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Relations universités-entreprises : le doctorat au centre des préoccupations

Sophie Blitman  |  Publié le

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Le Centre d’analyse stratégique organisait le 16 juin 2011 un colloque intitulé « L’Université dans le monde » visant à appréhender les relations entre le monde universitaire, les décideurs politiques et le secteur privé. Au-delà de la traditionnelle question de la méconnaissance réciproque entre les universités et les entreprises, les participants ont mis l’accent sur la question du doctorat, qui reste peu reconnu en France.

Manque d'une culture de recherche

Pour Christine Musselin, directrice du Centre de sociologie des organisations (CSO), l’un des problèmes est qu’il n’y a « pas véritablement de culture de recherche dans beaucoup d’entreprises ». Il faut dire que la plupart des dirigeants sortent des grandes écoles. Or, pendant longtemps celles-ci « ne se sont pas assez tournées vers la recherche », estime la sociologue. Si l'on constate aujourd’hui une évolution « très nette », elle n’en reste pas moins « tardive ». D’où l’existence, en France, d’une « R&D d’ingénieurs plus que de recherche ». 

Manque de fluidité entre les mondes académique et économique

Autre frein aux relations universités-entreprises, le manque de passerelles entre ces deux univers. Conseiller pour l’Enseignement supérieur et la Recherche à la Présidence de la République, Bernard Belloc pointe surtout « la dissymétrie » existante : s’il arrive couramment que des universitaires rejoignent des entreprises, le passage de l’entreprise vers le monde académique est « très difficile », constate-t-il, contrairement, par exemple, à ce qui se passe aux Etats-Unis, où « chaque université définit ses propres critères de recrutement dans une liberté totale ». Pour Bernard Belloc, « il faudra un jour ou l’autre, si l’on veut aller jusqu’au bout de cette ouverture, de cette coopération, poser le problème des statuts universitaires » qui constituent à ses yeux un « obstacle à cette fluidité ».

Mieux valoriser le doctorat auprès des entreprises

Pour promouvoir le doctorat auprès des entreprises, les participants du colloque ont mis l’accent sur les compétences apportées par un travail de thèse, au-delà des connaissances acquises. « Le doctorat, affirme Bernard Belloc, est une formation par la recherche, et non à la recherche. Dans un doctorat, comme dans tous les diplômes, ce n’est pas ce qu’on a appris qui compte, mais ce qu’on a appris à faire ». Pour un recruteur, confirme Jean-Claude Lehmann, ancien directeur de la recherche du groupe Saint-Gobain, « ce n’est pas le sujet de la thèse en lui-même qui intéresse, mais les techniques de recherche et la réflexion sur ce qu’est la production de la connaissance ».
Des réflexions qui rejoignent notamment celles de la CDEFI (Conférence des directeurs d’écoles françaises d’ingénieurs) qui envisage de créer un label « Ingénierie pour l’entreprise » .

Pour en savoir plus, lire aussi notre dossier « Docteurs : vers une meilleure insertion professionnelle » .

Sophie Blitman  |  Publié le

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