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Sciences po Paris : l'héritage de Richard Descoings

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Sciences po Paris : l'héritage de Richard Descoings

Hyperactif, iconoclaste, visionnaire. A la tête de Sciences po Paris depuis 1996, Richard Descoings a marqué son établissement, mais aussi l'enseignement supérieur français. Décédé le 3 avril 2012 à New-York, le charismatique directeur, qui entamait son quatrième mandat rue Saint-Guillaume, laisse un héritage placé sous le signe de l'ouverture sociale.

Depuis 1996, les réformes s'enchaînent à Sciences po Paris. Richard Descoings a impulsé un profond mouvement, marqué par sa première réforme emblématique au début des années 2000, qui a dessiné les contours de ce qu'on appelle aujourd'hui le "modèle Sciences po " : la création de la voie CEP (Conventions Education prioritaire) .

CEP : une voie d'entrée réservée aux candidats défavorisés

Cette procédure d'entrée spécifique pour les étudiants issus des lycées partenaires de l'IEP situés en zones d'éducation prioritaire, a soulevé à l'époque un vent d'opposition .

Aujourd'hui encore, si le volontarisme du directeur est loué en la matière, peu ont choisi de suivre sa voie , en instaurant des procédures d'entrée parallèles pour les jeunes défavorisés.

Richard Descoings a tiré le bilan de ce dispositif CEP à la rentrée 2011 , soulignant le passage de 6% à 26% d'élèves boursiers à l'IEP en 10 ans, tout en reconnaissant les limites du dispositif : 68 % des étudiants de l'IEP sont issus des milieux sociaux les plus favorisés.

Une grille de droits d'inscription progressifs
 
Sa politique d'ouverture sociale a également concernée les droits d'inscription de l'IEP. Le conseiller d'Etat a en effet mis en place une grille de frais de scolarité progressifs. Quelque 30% d'étudiants ne paient ainsi aucun frais , tandis que les élèves les plus favorisés peuvent payer jusqu'à jusqu'à 9.500 euros les 3 premières années, 13.000 euros en master.

Cette grille est assortie d'un soutien aux étudiants boursiers, via l'allocation d'une bourse supplémentaire par l'IEP.

Une école de stature internationale

Plus globalement, Richard Descoings a changé la stature de l'IEP parisien. En dix ans, le nombre d'élèves a doublé, passant 4.500 à 10.000, les études se sont allongées, passant de 3 à 5 ans.

"Il a véritablement transformé Sciences po, estime Louis Vogel, président de la CPU (Conférence des présidents d'université). D'une école de préparation aux concours administratifs, il en a fait une grande école et une université internationale".

L'IEP compte désormais près de 40% d'étudiants internationaux, et 6 campus en région , chacun spécialisé sur une aire internationale. Les masters de l'IEP sont quant à eux progressivement réorganisés sous la forme d'écoles (par exemple l'école d'affaires internationales ou l'école de droit ).

Alliance stratégique dans le PRES Sorbonne Paris Cité

Côté stratégie d'établissement, il s'est allié au PRES Sorbonne Paris Cité, avec les universités Paris 3, Paris 5 et Paris 13 notamment, au sein duquel il s'est fortement investi. Il a en effet pris en charge le dossier d'Idex 2, suite à l'échec du regroupement au premier tour de sélection (Idex 1) , remportant une Initiative d'excellence au second tour de sélection. Il venait d'être nommé directeur exécutif du PRES et de l'Idex .

Les polémiques récentes : culture G et "superbonus"

Le "règne" de Richard Descoings a enfin été marqué par une dernière année chaotique. Le directeur, qui a enchaîné les réformes des procédures de recrutement de son institut (en première année annoncée en 2009 , en master en juin 2011), a annoncé sa dernière réforme du concours d'entrée en décembre 2011 -qui s'appliquera en 2013- provoquant la polémique en supprimant l'emblématique épreuve de culture générale.

Ce sont surtout les révélations sur les salaires des dirigeants de l'IEP parisien, dont celui de Richard Descoings (les "superbonus" , 295.000 euros de primes répartis entre 7 responsables du comité exécutifs) qui ont provoqué débats et critiques en décembre 2011. Le directeur de la rue Saint-Guillaume a réagi , assumant son revenu de 27.000 euros (bruts), et prônant une augmentation des rémunérations des présidents d'université.

Des polémiques qui n'ont pas empêché ses transformations d'envergure de marquer l'enseignement supérieur de ces quinze dernières années.

Lire aussi

La biographie de Richard Descoings

Les réactions des étudiants de l'IEP parisien
"Dans les couloirs de Sciences Po, Richard Desoings, c’était "Richie". "Il était l’emblème de l’école, aucun autre directeur de grande école n’a incarné son établissement à ce point." Ce matin, Aurélien, étudiant en 2e année, est encore un peu hébété par la mort brutale du patron de l’Institut d’études politiques de Paris, annoncée mercredi 4 avril 2012. Il vient d’assister, comme environ 500 élèves, au discours d’Hervé Crès, le directeur des études, qui fut suivi d’une minute de silence. [...]"

Richard Descoings, chargé de mission "Lycée"

Le directeur de Sciences po Paris a été nommé, en 2009, chargé de mission sur la réforme du lycée par Nicolas Sarkozy. Lire nos articles :
- En tournée des lycées avec Richard Descoings
- Réforme du lycée : les conclusions de Richard Descoings
- Rapport Descoings sur le lycée : des réactions plutôt positives

Hommage des universitaires et du monde politique

La CPU (Conférence des présidents d'université), la CGE (Conférence des grandes écoles), les collègues du PRES Sorbonne Paris Cité, comme Axel Kahn, ancien président de Paris 5, des IEP de région ... Nombreuses ont été les réactions de la communauté de l'enseignement supérieur. Egalement le monde politique : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, Bertrand Delanoé... Tous ont loué l'action du directeur de l'IEP parisien.

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