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Enquête | Relations entreprises

Favoriser l’entrepreneuriat dans les universités et les écoles : pour quoi faire ?

Jean Chabod-Serieis  |  Publié le

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L’idée est à la mode : apprendre aux étudiants à entreprendre, voire à créer leur propre "business". Des cursus qui peuvent se révéler coûteux pour les écoles mais dont elles peuvent tirer bénéfice, à condition de se regrouper et d’intégrer l’entrepreneuriat tôt dans les cursus.

Comment favoriser l'esprit d'entreprise chez les étudiants ? C'est la démarche de l'appel à projets lancé au printemps 2014 par le ministère de l'Enseignement supérieur pour la création de “Pepite” (Pôles étudiants pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat), dont le but est de favoriser l'esprit d'entreprise chez les étudiants. Le montant alloué aux 25 pôles (groupements d'universités, de grandes écoles, de partenaires institutionnels et privés) titulaires de l'appel à projets avoisine les 4,6 millions d'euros sur trois ans, qui s'ajoutent aux 3 millions d'euros déjà levés en 2010 dans le précédent appel à projets baptisé PEE (Pôles de l'entrepreneuriat étudiant).

Cette enveloppe est destinée à accompagner la formation des étudiants à l'entrepreneuriat et à l'innovation et à les aider dans leur projet de création d'entreprise. Cela passe par des formations à l'entrepreneuriat, le transfert et la propriété intellectuelle, la création d'un statut étudiant-entrepreneur et un soutien financier.

Dans entrepreneuriat, il ne faut pas seulement entendre création d'entreprise, mais aussi état d'esprit, c'est-à-dire la disposition d'un étudiant ou d'un salarié à innover, à imaginer des solutions. C'est à tout cela que l'enseignement supérieur veut désormais se consacrer, les écoles d'ingénieurs et de commerce ayant précédé les universités dans cette dé­marche. Les établissements n'ont, en effet, pas attendu les appels à projets pour se lancer, et des dispositifs existent depuis plusieurs années : diplômes universitaires estampillés “Entrepreneuriat”, Junior-Entreprises, sensibilisation des étudiants via les Baip (bureaux d'aide à l'insertion professionnelle).

Mais quel bénéfice peut retirer un établissement, qu'il soit public ou privé, à encourager l'entrepreneuriat ? Ne prend-il pas le risque de s'éloigner du vivier traditionnel des entreprises en encourageant les étudiants à créer leur propre “business” ? Il n'en est rien, car le dispositif favorise surtout un état d'esprit dont raffolent les recruteurs.

Le dispositif favorise surtout un état d'esprit dont raffolent les recruteurs.

L'intérêt est d'abord pédagogique. “Cela donne du sens aux cours, se félicite Alexandre Kesteloot, responsable du Pepite Beelys, l'un des plus gros de France puisqu'il fédère 140.000 étudiants autour de l'université de Lyon. Les étudiants se disent : ‘Ah, tiens, ce cours, je pourrais l'utiliser dans mon projet entrepreneurial.’ C'est de la mise en pratique de savoir-faire : on n'est plus dans le savoir mais dans la compétence même.” “On est dans la pédagogie par l'action, renchérit Christophe Schmitt, responsable du Pepite By Peel [55.000 étudiants fédérés autour de l'université de Lorraine]. On ne peut pas aborder l'entrepreneuriat avec des formes classiques de pédagogie. Quand l'étudiant est en action, l'apprentissage se fait mieux, le lien avec les connaissances est fort. C'est vrai aussi hors de l'entrepreneuriat : mais la discipline est devenue un prétexte pour développer cette approche.”

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Jean Chabod-Serieis  |  Publié le

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