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Quand l’enseignement supérieur s’empare du big data

Big data et recherche : un partenariat indispensable avec les entreprises

Céline Authemayou  |  Publié le

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Qui dit sujet naissant dit perspectives de recherche foisonnantes. Les établissements l’ont bien compris et les laboratoires dédiés aux mathématiques appliquées et à la statistique se sont emparés du big data depuis plusieurs années.

À Télécom ParisTech, le LTCI (Laboratoire traitement et communication de l'information) travaille notamment sur le sujet, ce qui permet aux enseignants-chercheurs de nourrir et de faire évoluer constamment leurs cours. “Le big data est un sujet nouveau, note Stéphan Clémençon, enseignant-chercheur au sein du LTCI. Il est donc indispensable que la recherche soit très active. Elle nous apporte le recul nécessaire et nous permet de comprendre les contraintes et les enjeux du secteur.”

Entre recherche fondamentale et recherche appliquée, les établissements semblent avoir trouvé un équilibre. Et misent sur les partenariats. Avec un avantage de taille, par rapport à d'autres domaines : le big data attire les entreprises. “Ce n'est pas pour rien que notre service des relations universitaires est rattaché à la direction innovation et recherche”, constate Josiane Gain, responsable de cette entité chez IBM France. Le mastodonte du secteur, leader sur le marché mondial de l'analyse de données, entretient en France des liens privilégiés avec une vingtaine d'établissements, tant au niveau de la formation – un MBA vient d'être créé en partenariat avec HEC – que de la recherche. “Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de création de valeur sans les universitaires”, conclut Josiane Gain.


Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de création de valeur sans les universitaires (J. Gain)

Les chaires, un lien privilégié


En matière de recherche partenariale, la chaire d'entreprise constitue une option prisée par les écoles. “Nous pourrions continuer de répondre à des appels d'offres mais on finit par s'épuiser à la tâche, avoue Stéphan Clémençon de Télécom ParisTech. C'est un casse-tête monumental qu'il faut constamment répéter. Avec les chaires, les conditions de travail sont plus confortables, puisque le contrat est conclu pour plusieurs années.” L'école parisienne va dans quelques mois donner naissance à sa troisième chaire dans le domaine de l'analyse des données. Elle sera consacrée au e-commerce.

De son côté, l'ESSEC a créé en décembre 2013, avec Accenture, la chaire Strategic Business Analytics. Les deux partenaires vont définir ensemble les sujets de recherche à privilégier au cours des prochaines années, identifier les équipes compétentes et, d'ici à quelques mois, publier les premiers articles. "Dans le monde du business analytic, il faut à la fois avoir une excellente méthodologie et disposer de données pour pouvoir travailler, détaille Nicolas Glady, enseignant à l'ESSEC et pilote de la chaire. Nous autres, académiques, avons des moyens méthodologiques mais ne possédons pas de données massives. Quant aux entreprises, qui disposent de ces données, elles n'ont pas de temps à consacrer à la recherche. L'échange est alors très simple : l'entreprise fournit les questions de terrain et les données tandis que l'école apporte les cadres conceptuels et la structure. La chaire se prête parfaitement à cet échange.”


Nous autres, académiques, avons des moyens méthodologiques mais ne possédons pas de données massives (N. Glady)


La thèse Cifre pour une interaction directe


Outre les chaires d'entreprises, les écoles privilégient un autre mode de recherche partenariale : la thèse Cifre.

À l'INSA Toulouse, cette initiative est fortement soutenue par les enseignants-chercheurs. Depuis janvier 2014, un doctorant prépare sa thèse au sein de l'entreprise Datasio, qui évolue dans le secteur du e-commerce. “C'est à mon sens l'outil le plus adapté au sujet, car il permet de créer une bonne interaction entre école et entreprise, argumente Philippe Besse, enseignant au sein de l'école. Les cinq années d'études d'ingénieur sont souvent un peu justes pour se pencher sur des sujets de pointe. Le doctorant peut lui attaquer de vrais problèmes de fond.” Et nourrir, en plus de sa propre réflexion, celle de son entreprise hôte et de son institut de recherche.

Céline Authemayou  |  Publié le

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