'épreuves terminales et l'augmentation de la part du contrôle continu dans la notation. Si le chiffre de quatre est régulièrement évoqué, la réforme à venir tendrait davantage vers cinq épreuves terminales, puisque celle, anticipée, de français serait conservée. Quatre autres pourraient effectivement se dérouler pendant l'année de terminale, mais en deux sessions.

Dans son compte rendu publié après sa rencontre avec Pierre Mathiot, l'APPEP (Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public) indique qu'il pourrait y avoir "deux "épreuves universelles" que les élèves des classes terminales passeront au mois de juin et deux épreuves de spécialité qu’ils pourraient passer plus tôt". Plusieurs responsables confirment à EducPros que la réflexion sur ce principe serait bien avancée.

On a l'impression que Pierre Mathiot teste nos réactions sur ses propositions et leur faisabilité.
(J.-R. Girard)

La philosophie et Un "méga TPE" comme épreuves terminales

Les deux épreuves dites "universelles" concerneraient des disciplines de "tronc commun". Parmi elles, la philosophie serait assurée d'avoir sa place. L'APPEP précise même qu'il serait envisagé "une épreuve de philosophie commune à tous les candidats, qui porterait sur le même sujet".

La deuxième épreuve universelle pourrait être, selon les termes employés par Claire Gueville, secrétaire nationale du Snes-FSU, un "méga TPE" (travaux personnels encadrés, actuellement organisée en première), soit un oral interdisciplinaire. Celui-ci pourrait porter sur le parcours et le projet de formation de l'élève.

Deux épreuves de spécialité qui compteraient pour Parcoursup

Une des grandes nouveautés serait donc la création de deux épreuves passées en milieu d'année de terminale, autour du mois de février. "Cela pourrait être les épreuves des spécialités choisies par l'élève, et dont les résultats seraient intégrés dans le processus d'affectation vers le supérieur", Parcoursup, précise Jean-Rémi Girard.

Au total, à ce stade des discussions, ces cinq épreuves terminales devraient compter davantage dans la note finale que le contrôle continu.

Une organisation en semestres A l'Étude

Alors que la fin des filières de baccalauréat fait partie des options, le sort de celles-ci ne serait toutefois pas encore scellé. "Cette option est évoquée, tout comme d'autres, souligne Jean-Rémi Girard. Des questions ne sont pas tranchées : y aurait-il un choix de spécialités qui iraient par paire et qui pourrait de fait reconstituer des filières, ou bien l'élève pourra-t-il choisir deux spécialités totalement différentes ?"

L'organisation du futur lycée reste également encore floue. Alors que le ministère pensait à une éventuelle fusion des filières générales et technologiques, celle-ci ne serait plus à l'ordre du jour. "Je crois que, à la suite des premières auditions, le ministère s'est rendu compte qu'il serait très difficile de le mettre en place", pointe Jean-Rémi Girard. Plus globalement, le "devenir de la voie technologique reste inconnu", regrette Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU. 

L'idée d'une semestrialisation – en lieu et place des trimestres actuels – serait également une piste de la mission, semestres qui pourraient être "différenciés". Autrement dit, les cours suivis par les élèves pourraient être différents d'un semestre à un autre. Ce, alors que le Plan étudiants a renforcé le poids des conseils de classe des premier et deuxième trimestres de terminale… Une telle semestrialisation pourrait avoir comme conséquence un service différent d'un semestre à l'autre pour les enseignants, ce qui mènerait à une annualisation de leur temps de travail, sujet hautement sensible chez les professeurs. Par ailleurs, dans un communiqué, l'APBG (Association des professeurs de biologie et géologie) explique qu'il y aurait "l’idée de faire une spécialisation progressive de la première à la terminale", la seconde gardant son rôle de "détermination".

À l'heure actuelle, difficile de savoir quelles chances ont ces pistes de se concrétiser. Si Jean-Rémi Girard apprécie "un vrai travail de réflexion collective" et Claire Krepper, du Se-Unsa, une "discussion ouverte, libre, exploratoire", Claire Gueville estime, elle, que "tout semble fermé ou presque". Les auditions se poursuivent jusqu’au 13 décembre pour une remise du rapport d'ici au début de l'année 2018.

Erwin Canard  |  Publié le

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