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Pédagogie à l'université : des paroles et des actes

Les services universitaires de pédagogie en mode lobbying

Sophie Blitman  |  Publié le

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L'université de Bretagne Occidentale © Benjamin Deroche
L'université de Bretagne Occidentale © Benjamin Deroche

Officialiser l'existence des SUP (Services universitaires de pédagogie) et se structurer de manière à peser dans le débat public : tel est l'objectif de l'association créée en octobre 2014. À sa tête, Michel Beney, directeur du Siame (Service d'ingénierie d'appui et de médiatisation pour l'enseignement) de l'UBO (université de Bretagne occidentale), défend une approche de terrain et surtout non dogmatique.

Michel Beney, président de l'association des SUP (services universitaires de pédagogie) créée en octobre 2014.En octobre 2014, les SUP (Services universitaires de pédagogie) se sont regroupés en association dont vous avez été élu président. Jusque-là, ils étaient réunis au sein d'un consortium. Pourquoi cette évolution ?

Les SUP existent depuis plus d'une dizaine d'années et l'acronyme est utilisé partout mais il ne s'agit pas d'un service commun doté d'une existence officielle, comme c'est par exemple le cas de la formation continue. La création de l'association vise à gagner une meilleure visibilité, à pérenniser le réseau et être mieux reconnus sur le plan institutionnel : nous souhaitons devenir un interlocuteur officiel pour le ministère, les syndicats, la CPU (Conférence des présidents d'université) ou encore d'autres associations professionnelles comme l'ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation) ou Parfaire (qui rassemble les responsables formation des établissements d'enseignement supérieur, ndlr).

Notre but est de partager les bonnes pratiques et d'interpeller les institutions en faisant remonter les points de vue et préoccupations de nos membres. Ce qui signifie un travail de lobbying important.

Aujourd'hui, nous comptons 12 membres. Il s'agit d'universités ou d'écoles d'ingénieurs internes qui adhèrent en désignant un représentant. Mais d'après les contacts que nous avons eus, nous devrions rapidement atteindre le chiffre de 25.

Qu'est-ce qui vous réunit ?

Au-delà des appellations – car tous les services ne portent pas le nom de "SUP" –, notre dénominateur commun est l'accompagnement pédagogique des enseignants du supérieur.

Nous avons par ailleurs écrit une charte qui pose quelques principes : promouvoir la pédagogie à l'université, être à l'écoute des enseignants, respecter les spécificités disciplinaires et locales, ou encore éviter tout point de vue dogmatique. Par exemple, si nous réfléchissons à la manière de rendre les cours magistraux plus interactifs, nous considérons également qu'ils peuvent avoir du sens quand l'étudiant est passif, au même titre qu'une conférence : tout dépend des objectifs que se fixe l'enseignant.

Notre déontologie se fonde sur le conseil plus que sur la prescription : nous ne portons pas de jugement de valeur sur les pratiques des collègues. C'est pourquoi nous estimons qu'il est préférable qu'un SUP soit dirigé par un enseignant-chercheur, un enseignant ou un formateur afin de garder le lien avec le terrain et afin de ne pas avoir des positions théoriques concernant la pédagogie dans le supérieur.

Par ailleurs, nous refusons d'aborder la question pédagogique par l'outil et de réduire l'innovation au numérique. Ensuite, en fonction de l'histoire de chaque service, le curseur est placé plus ou moins près des technologies.

Notre déontologie se fonde sur le conseil plus que sur la prescription.

La pédagogie est entrée dans les discours officiels. Comment percevez-vous cette évolution ?

Ce qui était un tabou devient un sujet dont on parle de plus en plus et qui s'affiche beaucoup plus clairement. Dire que l'on va former les enseignants à la pédagogie est nouveau, et c'est évidemment une bonne chose.

La question désormais est de savoir comment cette volonté se traduira sur le terrain : les présidents vont-ils transformer les services Tice existants en intégrant les questions pédagogiques ou en créer de nouveaux ? Quelles reconfigurations les Comue (Communauté d'universités et établissements) et les Espé (Écoles supérieures du professorat et de l'éducation) vont-elles engendrer ? La réflexion est engagée et nous comptons bien y participer. Avec, toujours, l'objectif que les étudiants apprennent mieux et que nos diplômes soient valorisés.

 

Les SUP se réorganisent
Créée en octobre 2014, l'association des SUP a réuni son conseil d'administration composé de : Michel Beney (UBO Brest), Jacques Dejou (Marseille), Frédéric Chirat (Lille 1), Catherine Couturier (Artois), Roselyne le Squere (UBS Lorient), Nathalie Samier (Angers), Pierre Pottier (Nantes).

Les membres élus du bureau sont : Michel Beney (président), Frédéric Chirat (vice-président), Jacques  Dejou (secrétaire général), Nathalie Samier (secrétaire générale adjointe) et Pierre Pottier (trésorier).

 

Sophie Blitman  |  Publié le

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