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Une mission pour réfléchir à l'entrée des formations paramédicales à l'université

Martin Rhodes  |  Publié le

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Maison médicale pluridisciplinaire de santé de Villiers-le-Bel. Les études de kiné dureront bientôt cinq ans.
Maison médicale pluridisciplinaire de santé de Villiers-le-Bel. Les études de kiné dureront bientôt cinq ans. // © Patrick Allard / R.E.A

Les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur réfléchissent à l'intégration au sein des universités des formations paramédicales et de maïeutique. Une mission a été confiée à Stéphane Le Bouler, secrétaire général du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. Il a quatre mois pour rendre son rapport.

Poursuivre l'intégration des formations paramédicales et de maïeutique à l'université. Telle est la mission confiée par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur à Stéphane Le Bouler, économiste de formation et secrétaire général du HCAAM (Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie). Celui qui a coordonné la Grande Conférence de la santé en 2015-2016 a jusqu'en décembre 2017 pour rendre son rapport. 

"Les formations paramédicales et de maïeutique sont aujourd'hui très dispersées", constate Stéphane Le Bouler. Et ce dernier de lister quatre exemples concrets attestant cette "dispersion" de statuts : les Ifsi (instituts de formation en soins infirmiers), publics et rattachés à des hôpitaux, les IFMK (instituts de formation en masso-kinésithérapie), privés et autonomes dans certains territoires, les formations de psychomotricien et d'orthophoniste, dispensées à l'université, ou encore les cursus d'opticien, proposés principalement dans les lycées, via les BTS.

"Le but de cette mission est de poursuivre le processus d'universitarisation de ces formations, amorcé par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé et des Sports, il y a une dizaine d'années", résume Stéphane Le Bouler. Pour réformer dès la rentrée 2018 ce secteur de formation, qui concerne plus de 150.000 étudiants, l'économiste envisage d'ores et déjà plusieurs pistes.

Le schéma LMD, la voie à suivre

Comme le recommande un récent rapport établi par l'Igas et l'IGAENR, la mission vise dans un premier temps à harmoniser la délivrance des diplômes. "L'idée générale est de créer un seul et unique titre, délivré par l'institut de formation au nom de l'université de rattachement, à la fois porteur du diplôme d'État [de masseur-kinésithérapeute, par exemple] et du grade universitaire", précise Stéphane Le Bouler.

Cette harmonisation des diplômes implique, de fait, de poursuivre la "LMDisation des formations qui ne sont pas encore entrées dans le schéma d'études universitaire", constate Stéphane Le Bouler. C'est par exemple le cas de certaines spécialisations infirmières ou du cursus de psychomotricien. Cette réforme des parcours devrait permettre, c'est en tout cas le souhait des ministères, d'amener une partie des étudiants au niveau master et doctorat. "Il faut ouvrir les écoles doctorales aux étudiants des formations paramédicales et de maïeutique. Pour le moment, il n'est par exemple pas possible de faire une thèse en sciences infirmières", regrette le secrétaire général du HCAAM.

DONNER ACCÈS AU MASTER ET au DOCTORAT

Du côté du contenu des formations et de la pédagogie, les ministères attendent là aussi des propositions. Pour amener tous les étudiants en santé à se coordonner et à travailler ensemble, des modules de formation communs, en présentiel ou en téléprésence, pourraient notamment être mis en place.

Enfin, les quelque 150.000 étudiants du secteur pourraient être concernés par les réformes dans leur quotidien : durant les prochaines semaines, Stéphane Le Bouler aura à réfléchir à la possibilité de faire bénéficier les élèves de la branche des mêmes services et droits sociaux que les étudiants de l'université. Ces droits comprennent notamment les bourses sur critères sociaux, l'accès à la restauration et au logement étudiants.

Martin Rhodes  |  Publié le

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