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Réussite en licence : un étudiant sur trois abandonne dès la première année

Natacha Lefauconnier, Baptiste Legout  |  Publié le

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Réussite en licence : un étudiant sur trois abandonne dès la première année
La filière du bac est déterminante pour l'obtention de la licence. // © Virginie Bertereau

28 % des étudiants inscrits en première année de licence en 2012 ont obtenu leur licence trois ans après. Le cap de la première année est déterminant. Le ministère compte sur son Plan étudiants pour redresser la barre, grâce à une meilleure orientation des bacheliers et une réforme du premier cycle universitaire.

Depuis dix ans, le taux de réussite des néobacheliers en licence stagne. Seuls 28 % des inscrits en L1 juste après leur bac, en 2012, ont obtenu un diplôme de licence en trois ans. Un taux qui grimpe à 41 %, si l’on prend en compte les étudiants ayant eu besoin d’une année supplémentaire pour le décrocher.

"Malheureusement le taux de réussite n’a pas fortement progressé", analyse Gilles Roussel, président de la CPU (Conférence des présidents d’université). "Nous espérons que la réforme en cours y remédiera. La mise en place de parcours spécifiques en première année pour les bacheliers qui ont besoin d’accompagnement devrait y contribuer, car ces taux de réussite en licence masquent des disparités."

UN TIERS D’ABANDON EN L1

La note ministérielle "Parcours et réussite en licence et en Paces", publiée le 21 novembre 2017, souligne notamment l’importance du facteur "abandon" dans les filières universitaires. En effet, 31 % des étudiants inscrits en L1 renoncent dès cette première année, et 13 % de plus au cours de leur deuxième année, qu’ils aient redoublé (10 % des cas) ou qu’ils soient passés en L2 (3 %).

Une fois le cap de la première année franchi (53 % des bacheliers y parviennent, en un ou deux ans), plus de 8 étudiants sur 10 réussissent leur L2 et sont admis à poursuivre en L3.

"Outre les 30 % d’étudiants qui décrochent déjà leur licence en trois ans, nous savons qu’il y a 30 % d’étudiants supplémentaires qui pourraient y parvenir avec un accompagnement renforcé. D'ici à quelques années, le taux de réussite en licence pourrait doubler... à condition que l’on parvienne à mettre en place ces parcours, car c’est aussi une question de moyens", rappelle le président de la CPU.

LA FILIÈRE DU BAC, UN FACTEUR CLÉ

La filière du baccalauréat est l'un des facteurs le plus déterminants de la réussite en licence : quand près d'un bachelier général sur deux obtient sa licence en trois ou quatre ans, seuls 16 % des bacheliers technologiques et 5 % des bacheliers professionnels valident leur diplôme dans le même laps de temps. Les étudiants issus de ces deux dernières filières représentent pourtant un quart des effectifs en L1.

Un critère essentiel en Paces (première année commune aux études de santé). Si un tiers des bacheliers 2012 est parvenu à passer en deuxième année, après un ou deux ans de Paces, cela concerne essentiellement ceux issus de la filière scientifique au lycée. Les chances de réussite des autres bacheliers sont inférieures à 3 %.

Le taux de réussite en licence pourrait doubler... à condition que l’on parvienne à mettre en place ces parcours. C’est aussi une question de moyens.
(G. Roussel)

La mention obtenue au bac est également fortement corrélée au taux de réussite. Si les étudiants ayant obtenu une mention très bien ne représentent que 3 % des inscrits en première année de licence, 77 % d'entre eux valident leur licence en trois ou quatre ans. À l'inverse, parmi les étudiants ayant obtenu leur bac sans mention et sans être passés par la case rattrapage, seuls 32 % obtiennent in fine leur diplôme.

Enfin, avec une différence de douze points entre les taux de réussite, les filles réussissent bien mieux que les garçons : 46 % des étudiantes obtiennent leur licence en trois ou quatre ans, contre 34 % des étudiants. Un écart qui s’est creusé : la différence entre les deux sexes n’était que de dix points l’an dernier.

En revanche, la discipline choisie a peu d'influence sur le taux de réussite.

LA RÉUSSITE FAC PAR FAC : DES PROGRESSIONS INÉGALES

Outre ces moyennes, la note ministérielle délivre un ensemble de chiffres pour chacune des universités. Les universités d’Angers, Lyon 2, Paris 11 et Poitiers arrivent en tête du peloton avec un taux de réussite en licence supérieur ou égal à 50 %.

Si l'on tient compte de la valeur ajoutée de chaque établissement – un indicateur certes controversé (voir encadré) – l’université d’Angers reste en tête, suivie par l'Institut national universitaire Champollion, ainsi que les universités de Corse, La Rochelle et Poitiers. À l’inverse, les trois universités lilloises et celle de Nice ont la plus faible valeur ajoutée.


