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Un éco-campus en herbe à l’université de Nanterre

Delphine Dauvergne  |  Publié le

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Université Nanterre © communication université Paris Ouest Nanterre La Défense
C'est le centre sportif universitaire, qui représente 12% de la consommation énergétique du campus, qui sera réhabilité en premier. Coût du chantier : 6 millions d'euros. // © Communication Université Paris Ouest Nanterre La Défense

L’université Paris-Ouest-Nanterre-la-Défense prend des mesures depuis juin 2014 pour se reconvertir en éco-campus. Transition énergétique, reconstructions de bâtiments, meilleure gestion de déchets… Si son plan est ambitieux, sa mise en œuvre s'annonce longue et coûteuse. Zoom sur l’université qui accueillera en octobre 2015 le colloque international Eco-campus 3.

"L'université a un rôle moteur à jouer, nous devons être précurseurs dans les politiques de réduction d'énergie", affirme Stéphane Brette, vice-président chargé du développement durable à l'université Paris Ouest Nanterre. Si l'objectif du Grenelle de l'environnement, en 2009, était de baisser de 38% d'ici 2020 la consommation en énergie des bâtiments publics, l'établissement ambitionne de diviser par quatre sa consommation énergétique d'ici 2035.

Un budget de 200 millions d'euros

Lancé en juin 2014, le PAE (Plan d'action énergétique) de l'université trace la politique de transition énergétique pour les vingt prochaines années. Maintenance, réhabilitations et nouvelles constructions, ce plan concerne surtout le renouveau des bâtiments. Le budget pour l'ensemble du plan d'action est évalué à 200 millions d'euros à l'horizon 2030-2035.

Les réhabilitations en cascade vont permettre d'aller au-delà des normes prescrites pour un éco-campus, mais aussi de générer des économies de coûts énergétiques estimées à 50 millions d'euros sur quinze ans. Première réhabilitation énergétique, celle du centre sportif universitaire, qui absorbe actuellement plus de 12% de la consommation du campus. Prévu pour 2018, son budget est chiffré à plus de 6 millions d'euros, 5,9 millions sont déjà financés dans le cadre du CPER 2015-2020.

Si les études du début du projet, d'un coût de 240.000 euros, ont été financées avec l'aide de la Caisse des Dépots (50%) et de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) à hauteur de 20%, les collectivités territoriales vont être mises à contribution pour la mise en œuvre des rénovations.

"Les financements, c'est toujours le nœud du problème... Nous devons chercher de l'argent ailleurs pour réussir toutes ces réhabilitations, nous misons sur trois contrats CPER (Contrat de plan État-région) mais toutes les pistes restent ouvertes : financements européens, fonds de transition énergétique, investissements d'avenir 'ville de demain'...", décrit Stéphane Brette.

20% d'économies sur le chauffage

Concrètement, depuis 2010, le plan d'installation de luminaires à LED s'était déjà déployé sur l'ensemble du campus, la troisième phase devrait s'achever pour la rentrée 2015. Concernant le réseau de chaleur, l'université a baissé sa consommation de 20% depuis 2008,  avec des actions comme l'arrêt du chauffage pendant les vacances. Des efforts qui ont permis à l'université de faire partie des établissements "pilotes", déjà labellisés Eco campus.

L'éco-campus, ce n'est pas qu'une question d'énergie. "Depuis 2014, un manager des déchets a été embauché par l'université, il œuvre pour une meilleure gestion. Progressivement, tout est recyclé : papier, toners, piles, mais aussi meubles, matériel électrique et ordinateurs", détaille Stéphane Brette. En deux ans, plus d'une centaine de tonnes de papier a été recyclé par une entreprise d'insertion proche du campus et 500 ordinateurs ont été donnés au personnel.

Diffuser l'esprit éco-campus

Différentes actions ayant pour but de faire évoluer les consciences des personnels mais aussi des étudiants. Pour Béatrice Bellini, enseignante-chercheuse à Paris Ouest Nanterre en sciences de gestion, "la dynamique sur le développement durable est impulsée par la présidence et se diffuse progressivement au sein des enseignants-chercheurs".

L'IUT vient ainsi de s'inscrire au concours Cube2020, qui encourage à diminuer sa consommation énergétique. "Un moyen de sensibiliser le personnel et les étudiants sur tout un site", commente Stéphane Brette.

Les associations étudiantes sont régulièrement sollicitées pour donner leur avis sur les futures améliorations.
Elles ont obtenu une parcelle de terrain pour créer un potager partagé, inauguré en juin 2015. Les étudiants récupèrent ainsi une partie des déchets de l'université pour faire du compost.

"Le développement durable a pour objectif le bien-être collectif ; avec ses grands espaces de verdure, notre campus est un atout, mais il est nécessaire de le préserver. Une campagne pour inciter à jeter les mégots dans les poubelles va ainsi être lancée", annonce Béatrice Bellini.

Pour Stéphane Brette, "l'université est un lieu d'attractivité pour le territoire, améliorer le campus et se préparer aux enjeux du futur est indispensable, car les jeunes que nous formons seront les acteurs de la politique développement durable de demain".

Le colloque Eco-campus 3
L'université Paris Ouest Nanterre et l'Essec  accueillent du 14 au 16 octobre 2015 la troisième édition du colloque international Eco-campus

Le programme

Delphine Dauvergne  |  Publié le

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