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Jacques Bahi : "Nous devrons aller a minima vers une Comue très fédérative"

De notre correspondant dans l'Est, Philippe Bohlinger  |  Publié le

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Jacques Bahi, président de l'université de Franche-Comté.
Jacques Bahi, président de l'université de Franche-Comté, brigue un deuxième mandat. // © Ludovic Godard/UFC

À la tête de l’Université de Franche-Comté (UFC) depuis avril 2012, Jacques Bahi sera candidat à un second mandat en mars 2016. Avec notamment pour objectif de rendre la Comue opérationnelle. Un projet conforté par l'obtention du label Isite, et des financements qui iront avec.

Quelles raisons vous poussent à postuler à un second mandat ?

Je souhaite tout d'abord faire aboutir les objectifs démarrés lors de ce mandat en matière de qualité de la formation, de lien formation-recherche-valorisation, de rénovation des campus et de qualité de vie des étudiants. Ensuite, j'aimerais aller au bout des engagements pris, en rendant la Comue opérationnelle, au service des établissements fondateurs et de l'ensemble de la communauté universitaire.

Vous avez toujours affiché votre préférence pour une Comue en Bourgogne-Franche-Comté plutôt qu'une fusion entre votre université et sa voisine bourguignonne (UB). Pourquoi ?

Je ne voyais pas de valeur ajoutée à une fusion entre deux universités délivrant des diplômes analogues à 100 km l'une de l'autre... À l'inverse, la Comue Université Bourgogne-Franche-Comté (UBFC), qui associe trois universités (l'UFC, l'UB et l'UTBM [université de technologie Belfort-Montbéliard]) et trois écoles (l'ENSMM [École supérieure de mécanique et de microtechniques], Agrosup Dijon et l'ESC Djion), offrait une complémentarité et un enrichissement au niveau de la recherche.

De plus, la Comue a permis un rapprochement entre nos composantes dans le nord de la Franche-Comté (l'IUT et l'UFR STGI à Montbéliard) et l'université de technologies de Belfort-Montbéliard (UTBM), qui tient à son indépendance.

Car, contrairement à l'UB, notre université est distribuée sur tout le territoire. Nous avons un IUT et l'Espé à Vesoul, une antenne à Lons-le-Saunier et 6.000 étudiants dans l'important bassin industriel de Belfort-Montbéliard, qui accueille des groupes comme GE (General Electric), Alstom ou PSA Peugeot-Citroën.

Enfin, les établissements de la Comue partagent certaines spécificités, comme les sciences de l'ingénieur, enseignées à l'UTBM, à l'ENSMM et à l'UFC, qui a lancé huit masters en ingénierie.

Je ne voyais pas de valeur ajoutée à une fusion entre deux universités délivrant des diplômes analogues à 100 km l'une de l'autre...

La gouvernance d'un ensemble aussi hétérogène ne risque-t-elle pas de freiner les ambitions de la Comue ?

Les établissements doivent apprendre à travailler ensemble. Plus tard, nous devrons aller a minima vers une Comue très fédérative, avec une gouvernance simple, qui tienne compte des spécificités des sites et de la subsidiarité dans la prise de décision. Nous sommes attendus sur ce volet "gouvernance" dans le cadre du projet I-site porté par l'UBFC.

Mon souhait est qu'un projet de cette ampleur irrigue l'ensemble de la communauté universitaire. Pour le moment, nous apprenons à marcher. Nous avons confié nos écoles doctorales à la Comue, nous travaillons à une carte de formation concertée. Il n'y aura pas de fermeture de programmes, peut-être des spécialisations à la marge.

L'UFR Sports de Djion et de Besançon, où toutes les formations sont cohabilitées, me semble un exemple intéressant de ce point de vue. La Comue doit favoriser un meilleur rayonnement des formations, et ne pas chercher à se répartir celles-ci.

Nous devons aussi mieux coordonner notre stratégie de recherche. Des laboratoires multitutelles sont complexes à gérer. Nous devons travailler à une délégation globale de gestion pour la Comue.

Vous lancez début 2016 cinq collegiums pour développer la stratégie de recherche de l'UFC dans leurs champs de formation respectifs. N'est-ce pas rajouter une strate administrative supplémentaire ?

Nous sommes partis d'un double constat. D'une part, les UFR – débordés – ont petit à petit perdu leur "R" de recherche. Parallèlement, certains laboratoires sont devenus très importants et ont gagné en indépendance. L'institut FEMTO-ST emploie ainsi aujourd'hui 700 personnes alors que seulement 10% de son budget est assuré par ses quatre tutelles.

Nous devions trouver un moyen de resserrer les liens entre formation et recherche. D'où l'idée de créer des instances d'aide à la décision, qui réunissent responsables de composantes, responsables de formation et directeurs de laboratoires. Il s'agirait d'instances de proposition. Rien ne se fera sans l'avis des conseils de gestion.

La Comue doit favoriser un meilleur rayonnement des formations, et ne pas chercher à se répartir celles-ci.

La hache de guerre a-t-elle été définitivement enterrée entre l'UFC et l'UTBM ?

L'UFC a engagé une collaboration avec l'UTBM dans le cadre du CPER 2015-2020. C'est une première, jusqu'alors, il existait plutôt une méfiance réciproque. Dans le cadre du projet éco-campus, nous allons construire un nouveau bâtiment dédié à la recherche et à la formation dans l'énergie sur le campus de Belfort. Ces locaux et la plateforme technologique qu'ils abriteront seront partagés par les enseignants-chercheurs de l'UTBM et de l'UFC.

Parallèlement, nous avons signé avec l'UTBM le 23 octobre 2015 un protocole d'accord sur l'enseignement, la recherche, la vie étudiante, etc. ; qui vise à affirmer l'émergence d'un troisième pôle d'enseignement supérieur en Bourgogne Franche-Comté à côté de ceux de Besançon et de Dijon. La mise en réseau de ces trois grands pôles grâce à la Comue est une réussite en termes de gouvernance et un point fort pour le dossier Isite.

De notre correspondant dans l'Est, Philippe Bohlinger  |  Publié le

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