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Enquête | Relations entreprises

Génération “Y” : une étude de l’EDHEC veut déjouer les clichés

Morgane Taquet  |  Publié le

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Impatients, immatures, irresponsables, chez les recruteurs, les jeunes ont mauvaise presse. L’EDHEC a mené l’enquête auprès des entreprises qui emploient ses diplômés dans le cadre de "Graduate Programmes".

Lancé en octobre 2012, le NewGen ­Talent Center, centre d'études interne à l'EDHEC, est né d'une "intuition qui s'est transformée en parti pris. Le centre est là pour étudier les relations jeunes diplômés-entreprises et expérimenter les meilleurs dispositifs de ré-enchantement. Or, nous avions l'impression que ce que nous lisions sur les jeunes dans les médias, ce que nous entendions dans les colloques ne correspondait pas aux personnes que nous avions devant nous", raconte Manuelle Malot, directrice Carrières et Prospective.

Impatiente, immature, peu intéressée par le monde de l'entreprise..., autant d'images associées à la génération Y que Manuelle Malot a souhaité questionner dans la première publication du centre intitulée "Les compétences de la nouvelle génération face aux besoins d'entreprises globales". Ce travail, fondé sur plusieurs études internes et externes, met en regard les attentes d'étudiants et de jeunes diplômés de l'EDHEC – et d'autres établissements – et les critères de recrutement de plus de 300 entreprises mondiales (1), en particulier dans le cadre des très sélectifs "Graduate programmes". Créés par les grandes entreprises pour sélectionner et fidéliser de "hauts potentiels", ils proposent à des jeunes diplômés un cadre de travail privilégié : changement de poste tous les ans, parfois dans des pays différents, séminaires de formation... Des conditions qui restent pourtant l'apanage d'un petit nombre au sein d'une génération de diplômés. Toutefois, l'étude livre des indices intéressants au regard des clichés persistants.

Une génération plus performante ?

Premier constat, l'adéquation entre l'offre des entreprises et les attentes de ces jeunes diplômés. En effet, leurs trois principales motivations : le développement international, la diversité des missions et l'envie de continuer à apprendre constituent "un triptyque cohérent au regard des perspectives ­offertes dans les 'graduate programmes'". En outre "l'entreprise est considérée comme un lieu d'épanouissement pour une très large majorité de jeunes diplômés", souligne Manuelle Malot. Autre ­remarque : 95% des entreprises interrogées jugent les jeunes diplômés performants, voire très performants en ce qui concerne "la capacité à apprendre et à grandir" au sein de l'entreprise. "C'est une ­bonne nouvelle et une surprise, une preuve d'humi­lité et de maturité, que l'on accorde rarement à ces jeunes", commente Manuelle Malot. Une observation que l'on peut notamment mettre sur le ­compte de "l'environnement économique et politique plutôt anxiogène" dans lequel ils ont grandi.

Alors, comment expliquer la persistance des stéréotypes sur la génération Y ? "Il y a davantage d'études comportementales que d'études sur les compétences des jeunes", remarque la directrice. Par ailleurs, le centre s'est intéressé avant tout aux jeunes diplômés de niveau masters français et internationaux de l'EDHEC, une population qui ne saurait à elle seule ­incarner toute une génération.

Ces jeunes diplômés ont encore des marges de progression. À en croire les résultats de l'étude, ils pourraient avoir "davantage confiance en eux". Une qualité qui permettrait à ces managers en herbe de gagner en "leadership" tout en "préservant une humilité tout à fait essentielle", souligne Manuelle Malot. Par ailleurs, la créativité et l'innovation, "qui semblent pourtant naturelles chez un jeune", ne sont pas toujours au rendez-vous. Alors que certains pointent le "formatage" et l'élitisme du système français des grandes écoles, Manuelle Malot préfère invoquer la pression du regard extérieur : "Les diplômés des grandes écoles ont parfois eu à affronter certains regards critiques sur leur prétendue autosatisfaction qui ont sans doute eu pour conséquence de brider leur créativité."

Pour compléter ses observations, le centre d'études se penchera d'ici l'automne 2013 sur les meilleures pratiques d'intégration et de fidélisation des jeunes par les entreprises. Une étude dont le panel sera élargi aux diplômés d'écoles d'ingénieurs.

(1) Sources EDHEC : Étude des critères de recrutement d'un panel de 347 entreprises mondiales, enquête qualitative auprès de 50 participants à des Graduate programmes, Évaluation des "soft-skills" EDHEC. Sources externes : Universum 2013, étude Deloitte avril 2013 sur l'entreprise idéale de demain.

Les anglo-saxons à l'écoute des jeunes
Parmi les entreprises interrogées, "les entreprises anglo-saxonnes sont celles dont les attentes sont le plus en adéquation avec les compétences de nos diplômés", observe Manuelle Malot. Un phénomène qui s'explique par "la longueur d'avance prise sur les programmes spécifiques d'intégration et de fidélisation tels que les Graduate programmes".
En termes de secteur, les débuts de parcours proposés par les institutions financières et les cabinets de conseil collent au plus près des motivations des diplômés.

Morgane Taquet  |  Publié le

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