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Budget : de nouvelles économies qui font peur aux universités

Camille Stromboni  |  Publié le

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Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Bibliothèque - Avril 2014 CS
Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Bibliothèque - Avril 2014 CS

189 millions d’économies en 2014, 1,6 milliard pour les prochaines années. Les mauvaises nouvelles budgétaires pour l'enseignement supérieur et la recherche s’accumulent, alors que la communauté universitaire est déjà tendue. Certains poussant à la mobilisation.

Les économies demandées à l’enseignement supérieur et à la recherche se précisent. Le collectif budgétaire examiné en conseil des ministres puis au Parlement le 11 juin 2014 prévoit 4 milliards d’économies supplémentaires cette année.

189 millions pour l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche dès 2014

D'après ce projet de loi de finances rectificative, 189 millions porteraient sur l'Éducation nationale, l'enseignement supérieur et la recherche. Le détail de ces coupes est encore le jeu d'intenses négociations. Pour 2014, il serait difficile de reprendre des sommes déjà versées aux opérateurs : cela devrait donc toucher principalement le dégel des réserves de précaution, qui intervient en fin d’année.

Cette manne avait été utilisée l'an dernier pour compenser l'exonération des boursiers et le GVT [glissement vieillesse technicité] des établissements. "Ces économies se feraient donc au détriment de ces deux volets, ce qui serait très grave pour l’équilibre budgétaire global des établissements", souligne Gérard Blanchard, vice-président de la CPU (Conférence des présidents d’université).

"Nous sommes très inquiets. Tout cela apparaît en grande contradiction avec les engagements du président de la République", résume Jean-Loup Salzmann, son président, soulignant également les coupes envisagées à plus long terme.

1,6 milliard pour 2015-2017 : la masse salariale et le fonctionnement visés

Geneviève Fioraso a en effet annoncé, la semaine précédente, ses prévisions pour 2015-2017, lors d’une audition au Sénat. La secrétaire d’État a souligné que le budget de l’ESR était sanctuarisé pour les années qui viennent, et resterait donc stable. Mais étant donné la progression mécanique de la masse salariale et du nombre d’étudiants, cela équivaudrait à réaliser… 1,6 milliard d’économies.

"L’effort risque de porter sur le fonctionnement, condamne Jean-Loup Salzmann. C’est synonyme d’une profonde dégradation annoncée des conditions de vie étudiante, de la qualité de notre recherche, ou encore une perte de compétitivité à l’international."

"Cela se jouera aussi avec le gel de postes dans l’enseignement supérieur et la recherche, complète Marc Neveu, co-secrétaire général du Snesup (Syndicat national de l’enseignement supérieur). Cela fait froid dans le dos quand on rappelle qu’en 2012-2014, 400 millions d’économies ont été faites... ce sera donc quatre fois plus important ! On craint le pire alors que les universités sont déjà très fortement fragilisées."

On craint le pire alors que les universités sont déjà très fortement fragilisées (Marc Neveu)

Une communauté déjà tendue

Une inquiétude qui intervient alors qu’une partie de la communauté dénonce déjà très fortement la politique de Geneviève Fioraso, et tente de mobiliser plus largement. Après la pétition qui a réuni près de 11.000 signataires au printemps, une journée de réflexion a été organisée le 10 juin - ou encore un rassemblement du comité de la recherche scientifique pour défendre l'emploi le 11 juin.

Outre le fort sentiment de désarroi partagé par plusieurs intervenants, qui semble représentatif du moral d’une partie importante de la communauté, ces universitaires mécontents aimeraient désormais faire entrer les étudiants dans leur mouvement de contestation.

Journée Repenser l'autonomie - université - Assemblée nationale - 10 juin 2014 CS
Journée de réflexion "Repenser l’autonomie" - Assemblée nationale (10 juin2014 - © CS)

Quid des étudiants ?

"Pour faire bouger les choses, il faut poursuivre le dialogue avec l’Unef et les syndicats, a insisté Frédéric Sawicki, professeur de science politique à l'université Paris 1, devant un public parsemé de moins d'une cinquantaine de personnes. Les étudiants mesurent de plus en plus l’effet dramatique des réformes en cours sur la réussite en licence. Nous devons trouver un langage et des revendications communes."

"C'est un très mauvais signal envoyé aux jeunes, estime justement William Martinet, à la tête de l'Unef, à propos de ces annonces budgétaires. Au moment où les universités sont en pleine crise financière, et où la précarité s'accroît pour les étudiants. Nous attendons de connaître précisément les perspectives budgétaires pour la fin du quinquennat, notamment si la montée en charge des bourses sera une promesse respectée. Si le président abandonne la priorité Jeunesse, il aura évidemment à se confronter aux jeunes et aux étudiants".

Camille Stromboni  |  Publié le

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