UniversitéRéussite en trois ou quatre ans (taux observé)Réussite en trois ou quatre ans (taux attendu)Réussite en trois ou quatre ans (valeur ajoutée)
ANGERS 55,5 % 46,0 % 9,5 pt
LYON 2 51,8 % 46,7 % 5,1 pt
PARIS 11 50,1 % 48,0 % 2,1 pt
POITIERS 50,0 % 43,2 % 6,7 pt
PARIS-EST-MARNE-LA-VALLÉE 49,5 % 43,1 % 6,4 pt
PARIS 1 49,4 % 48,2 % 1,2 pt
PARIS 2 49,4 % 54,4 % - 5,1 pt
LA ROCHELLE 48,6 % 41,7 % 6,8 pt
CHAMBÉRY 48,2 % 42,8 % 5,4 pt
INSTITUT NATIONAL UNIVERSITAIRE CHAMPOLLION 48,1 % 40,2 % 7,9 pt
BRETAGNE-SUD 47,9 % 44,0 % 3,9 pt
RENNES 1 47,8 % 50,5 % - 2,7 pt
BREST 47,7 % 43,0 % 4,7 pt
TOULOUSE 1 47,6 % 46,5 % 1,2 pt
PAU 47,4 % 42,7% 4,7 pt
PARIS 4 47,2 % 48,7 % - 1,5 pt
DIJON 47,1 % 42,4 % 4,7 pt
CORSE 46,0 % 38,7 % 7,3 pt
CLERMONT 46,0 % 44,7 % 1,2 pt
NANTES 45,6 % 46,7 % - 1 pt
VERSAILLES-ST-QUENTIN 45,3 % 39,3 % 6 pt
PARIS 10 45,2 % 41,2 % 4 pt
BORDEAUX 3 44,5 % 44,8 % - 0,3 pt
RENNES 2 44,3 % 42,4 % 2 pt
BESANCON 44,2 % 41,5 % 2,7 pt
BORDEAUX 44,2 % 44,7 % - 0,5 pt
LYON 3 43,7 % 45,1 % - 1,4 pt
TOURS 43,3 % 43,9 % - 0,6 pt
TOULOUSE 3 43,1 % 40,6 % 2,5 pt
LITTORAL 43,1 % 44,2 % - 1,1 pt
PARIS 7 43,1 % 45,6 % - 2,5 pt
LIMOGES 43,0 % 41,3 % 1,7 pt
GRENOBLE 42,5 % 43,5 % - 1 pt
SAINT-ÉTIENNE 42,4 % 35,9 % 6,4 pt
ORLÉANS 42,2 % 39,6 % 2,6 pt
MULHOUSE 42,1 % 38,9 % 3,2 pt
LE MANS 41,8 % 41,1 % 0,7 pt
PARIS 3 41,8 % 44,4 % - 2,6 pt
PARIS 6 41,8 % 45,8 % - 4 pt
STRASBOURG 40,9 % 45,9 % - 5 pt
MONTPELLIER 3 40,6 % 40,2 % 0,4 pt
PARIS-EST-CRÉTEIL 40,5 % 36,4 % 4,1 pt
LORRAINE 40,3 % 41,9 % - 1,5 pt
REIMS 40,0 % 38,1 % 2 pt
PARIS 5 40,0 % 40,4 % - 0,3 pt
CAEN 39,1 % 41,1 % - 2 pt
CERGY-PONTOISE 38,5 % 38,1 % 0,4 pt
AMIENS 37,2 % 36,6 % 0,6 pt
TOULOUSE 2 37,2 % 40,6 % - 3,4 pt
PERPIGNAN 37,0 % 32,8 % 4,2 pt
VALENCIENNES 36,9 % 35,4 % 1,6 pt
ROUEN 36,8 % 38,9 % - 2,2 pt
ARTOIS 36,7 % 37,6 % - 0,9 pt
MONTPELLIER 36,6 % 38,5 % - 1,9 pt
LILLE 2 35,9 % 42,7 % - 6,8 pt
LILLE 1 35,8 % 47,2 % - 11,4 pt
AIX-MARSEILLE 35,5 % 37,2 % - 1,7 pt
LYON 1 34,6 % 39,9 % - 5,2 pt
TOULON 33,8 % 33,6 % 0,2 pt
LE HAVRE 32,8 % 33,6 % - 0,7 pt
NICE 32,5 % 39,4 % - 6,9 pt
AVIGNON 32,2 % 31,3 % 0,8 pt
LILLE 3 31,9 % 39,0 % - 7,2 pt
ÉVRY-VAL-D'ESSONNE 29,9 % 27,8 % 2,2 pt
NÎMES 29,9 % 32,5 % - 2,6 pt
CUFR MAYOTTE 26,0 % 22,1 % 3,9 pt
PARIS 8 26,0 % 27,7 % - 1,6 pt
PARIS 13 24,6 % 25,1 % - 0,5 pt
POLYNÉSIE FRANÇAISE 23,3 % 22,8 % 0,4 pt
LA RÉUNION 20,0 % 26,4 % - 6,4 pt
ANTILLES 18,5 % 24,6 % - 6,1 pt
GUYANE nd nd nd

Source: MESR-SIES-Réussite en licence en trois ou quatre ans, cohorte 2012, Note Flash novembre 2017.

La valeur ajoutée dans la réussite en licence

Ce tableau indique la valeur ajoutée de chaque établissement dans la réussite en licence en trois ans via la "méthode 1" du ministère, selon laquelle la réussite des étudiants est attribuée à l'université dans laquelle les étudiants se sont inscrits en première année, quel que soit leur parcours ultérieur.

La valeur ajoutée correspond à la différence entre deux taux : le taux réel observé et le "taux simulé", qui, lui, prend en compte les caractéristiques des étudiants de l'établissement (retard au bac, type de bac, profession des parents, etc.), plus ou moins favorables à leur réussite. L'idée ? Mieux faire apparaître l'apport réel de chaque université dans la réussite de ses étudiants.

Les indicateurs de la réussite en licence "n’offrent qu’une vision partielle de la réussite dans l’enseignement supérieur", assume l'auteur de la note ministérielle annuelle. Soulignant notamment deux limites :
- "Seules les réorientations au sein de l’université sont prises en compte. En revanche, les bifurcations vers des filières autres qu’universitaires (formation paramédicale ou sociale, école d’ingénieurs, par exemple) ne sont pas prises en compte ;
-  Les indicateurs sont calculés sur la base des inscriptions administratives, et non d’une présence effective de l’étudiant."

Natacha Lefauconnier, Baptiste Legout  |  Publié le

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