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Enquête
Les voyages scolaires ou l'école "hors les murs"

Comment financer un voyage scolaire ?

Anne Mascret  |  Publié le , mis à jour le

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Souvent méconnues, les sources de financement possibles des voyages scolaires sont pourtant variées. Pour les sorties facultatives, c’est-à-dire qui dépassent le temps scolaire, il est légal de demander une participation aux familles. Le problème est que le coût de ces sorties ne cesse d’augmenter, que ce soit à cause de la hausse du prix du gasoil ou encore du durcissement de la législation sur les transports, qui oblige par exemple les organisateurs, pour des raisons de sécurité, à multiplier le nombre de chauffeurs. Le coût moyen d’un VSE (voyage scolaire éducatif) est aujourd’hui de 350 euros par élève[1].

Un prix faible si on le compare aux 1 500 euros nécessaires pour partir en voyage individuel, mais encore beaucoup trop élevé pour certains ménages, qui peuvent alors être aidés par le FSE (foyer social éducatif) de leur établissement. En effet, la circulaire du 20 août 1976 relative aux sorties et voyages collectifs d'élèves précise que le coût du voyage « ne doit en aucun cas avoir pour conséquence une ségrégation des élèves en fonction des ressources financières de leurs familles ». Le FSE verse alors un don préalablement approuvé par le conseil d’administration de l’EPLE (établissement public local d’enseignement).

Pour alléger le coût du voyage, les parents d’élèves peuvent organiser des kermesses ou autre vente de gâteaux. « En revanche, ces initiatives ne peuvent venir de l’enseignant, qui pourrait alors être taxé de concurrence déloyale ou de travail illégal des enfants », indique le SNES (Syndicat national des enseignants du second degré).

Il est aussi possible de faire appel aux subventions des collectivités territoriales (communes, conseils généraux, conseils régionaux), souvent actives dans ce domaine. La région Alsace, par exemple, octroie des fonds à toute sortie scolaire visant à aller sur des lieux de mémoire. Avec le programme « Trans’Europe Centre », la région Centre a, elle, décidé de financer en intégralité un séjour éducatif de cinq jours minimum en Europe, durant la scolarité de tout lycéen. Les Hauts-de-Seine organisent de leur côté un concours pour les classes de sixième, cinquième et quatrième, chaque classe lauréate étant récompensée par un voyage. Des associations, comme l’Office franco-allemand pour la jeunesse, peuvent également participer au financement de voyages à l’étranger.

Il est autorisé de recourir à des subventions d'entreprises privées, dans la mesure où cette aide financière n'est pas assortie d'une obligation publicitaire.

Pour ce qui est de la part des accompagnateurs, elle ne peut être prise en charge par les familles. Il faut donc puiser la somme dans le budget de l’établissement. « Cela n’est pas un frein au départ, car cela représente une somme minime eu égard au budget d’un établissement, explique Bernard Vieilledent, proviseur du lycée Mermoz à Saint-Louis (Alsace). La plupart du temps, nous prenons cette somme dans le chapitre A1, réservé aux activités éducatives et pédagogiques, dans le chapitre J3 du projet d’établissement ou encore dans le N85, correspondant aux subventions spécifiques des collectivités territoriales. »

Toujours est-il que cela peut induire une certaine inégalité entre établissements, selon leur budget. Le fait est que les écoles du privé organisent beaucoup plus de voyages que celles du public, car elles les ont intégrés dans leur budget depuis longtemps. Selon le SNES, les voyages devraient faire partie du projet pédagogique de l’établissement et donc être obligatoires, afin de promouvoir plus d’égalité.


[1] Voyage de 4 jours et 3 nuits en Angleterre, en famille d’accueil, au départ de Paris, en autocar.

Anne Mascret  |  Publié le , mis à jour le

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