On en parlePourquoi les écoles d'ingénieurs peinent à attirer les filles
Enquête | Relations entreprises

Entreprises-établissements : partenariats à l’international

Jessica Gourdon  |  Publié le , mis à jour le

0 commentaire

Sur un marché mondialisé, la concurrence économique comme la guerre des talents font rage. Les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises l’ont compris : pour résister, mieux vaut partir en rangs serrés. Panorama des partenariats qui font recette.

Dans un cadre français, la méthodologie est souvent bien rodée. De plus en plus d'entreprises, petites ou grosses, savent comment avancer main dans la main avec des écoles ou des universités. Mais qu'en est-il lorsqu'il s'agit de mener des ­actions à l'international ? Comment entreprises et établissements français arrivent-ils à pactiser, lorsque les enjeux dépassent les frontières ?

Les stratégies gagnantes sont celles où les deux parties trouvent leur intérêt. D'un côté, des établissements qui souhaitent renforcer leur ­notoriété à l'international, ­former plus d'élèves étrangers, ou favoriser l'employabilité de leurs étudiants. De l'autre, des entreprises qui veulent, selon les cas, disposer à l'étranger de jeunes formés "à la ­française", repérer de bons ­étudiants aux profils internationaux, ou encore profiter d'une expertise de recherche biculturelle.

Si les formes de ces partenariats sont multiples, une chose est sûre : cette quête n'est pas un long fleuve tranquille. Tout d'abord parce que côté entreprises, ces partenariats sont mis à l'épreuve pendant les périodes de crise. Plus neufs, ces accords sont aussi plus compliqués à mettre en œuvre, et plus fragiles que ceux qui se limitent au cadre français. ­Petit tour d'horizon des montages fructueux.

1. Former à l'étranger des étudiants "à la française"

Total ne cache pas son ambition de se développer en Chine, via ses partenariats avec des entreprises locales. Le recrutement de cadres pour accompagner cette croissance est une question sensible : ­Total cherche des jeunes ingénieurs chinois qui soient formés à la fois à la technique et au management, avec une vraie expérience terrain. Et qui soient aussi capables de comprendre des contextes culturels différents. "C'est le profil de l'ingénieur à la française, affirme Arnaud Poitou, directeur de Centrale Nantes. En Chine, la formation d'ingénieur est bien plus théorique, et n'intègre pas la dimension du leadership. Et c'est sans dire qu'envoyer des Français sur place coûte très cher."

Ce sont des constats de ce type qui ont amené les quatre Écoles centrales, accompagnées par dix entreprises françaises (Total, Safran, EADS...) à créer Centrale Pékin il y a huit ans. Les étudiants chinois sont formés pendant cinq ans par des professeurs français, apprennent la langue, ­réalisent souvent un stage en France. Les entreprises contribuent au financement de l'école (environ 50 .000 € par an), également soutenue par le gouvernement chinois.

À la sortie, ces sociétés raffolent de ces ingénieurs bicultu­rels. "Au cours de notre forum carrière à Pékin, il y avait davantage de postes à pourvoir que d'étudiants ! La moitié de nos diplômés ont trouvé leur emploi dans les filiales chinoises d'entreprises françaises", affirme Arnaud Poitou.

Cette stratégie, les Écoles centrales ne sont pas les seules à la mener. Avec la bénédiction des autorités chinoises, Airbus a créé avec l'ISAE (Institut supérieur d'aéronautique) et l'ENAC (École nationale d'aviation civile) un master en aéronautique, en partenariat avec la Civil Aviation University de Tianjin. ­Depuis 2004, 450 étudiants chinois ont été diplômés, et une bonne partie d'entre eux travaillent dans les filiales d'Airbus.

Outre la nécessité d'obtenir toutes les autorisations et reconnaissances académiques locales, les difficultés de ce type d'accords reposent sur la fragilité financière de ces modèles, dépendant pour beaucoup du soutien des entreprises. Avec la crise, plusieurs sociétés, comme Orange ou PSA, ont décidé de stopper leur soutien financier à Centrale Pékin. De même que la fondation Nicole Bru, qui avait largement aidé l'école à démarrer. Mais conduit Centrale Pékin à rechercher un modèle plus pérenne.

Lire la suite de l'enquête sur Interface (payant)

Interface, la lettre des relations écoles-universités-entreprises

Comment optimiser sa récolte de la taxe d’apprentissage ? Comment améliorer l’insertion professionnelle de ses jeunes diplômés ? De quelle manière établir des partenariats avec des PME ? La réponse est dans Interface, la nouvelle lettre bimensuelle qui facilite les relations entre l’enseignement supérieur et le monde économique.

Lancée par l’Etudiant-EducPros et l’Entreprise, Interface s’adresse aux professionnels des relations écoles-universités-entreprises (directeurs d’établissements, responsables des relations entreprises, BAIP, mais aussi campus managers, recruteurs, RH…).

Dans chaque numéro, huit pages de conseils, d’analyses et de bonnes pratiques mais aussi toute l’actualité du secteur, les manifestations et les nominations qui comptent.

Interface est disponible sur abonnement

Jessica Gourdon  |  Publié le , mis à jour le

0 commentaire

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :