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Enquête
Evaluer des travaux

Rédiger l’appréciation : formalité administrative ou exigence professionnelle ?

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La prose des appréciations

La lecture attentive des bulletins trimestriels pour une classe, pour un élève, est férocement révélatrice, et on peut comprendre le désarroi si ce n’est l’angoisse de l’élève, mais aussi des parents devant un document si peu clair dans sa formulation, ses objectifs, ses raccourcis, ses silences. Par exemple :

– « Majid apprend bien ses leçons. Mais il est terriblement distrait. Il oublie son ouvrage de maths, ses chaussures de gym et parfois sa tête. »

– « Bonne application. Kevin fait des efforts. Qu’il continue ! »

– « Ne connaît pas ses temps primitifs. Quid du vocabulaire de la semaine dernière ? »

– « Attention aux commentaires pour faire rire. »

– « Merci pour ta belle énergie dans le travail d’improvisation et dans les coups durs. »

– « Le calcul des intégrales reste un problème. Faudrait s’améliorer. »

On oscille entre le pur constat, l’invitation vague, la menace ou le panégyrique. Les informations portent souvent sur un diagnostic des difficultés, tous ordres confondus (psy, comportement, méthodes…). Le destinataire est tour à tour : l’administration, l’élève, les parents. On peine à extraire la valeur du travail effectué, les compétences atteintes par l’élève, et les moyens de l’améliorer. Le parasitage de l’information donnée est constant dans ce domaine. La plus grande prudence est de mise, cela devient même une exigence professionnelle.

           

Comment sont reçues les appréciations ?

Une enquête originale, menée auprès d’élèves et de parents et portant sur une liste de 1 000 appréciations non reconstruites extraites de bulletins d’élèves de fin du secondaire, donne un éclairage particulier à la question : les élèves comme les parents attendent en priorité des informations précises, claires, personnelles, justes et vraies, rejetant les formules « banales et insipides » pouvant s’appliquer à toute la classe.

L’étude des mots contenus dans les appréciations distingue quelques thèmes dominants, à savoir, par ordre décroissant d’importance : le travail, envisagé tant sous l’aspect quantitatif que qualitatif ; l’élève (sa personne, ses capacités, son attitude…) ; la participation ; et les résultats, en fin de classement seulement.

Parmi les mots utilisés, les termes à connotation positive sont majoritaires, avec une préférence marquée pour les adjectifs « bon », « sérieux » et « satisfaisant ». « Insuffisant » et « difficultés » sont les termes les plus utilisés pour exprimer un jugement négatif, alors que « moyen » et « juste » sont considérés comme ayant un sens neutre ou ambigu et peuvent dès lors être interprétés diversement. Par exemple « spontané », « constant », « discret », « réservé » sont des mots ambigus relatifs au degré d’implication de l’élève, qui peuvent indiquer des défauts ou des qualités en fonction du contexte. L’emploi de ces derniers doit donc être accompagné de précisions quant au sens à leur accorder, par des compléments circonstanciels, de nature à enrichir considérablement le jugement évaluatif et à intégrer dans celui-ci à la fois le diagnostic et les possibilités de remédiation.

A été également relevé le caractère généralement bref des appréciations, réduites le plus souvent à une seule proposition syntaxique non verbale. Le style télégraphique utilisé par de nombreux enseignants, s’il permet à l’évidence de « gagner du temps et de la place », renforce toutefois le caractère doublement impersonnel des appréciations. D’une part, elles ne paraissent pas traduire un avis que l’enseignant prend réellement à son compte, d’autre part, elles ne s’adressent pas à l’élève ou aux parents de façon explicite.

En savoir plus : Sept conseils pour remplir les bulletins

Nous vous proposons sept conseils pour remplir les bulletins scolaires.

1. Impliquez-vous dans le message transmis : privilégiez le « je ».

2. Précisez au besoin le destinataire (élève ou parent) des différentes informations transmises.

3. Rédigez des phrases complètes.

4. Privilégiez les verbes d’action.

5. Contextualisez : les compléments d’objets et les compléments circonstanciels.

6. Préférez plutôt le futur et le conditionnel.

7. Évitez les termes ambigus ou neutres.

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