On en parleEnseignement supérieur : les chantiers qui attendent Benoît Hamon
Enquête
Le marché de la sécurité scolaire

Qui décide d’installer un système de sécurité et qui le finance ?

Grégory Danel  |  Publié le , mis à jour le

0 commentaire

Qui décide d’installer un système de sécurité et qui le finance ?
(omk_489/flickr)

Confronté à des vols, effractions répétées, intrusions ou encore à des trafics aux abords du collège ou du lycée, un chef d’établissement peut demander à sa collectivité territoriale de tutelle (le conseil général pour les collèges, la région pour les lycées) l’installation d’une clôture de sécurité ou de caméras de vidéosurveillance. Responsable des bâtiments, celle-ci décide d’ouvrir ou non une ligne « exceptionnelle » de crédits pour la sécurité des établissements, comme c’est le cas depuis 1999 pour la région Île-de-France .

Les collèges et lycées « les plus riches » peuvent, eux, puiser directement dans leur fonds de réserve. Certains chefs d’établissement ont accumulé au fil des années de véritables « trésors de guerre » et peuvent financer par leurs propres moyens un système de vidéosurveillance malgré sa cherté. C’est le cas de lycées professionnels, qui disposent de financements variés, grâce notamment à la taxe professionnelle.

L’initiative peut également venir directement de la collectivité, comme pour les Hauts-de-Seine ou l’Isère. Cette démarche n’est pas dépourvue de visée politique. « Les élus considèrent qu’il est électoralement payant d’afficher une politique “sécuritaire” pour rassurer les parents d’élèves », remarque un responsable du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale), le premier syndicat de chefs d’établissement.

Reste que ce sont les conseils d’administration qui entérinent ou non l’installation de ces nouveaux équipements. Ce sont donc les représentants de la communauté éducative (enseignants, parents, élèves, administratifs) qui décident en dernier ressort. Exemple : le conseil général de l’Isère avait en 2006 proposé à ses collèges l’installation de portiques de sécurité. Or, sur les 96 établissements du département, aucun n’en a fait la demande. « La mesure est toujours dans les cartons », indique André Colon-Bouvard, vice-président du CG-38.

« Les conseils d’administration ont dû estimer que l’argent du contribuable serait mieux utiliser ailleurs », sourit de son côté Serge Paillard, cosecrétaire général du SNES (Syndicat national des enseignements de second degré) isérois .  Une chose est certaine : l’administration de l’Éducation nationale n’a pas son mot à dire.

Dossier réalisé en novembre 2007

Grégory Danel  |  Publié le , mis à jour le

« article précédent article suivant »

0 commentaire

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :