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Regards sur l'éducation 2014. L'ascenseur social français à la peine

Marie-Anne Nourry  |  Publié le

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Eric Charbonnier
Eric Charbonnier

Rendu public ce mardi 9 septembre 2014, le nouveau rapport "Regards sur l’éducation" de l'OCDE souligne pour la France des résultats à deux vitesses en matière d'insertion professionnelle. Si les diplômés du supérieur s'en sortent bien, les moins qualifiés peinent à trouver un emploi. Parmi les pistes pour sortir de cette trajectoire : la lutte contre l'échec scolaire et la formation continue.

La nouvelle édition du rapport "Regards sur l’éducation", publiée le 9 septembre 2014, dresse un grand état des lieux de l'éducation dans les 34 pays membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Parmi les thèmes abordés cette année, une nouveauté : le lien entre le niveau de formation, les compétences acquises, l'employabilité et l'accès à la formation professionnelle.

Dépasser le niveau des parents : une affaire de déterminisme 

Le niveau de formation a fortement augmenté au cours des quarante dernières années en France, permettant à l'Hexagone de combler le retard qu'il avait pris vis-à-vis des autres pays membres de l'OCDE. 43% des 25-34 ans sont aujourd'hui diplômés du supérieur, chiffre plus élevé que la moyenne de l'OCDE, contre seulement 20% de la génération des 55-64 ans. Beaucoup de jeunes gens ont ainsi réussi à dépasser le niveau de formation de leurs parents, quand seuls 10% d'entre eux n'ont pas pu l'égaler.

"Mais quand on regarde cet ascenseur social dans le détail, on constate que la majorité des enfants qui ont obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur ont un parent qui détient au moins le bac", nuance Éric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE. Et l'expert pousse même la démonstration plus loin : "Un enfant dont un parent a un diplôme du supérieur a six fois plus de chances d'en obtenir un à son tour qu'un enfant dont aucun parent n'a le bac."

La France obtient ainsi des résultats en demi-teinte par rapport aux autres pays. "Elle n'a pas agi sur deux catégories de la population : les moins qualifiés et les plus âgés", justifie Éric Charbonnier.

Ne pas terminer ses études est plus que jamais un handicap pour trouver du travail. Et les jeunes sans qualification ont davantage souffert de la crise économique : la France occupe le neuvième rang des pays de l'OCDE où le taux de chômage des 25-34 ans sans qualification est le plus élevé.

Un enfant dont un parent a un diplôme du supérieur a six fois plus de chances d'en obtenir un à son tour qu'un enfant dont aucun parent n'a le bac.
(Éric Charbonnier)

Lutter contre l'échec scolaire et développer la formation continue

Pour contrer ces inégalités, Éric Charbonnier est catégorique : "Il faut lutter contre l'échec scolaire en menant une politique en faveur des plus défavorisés et en développant les programmes de seconde chance."

Autre piste : le développement de la formation continue, peu représentée en France, selon le rapport de l'OCDE. Seuls 36% des 25-64 ans en bénéficient, contre un adulte sur deux au niveau de l'OCDE, et jusqu'à deux sur trois au Danemark, en Finlande et en Suède. "Ceux qui en profitent le plus sont à la fois les plus jeunes et les plus qualifiés, or ce sont justement ceux qui en ont le moins besoin…", constate Éric Charbonnier.

Marie-Anne Nourry  |  Publié le

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