En ce momentSebastian Stride : "Les classements mondiaux ne sont fondamentaux que pour une minorité d'établissements"
On en parlePalmarès 2018 : les écoles d'ingénieurs en mouvement
Enquête | International
Classements des universités : la France face au rouleau compresseur

À chaque ranking sa méthode

Marie-Anne Nourry  |  Publié le

0

Le campus de Harvard
Le campus de Harvard // © Emmanuel Vaillant

En dix ans, six classements internationaux des universités ont vu le jour, dont deux en 2014. Et tous aspirent à devenir "le" ranking de référence. Tour d'horizon des différents classements et de leur approche.

2003 - Shanghai : le classement de la recherche

L'ARWU (Academic Ranking of World Universities) imaginé par l’université Jiaotong à Shanghai est essentiellement fondé sur la recherche. Au départ, l'objectif de ce classement était d'évaluer les performances en recherche des établissements d’enseignement supérieur afin de mesurer la distance séparant les universités chinoises des universités les plus prestigieuses au monde. 

Il prend ainsi en compte six critères : nombre de prix Nobel et médailles Fields parmi les diplômés et les enseignants-chercheurs, de citations, de publications dans les revues “Nature” et “Science”, d'articles indexés dans Science Citation Index Expanded et Social Sciences Citation Index, et performance moyenne des professeurs. Il propose également des classements parallèles, déclinés thématiquement.

En 2014, quatre établissements français apparaissaient dans le top 100 (UPMC, Paris-Sud, ENS Paris, Strasbourg).

Aller plus loin : Le classement de Shanghai 2014 décrypté

 2004 - “Times Higher Education” : la stratégie des ratios

Le “Times Higher Education” a lancé son premier classement avec la société Quacquarelli Symonds. Son "plus" : valoriser les établissements de petite taille noyés dans Shanghai en utilisant des ratios. La coopération avec QS a cependant pris fin en 2009, le journal britannique reprochant au collecteur de données une méthode trop suggestive fondée sur des enquêtes d'opinion. QS a poursuivi l'aventure de son côté et le “THE” a fait appel à Thomson Reuters jusqu'en 2012, avant d'internaliser le recueil et d'établir un partenariat avec Elsevier.

Le classement évalue les universités à partir de 13 critères répartis en cinq volets : recherche, citations, enseignement, innovation et international.  

En 2014, sept établissements ressortaient dans le top 200 (Polytechnique, ENS Paris, UPMC, Paris-Sud, ENS Lyon, UJF, Paris-Diderot).

Aller plus loin : Classement du "Times Higher Education" 2014 : la France encore à la peine

 2010 - QS : la réputation avant tout

La société Quacquarelli Symonds, spécialisée dans l'orientation, a élaboré son propre classement après avoir réalisé celui du “Times Higher Education” durant cinq ans. Sa méthodologie se fonde pour moitié sur des enquêtes d'opinion.

Elle comporte ainsi six critères : la réputation académique établie à travers un questionnaire auprès de plusieurs milliers d'universitaires, la réputation auprès des employeurs, l'enseignement, les citations, l'international.

En 2014, quatre établissements figuraient dans le top 200 (ENS Paris, Polytechnique, UPMC, ENS Lyon).

Aller plus loin : Classement QS 2014-2015 : bilan mitigé pour les établissements français

 2012 - CWUR : l'objet classant (encore) non identifié

Le classement CWUR (Center for World University Rankings) est soutenu par l'université saoudienne King Abdulaziz, où Nadim Mahassen, président du CWUR, est professeur. Peu d'informations sont disponibles sur ce nouveau palmarès, qui se positionne comme "le seul mesurant la qualité de l'enseignement, sans se fonder sur des sondages d'opinion et des données déclaratives fournies par les établissements".

La méthodologie comporte sept critères, dont trois principaux comptant chacun pour un quart de la note des établissements : la qualité de l'éducation mesurée par le nombre d'anciens qui ont obtenu des médailles et prix internationaux, la qualité de l'enseignement évaluée en fonction du nombre de récompenses attribuées aux enseignants-chercheurs, et la part des anciens occupant des postes de direction dans des entreprises internationales.

En 2014, quatre établissements étaient présents dans le top 200 (ENS Paris, Polytechnique, Paris-Sud, UPMC).

Aller plus loin : Classement CWUR 2014 des universités mondiales : l'ENS de Paris, premier établissement français

 2014 - U-Multirank : le benchmark public des universités

Le classement financé par l'Union européenne et porté par un consortium de cinq institutions européennes se présente comme un outil interactif dont l'objectif est de faire émerger les points forts de chaque institution et de les comparer entre elles.

La méthodologie comporte cinq grandes familles de critères : enseignement, recherche, transfert, internationalisation et implantation régionale. Quatre matières ont été testées : génie électrique, génie mécanique, physique, et études commerciales.

850 établissements ont répondu pour la première édition.

Aller plus loin : U-Multirank : le classement qui n'en est pas un

 2014 - “US News and World report” : les déclinaisons géographiques

Le maga­zine américain “US News and World Report” est spé­cia­liste des don­nées sur l'enseignement supé­rieur amé­ri­cain. Il s'appuie sur Thomson Reuters, ancien partenaire du “Times Higher Education”, pour collecter les données. Son argument pour se démarquer de ses concurrents : proposer des classements par pays et par régions du monde.

La méthodologie s'articule autour de dix critères : la recherche, la réputation, les citations, les partenariats internationaux, les récompenses des diplômés et des enseignants-chercheurs.

En 2014, sept établissements français figuraient dans le top 200 (UPMC, Paris-Sud, UJF, Paris-Diderot, Strasbourg, Aix-Marseille, Polytechnique).

Aller plus loin : “US News” : un nouveau classement mondial des universités

Marie-Anne Nourry  |  Publié le

« article précédent

0

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :