En ce momentL’enseignement supérieur fait front contre l'extrême droite
On en parlePour la CNIL, "la France doit garder la souveraineté de ses données scolaires"
Enquête | Personnels, Gouvernance
Être community manager dans l'enseignement supérieur

Anthony Grolleau-Fricard (EIGSI La Rochelle) : “Il faut savoir prendre du recul”

Isabelle Dautresme  |  Publié le

0

Anthony Grolleau-Fricard, community manager de l'EIGSI La Rochelle // DR
Anthony Grolleau-Fricard, community manager de l'EIGSI La Rochelle // DR

À l’EIGSI La Rochelle, Facebook, Instagram, Twitter, Tumblr, Linkedin… c’est lui. À 36 ans, Anthony Grolleau-Fricard est le monsieur social média de l’école. Une fonction que ce docteur en histoire s'attache à exercer avec un œil critique, mêlant mise en perspective et réactivité. Retour sur ce parcours atypique.

Il n’y a pas qu’un chemin qui mène aux réseaux sociaux. C’est avec un doctorat d’histoire en poche qu’Anthony Grolleau-Fricard se présente au poste de community manager à l’EIGSI La Rochelle.

Le sujet de sa thèse : “Le journal des États-Unis”, fondé par Joseph Bonaparte et diffusé dans toute l’Amérique de 1828 à 1939. À des années-lumière de l’ère numérique ? “Pas tant que cela, puisqu’il y est déjà question de circulation d’informations, rétorque le jeune homme. Les nouvelles arrivaient de France par bateau et étaient diffusées sur tout le continent. C’est finalement très proche de ce qui se passe aujourd’hui sur Twitter.”

Pour financer sa thèse, le jeune étudiant enchaîne les petits boulots, en lien avec l’informatique et le Web, avant d’être embauché en qualité de directeur e-reputation dans une agence de relation publique parisienne.

Une communauté incarnée


À peine le temps de s’installer (il restera un an à ce poste), qu’Anthony Grolleau-Fricard met le cap sur l’EIGSI La Rochelle en juin 2012. “Je voulais donner davantage de sens à mon travail.” Aujourd’hui, il se dit comblé : “L’essentiel de mon job consiste à donner de la visibilité à une formation à laquelle je crois. C’est quand même plus gratifiant que de travailler pour une marque.”

Autre point positif selon lui : les étudiants aiment leur école, ils ont envie d'en parler et la directrice de la communication lui fait totalement confiance. Ce qui, à l’en croire, n’aurait rien d’évident, “tant le monde de l’enseignement supérieur connaît encore souvent mal le métier de CM”.

À chaque cible son réseau

À côté des traditionnels  Facebook (idéal pour rendre compte de la vitalité de la vie étudiante), Twitter ou Linkedin pour communiquer avec les professionnels et les journalistes, Anthony Grolleau-Fricard avoue avoir un “petit faible” pour Instagram : “100 % des étudiants qui entrent à l’école  connaissent ce média et 38 % l’utilisent. C’est un espace très jeune, on se doit de l’investir même si, pour le moment, rien ne nous permet d’affirmer que l’on y obtienne une bonne visibilité.”

La population est jeune, un petit problème et un tweet énervé peut enflammer la Toile

ni vacances, ni week-ends

Quand on s’inquiète de savoir s’il lui arrive de décrocher, ne serait-ce que le temps d’un week-end, Anthony Grolleau-Fricard est catégorique : “Un CM est obligé d’être tout le temps connecté, de faire de la veille, de communiquer.”

Sans parler de la crainte du bad buzz. “La population est jeune. Un petit problème… et un tweet énervé peut enflammer la Toile. Dans ce cas, il faut agir vite.” Comment s’y prend-il ? “À partir d’un commentaire négatif du type ‘l’école vend ses diplômes’, je vais chercher à faire émerger du contenu positif, en donnant de la visibilité à des messages d’étudiants qui disent exactement l’inverse.”

Et les études d’histoire dans tout ça ?

À ceux qui s’étonnent de voir un docteur en histoire passer maître en réseaux sociaux, Anthony Grolleau-Fricard avance une explication : “Face au déluge de flux et à l’emballement de l’information, il est essentiel de prendre du recul et de la hauteur. Il faut pouvoir comprendre la manière dont l’information circule.”

En la matière, il se sent plutôt bien armé. “Faire une thèse implique de manipuler des statistiques, de gérer des masses considérables d’informations qu’il faut classer, synthétiser… Autant de compétences indispensables à un bon CM !”

Communication : notre conférence EducPros
La prochaine conférence EducPros, organisée le 23 janvier 2014, a pour thème "Communication digitale : évaluez votre retour sur investissement". Découvrir le programme.

Isabelle Dautresme  |  Publié le

« introduction article suivant »

0

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :