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Regards sur l'éducation 2015 : Les étudiants français toujours frileux face au doctorat

Marine Miller  |  Publié le

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Remise des diplômes de doctorat de l'université Bordeaux Montaigne
Sur la base des taux d'obtention d'un diplôme en 2013, la France compte 1,7% de jeunes qui termineront un programme de recherche du niveau du doctorat. // © Université Bordeaux Montaigne

Si la France est dans la moyenne des pays de l'OCDE pour son taux de docteurs, elle le doit surtout aux étudiants étrangers, selon "Regards sur l'éducation 2015".

Les étudiants français sont encore "réticents" à poursuivre leurs études après le master, mais le doctorat est attractif pour les étudiants étrangers, 40% des thésards étant en mobilité internationale : c'est ce que révèle l'édition 2015 de "Regards sur l'éducation", publiée par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) le 24 novembre 2015.

Sur la base des taux d'obtention d'un diplôme en 2013, la France, comme en moyenne les autres pays de l'OCDE, compte 1,7% de jeunes qui termineront un programme de recherche du niveau du doctorat.

"Le doctorat est moins attractif chez les étudiants français, à cause de la difficulté du diplôme, de la longueur des études, et des débouchés qui ne sont pas garantis", explique Éric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE.

"Les étudiants français ne sont pas sûrs de pouvoir accéder à un poste d'enseignant-chercheur. Le taux d'insertion professionnelle reste bon, mais parce que certains docteurs exercent d'autres métiers que celui qu'ils voulaient faire à l'origine", développe-t-il.

C'est au Royaume-Uni, en Slovénie et en Suisse que les taux d'obtention d'un diplôme équivalent au doctorat sont les plus élevés de tous les pays de l'OCDE : 3% au moins des jeunes, y compris les étudiants en mobilité internationale, décrocheront un diplôme à l'issue d'un doctorat si les tendances de 2013 se maintiennent.

Une majorité d'étudiants en sciences dures

En France, 62% au moins des étudiants ayant obtenu un doctorat en 2013 ont suivi une formation en sciences ou en ingénierie (contre 44% dans les autres pays de l'OCDE). "L'attractivité française s'explique grâce aux partenariats avec les pays francophones, aux frais d'inscription très bas, mais aussi grâce à la reconnaissance de la France sur les enseignements scientifiques", analyse Éric Charbonnier. Ainsi, plus le niveau de diplôme est élevé, plus le pourcentage de scientifiques est élevé.

Dans tous les pays de l'OCDE, les débouchés sur le marché du travail sont plus favorables aux titulaires d'un master ou d'un doctorat que d'une licence. Les taux d'emploi des diplômés d'un doctorat sont plus élevés par rapport à ceux qui n'ont qu'une licence, (87% en France contre 91% pour la moyenne OCDE).

Les titulaires d'un doctorat gagnent en moyenne plus du double par rapport à ceux qui sont diplômés au plus du deuxième cycle de l'enseignement secondaire. Cette tendance est également valable pour la France.

Marine Miller  |  Publié le

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