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Enquête | Orientation

Quand les lycéens se mettent dans la peau des étudiants

Natacha Lefauconnier, Isabelle Dautresme  |  Publié le , mis à jour le

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Des élèves de seconde  en résidence  à l'université de Cergy Pontoise
Des élèves de seconde en résidence à l'université de Cergy Pontoise // © Université de Cergy pontoise

Les journées d'immersion des lycéens à l'université se multiplient... parfois même dès la classe de seconde. Leurs buts ? Attirer des bacheliers mieux informés et mieux préparés. Des pratiques que le ministère souhaite voir se développer, mais qui restent difficiles à évaluer, tant du point de vue du coût que de l'efficacité.

Cergy-Pontoise accueille des élèves de seconde

L'université de Cergy-Pontoise n'attend pas que les lycéens soient en terminale pour s'intéresser à eux. Depuis 2011, une centaine d'élèves de seconde venus de neuf lycées, tous classés en éducation prioritaire, passent trois jours dans ses locaux pendant les vacances d'hiver. L'objectif ? "Faire découvrir l'université à des jeunes éloignés du monde universitaire", explique Sabine Lepez, vice-présidente en charge de l'orientation à l'UCP.

Au menu : présentation des matières enseignées et des métiers auxquels ouvrent ces formations. Comme il n'est pas question de faire un cours théorique, au risque de perdre l'auditoire, l'université invite des professionnels à présenter leur activité.

Rendre les lycéens acteurs de leur orientation

Et pour accrocher davantage des élèves pour lesquels les questions d'orientation semblent encore lointaines, l'université fait appel à des artistes. En alternance avec les temps "informatifs", acteurs ou plasticiens "travaillent" avec des élèves en petits groupes sur des thèmes en lien avec l'université, comme l'autonomie ou l'engagement.

"Il faut mettre les jeunes en action pour qu'ils deviennent acteurs de leur orientation et qu'ils se l'approprient", martèle la vice-présidente. À l'issue des trois jours, les jeunes mettent en scène leur travail devant des chefs d'établissement et des enseignants, généralement nombreux à avoir fait le déplacement.

Un dispositif qui profite à plus d'une centaine de jeunes chaque année. "Mais l'université doit refuser des demandes", regrette la vice-présidente. Difficile pourtant de l'étendre, tant il est coûteux financièrement et humainement, assure l'université, qui n'est pas en mesure d'avancer de chiffres précis.

Quant à son efficacité, elle reste difficile à mesurer en l'absence d'évaluation quantitative. D'après les questionnaires distribués aux élèves à l'issue de l'expérience, 88% se disent tout de même"satisfaits de leur découverte". Un bon début...

Lyon 3 guide des élèves de première dans leur orientation

À Lyon 3, APB commence dès la première. Dès la rentrée 2015, les élèves de première auront la possibilité de préfigurer leurs choix APB sur un espace numérique accessible via un logiciel intranet dont les lycées sont déjà équipés. "Ils pourront élaborer une liste de souhaits d'orientation, mais aussi les classer", détaille Stéphane Pillet, vice-président chargé du conseil des études et de la vie universitaire à Lyon 3.

Se renseigner et récapituler son projet

Autre avantage de cet espace virtuel : "Un élève qui aura collecté une masse d'informations sur une filière (compétences requises, contenus des enseignements, débouchés...) pourra procéder à une analyse de ces données et rédiger une page récapitulant son projet, qui sera conservée sur ce même espace."

L'objectif ? Améliorer les projets des élèves, mais aussi faire passer un message aux lycéens : "Contrairement à une idée largement répandue, l'université ne peut pas accueillir tout le monde, met en garde Stéphane Pillet. Certaines filières en tension à Lyon 3, comme le droit, les filières de LEA ou AES, doivent être choisies en vœu 1 sur APB lorsqu'on veut être sûr d'avoir une place."

l'UBO ouvre son campus aux terminales

Proposer à des lycéens de terminale de jouer les étudiants d'un jour, c'est le pari qu'a fait l'université de Bretagne occidentale. Le principe est simple : un lycéen qui le souhaite peut venir à l'université une journée, n'importe quand dans l'année, et "partager l'emploi du temps" d'un étudiant. Exit discours institutionnels et présentation académique des filières, et bienvenue aux cours, TD, déjeuner à la cafétéria, révisions à la BU...


Les cars de lycéens qui viennent à l'université comme au zoo, cela ne fonctionne pas.
(C. Archueri)

"L'idée de ces journées est de montrer la dimension humaine de l'université et de libérer la parole. Un lycéen aura moins de mal à poser des questions à un pair plutôt qu'à un prof d'université", souligne Catherine Archueri, vice-présidente en charge du continuum lycée-université.

Et d'ajouter : "Les cars de lycéens qui viennent à l'université comme au zoo, cela ne fonctionne pas. Il est préférable de mettre en place des dispositifs de plus petite envergure et de faire du sur-mesure".

En 2014-2015, pas moins de 7.000 lycéens ont bénéficié de cette immersion universitaire. Lancé en 2008 dans les UFR de droit et de Staps, ce dispositif a vocation à essaimer dans les autres disciplines.

Orléans invite les lycéens à mettre le cap sur la science

Encourager les lycéens, particulièrement les lycéennes, à s'orienter vers les sciences et leur donner les moyens de réussir, tel est l'objectif du dispositif Edifice mis en place par l'université d'Orléans en 2013.

Les élèves de seconde des trois lycées partenaires de l'université qui ont choisi l'enseignement d'exploration MPS (méthodes et pratiques scientifiques) ont la possibilité de "travailler" en petits groupes avec un doctorant de l'université, pendant les trois années de lycée.

Participer au processus de création scientifique avec des doctorants

"L'idée n'est pas de faire de la vulgarisation scientifique, mais d'associer les élèves à des travaux de recherche, donc de les faire participer au processus de création scientifique", précise Youssoufi Touré, président de l'université orléanaise.

L'occasion aussi d'établir des connexions entre enseignants du secondaire et du supérieur. "En voyant leurs élèves participer à des recherches de haut niveau, les enseignants prennent conscience de leurs capacités !" insiste le président.

Les 75 doctorants qui encadrent les quelque 300 jeunes y trouvent également leur compte. "Rendre accessible des travaux complexes à des jeunes leur demande un gros effort de pédagogie, forcément bénéfique", fait valoir Youssoufi Touré. Quant aux élèves, ils décrochent non seulement de meilleures notes aux TPE mais aussi au bac.

Aller plus loin
− Ces actions seront évoquées lors de la conférence EducPros du 15 octobre : « comment attirer et recruter les meilleurs étudiants ? »
− Le "continuum bac - 3/bac + 3" a été lancé par le ministère en 2014.

- Ces lycéens qui goûtent à l'enseignement supérieur (février 2015)

Natacha Lefauconnier, Isabelle Dautresme  |  Publié le , mis à jour le

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