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L'université Paris-Nanterre ferme l'accès de ses masters aux étudiants non européens

Aurore Abdoul-Maninroudine
Publié le - Mis à jour le
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Université Nanterre © communication université Paris Ouest Nanterre La Défense
En 2015-2016, l'université Paris-Nanterre a reçu 14.000 candidatures d'étudiants étrangers hors Union européenne, toutes formations confondues. // ©  Communication Université Paris Ouest Nanterre La Défense
L’université Paris-Nanterre a décidé de fermer l’accès de ses masters aux étudiants étrangers hors Union européenne pour l'année 2017-2018. Une "décision temporaire" qui suscite l’indignation de l’Unef et la "surprise" de la CPU. En cause, "des difficultés techniques" et "le climat d'incertitude entourant la réforme du master".

La décision a été prise par l'université fin octobre mais annoncée en conseil d'administration lundi 30 janvier 2017. L'université de sciences humaines et sociales Paris-Nanterre a décidé de suspendre "temporairement", pour la seule année 2017-2018, l'accès de ses masters, licences professionnelles et DUT aux étudiants étrangers hors Union européenne, dont l'inscription passe par la plate-forme Campus France.

l'unef exige le retrait de la mesure

Cette décision surprend au vu de la tradition d'ouverture de l'université, connue pour avoir été au cœur des mouvements étudiants de mai 68. Et suscite l'indignation de l'Unef, qui "exige" que l'université revienne sur sa décision. L'organisation étudiante dénonce également "l'absence de consultation du conseil d'administration de l'université".

"Dès la rentrée 2018, les choses reprendront comme avant, il s'agit simplement d'une suspension liée à un contexte très particulier", se défend Jean-François Balaudé, président de l'université. Surtout, souligne-t-il, la décision ne concerne pas les licences, qui représentent le plus gros flux d'admissions d'étudiants étrangers hors Union européenne de l'université (430 étudiants en 2015-2016).

Il s'agit simplement d'une suspension liée à un contexte très particulier.
(J.-F. Balaudé)

L'an dernier, d'après le bilan de Campus France concernant les candidatures d'étudiants étrangers hors Union européenne, l'université Paris-Nanterre a reçu 14.000 demandes, toutes formations confondues.

un climat d'incertitude autour de la réforme du master

Le président de l'université justifie sa décision par "une situation inédite", "la conjonction malheureuse de plusieurs facteurs" empêchant de réunir les conditions nécessaires au bon examen de ces candidatures.

Première raison évoquée, un changement de logiciel au sein des services de la scolarité qui aurait entraîné d'importants bouleversements et mis les équipes sous tension. À cela, s'est ajouté, selon le président d'université, "le climat d'incertitude autour de la réforme du master". Avec la mise en place à la rentrée prochaine d'une sélection à l'entrée du master, les services administratifs vont devoir traiter "un nombre considérable de dossiers". Or "les équipes sont submergées".

"Plutôt que de laisser ouvertes les inscriptions sur la plate-forme Campus France, et de ne pas examiner les dossiers, nous avons donc préféré ne pas donner de faux espoirs aux candidats", argumente Jean-François Balaudé. D'autant plus, poursuit-il, que les taux d'admission sont "extrêmement faibles" : 5 % d'admis en master en 2016 (350 étudiants) et 0,12 % en licence professionnelle (1 étudiant).

manque de moyens des universités

Il n'empêche, le signal politique envoyé embarrasse fortement la CPU (Conférence des présidents d'université). "Nous n'avions pas connaissance de cette décision et nous avons été d'autant plus surpris que Jean-François Balaudé ne peut être suspecté d'aucune réserve anti-étudiants étrangers", indique à EducPros Jacques Comby, président de l'université Lyon 3 Jean-Moulin et de la commission relations internationales de la CPU. Ce dernier analyse la décision du président de Paris-Nanterre comme "la volonté de jeter un pavé dans la mare".

Nous n'avons pas les moyens nécesssaires pour faire face à la réforme du master et à l'afflux de nouveaux étudiants.
(J. Comby)

La vraie question derrière la décision de l'université de Nanterre est celle des moyens, avance le président lyonnais, tout en décrivant une situation dans les universités proche de l'asphyxie, face à la croissance permanente des effectifs. "Nous n'avons pas les moyens nécesssaires pour faire face à la réforme du master et à l'afflux de nouveaux étudiants en licence. Il y a eu un vrai effort budgétaire du ministère, que nous reconnaissons pleinement, mais cela ne suffit pas. Nous manquons de personnels administratifs et d'espace."

la moitié des étudiants étrangers à l'université sont africains

Cela dit, conclut-il, "la réponse apportée par Nanterre ne correspond pas à la position de la CPU ni à celle de l'université Lyon 3. La France a besoin d'étudiants étrangers qui contribuent au dynamisme universitaire. Nous sommes tous d'accord sur ce point."

Au cours de l'année 2015-2016, selon les données du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, les universités françaises ont accueilli 225.366 étudiants étrangers, soit 14 % des effectifs globaux. 20 % avaient la nationalité d'un pays de l'Union européenne quand près de la moitié venaient d'un pays africain.

L'arbitrage de Nanterre reste, pour l'instant, isolé. "À ce jour, c'est la seule université qui a pris une telle décision pour l'année à venir", assure Pierre van de Weghe, vice-président relations internationales de l'université Rennes 1 et président du réseau des vice-présidents dans ce domaine.

Aller plus loin
Vendredi 10 février, Jean-François Balaudé a finalement décidé de rouvrir l'accès des masters aux étudiants extra-européens.

Lire l'article : L'université de Nanterre rouvre l'accès de ses masters aux étudiants non européens

Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le - Mis à jour le

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Imponda.

Ma demande est de continuer mes etudes universitaire en France. Merci

Ahmed Amri.

Nanterre la Rouge, le haut lieu des idées contestataires, le berceau de mai 68 ! C'est triste.

annabi.

même si l'université est finalement est finalement revenu sur sa décision le mal est fait ; les étudiants non européens devront dorénavant chercher d'autres universités moins xénophobes et plus disposées à les accueillir !

Amina Bhouri.

Normal,c'est l'ère de Tump le raciste et de toutes les "trompettes" qui lui ressemblent un peu partout en Occident et bientôt en France et avec "l'avènement Marine"qui,avec les scandales qui n'en finissent pas déclenchés par les "Canards"dits à tort "enchaînés",qui est sûre de remporter les élections haut la mains vu que c'est c'est l "moins scandaleuse"de ses petits collègues,eh bien avec" l'avènement Front National"les étrangers,les pauvres,les bougres,ils verront ce qu'ils verront de la politique des "portes closes"et qui vivra verra!!!!

Hélène Raymond.

C'est honteux et un signal déplorable, indigne de l'Université. Aucun problème de logiciel, ni même le manque de moyens liés à la réforme ne sauraient justifier cela. La France a par ailleurs signé des accords de coopération avec nombre de pays africains, souvent francophones. C'est s'assoir sur l'esprit de ces accords et se priver d'étudiants souvent de très bon niveau. En tant que Professeur d'Université à Nanterre, ayant souvent eu à traiter de très nombreux dossiers et été en contact avec de nombreux étudiants étrangers qui m'ont laissé d'excellents souvenirs, je trouve cela particulièrement affligeant et un spectacle démoralisant.

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