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Enquête
Quelle rémunération pour un directeur d’école ou un président d’université ?

Les rémunérations des présidents d’université revues à la hausse avec l’autonomie

Fabienne Guimont  |  Publié le

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Encadrée par le régime indemnitaire de la fonction publique d’État, comme pour tout fonctionnaire, la rémunération des présidents d’université est néanmoins très variable. Un président d’université peut toucher entre 60.000€ et plus de 156.000€ brut annuels primes comprises. Soit du simple au double selon son échelon, son corps et ses primes, sachant que les émoluments hospitaliers des PU-PH (professeurs d’université-praticiens hospitaliers) permettent de multiplier par deux le traitement de base de professeur des universités.

La rémunération des présidents d’université est encadrée par le régime de la fonction publique d’État, décomposée en traitement indiciaire auquel s’ajoutent les primes et les avantages en nature. Certains peuvent être maîtres de conférences (de 25.000 à 53.000 euros bruts annuels), mais la plupart ont leur traitement de professeur des universités, qui s’échelonne de 36.000€ brut annuels (professeur de 2e classe) à 73.000€ (professeur de classe exceptionnelle). Avec les primes, un professeur des universités touche donc une rémunération annuelle brute de base comprise entre 60.000€ et 100.000€.

Dans les facultés de médecine, de pharmacie ou d’odontologie, pour les professeurs d’université-praticiens hospitaliers (PU-PH), des émoluments hospitaliers – de 33.000 € à 55.000 € annuels brut – s’ajoutent à la rémunération de professeur. Avec les primes, leur rémunération varie de 98.000€ à 156.000€ brut annuels, à laquelle il faut ajouter des indemnités de service – entre 415€ et 487€ brut mensuels – correspondant aux responsabilités de chef de service à l’hôpital.

"En même temps que j’ai été élu président, j’avais une proposition dans une institution internationale où j’aurais été deux fois plus payé" Philippe Dulbecco

À titre de comparaison, la moitié des présidents d’université britanniques perçoivent autour de 210.000€ par an. «En même temps que j’ai été élu président, j’avais une proposition dans une institution internationale où j’aurais été deux fois plus payé, raconte Philippe Dulbecco, président de l’université d’Auvergne. On ne fait pas ce métier pour l’argent.»

Des primes et indemnités variables


Comment se décomposent les primes liées à la fonction de président à la tête de l’université ? La principale est une prime annuelle d’administration, majorée de 50% pour les établissements passés aux RCE (responsabilités et compétences élargies), soit 27.600€ annuels au total. Des indemnités peuvent s’additionner comme celle indexée sur un pourcentage du chiffre d’affaires de la formation continue de l’établissement ou celle liée à ses contrats de recherche (service de valorisation). Depuis la loi LRU, une prime d’intéressement annuelle peut être versée, une fois que le bilan d’activités de l’établissement est voté par le conseil d’administration.

Sans être liés à leurs responsabilités de président, les enseignants-chercheurs perçoivent une prime d’enseignement et de recherche (PER) de 1.238€ par an. Ils peuvent aussi la cumuler avec une prime d’excellence scientifique (PES) si elle a été obtenue avant leur élection, par exemple. Elle fluctue entre 3.500€ et 15.000€ par an et est versée durant quatre ans.

Avantages en nature et promotions réservées

La voiture de fonction, un chauffeur et des notes de frais liées à la fonction de président sont les avantages en nature les plus cités et relèvent plus de la tradition dans certaines universités, parisiennes notamment, que d'une décision prise par le conseil d’administration.

Lorsque Jean-Loup Salzmann est arrivé à la tête de l’université Paris Nord, il a bousculé les habitudes de son université : « J'ai revendu la voiture et remis le chauffeur dans l'équipe des personnels. Mon Pass Navigo est remboursé à 50%. Plutôt qu’une augmentation du président, je préfèrerais celle du budget de mon université».

Une fois passés par la case «présidence», les anciens présidents ont des voies réservées de promotion. Ils ne sont ainsi pas en concurrence avec leurs collègues pour passer dans la hors-classe ou être promus de maître de conférences à professeur des universités. Si ce n’est déjà le cas. A contrario, une fois présidents, ils ne peuvent plus cumuler leur rémunération avec des activités annexes en facturant des prestations de services comme les juristes, éditeurs ou encore conseils aux entreprises.


Fabienne Guimont
Mai 2012


Directeur général des services : un marché en cours de constitution

Pour Marie-François Delétoille, responsable de Michael Page Éducation, qui recrute des personnels de direction pour les universités, le fixe annualisé (traitement et primes) des directeurs généraux des services (DGS) s’échelonne entre 80.000€ et 110.000€ brut. «Contrairement aux présidents d’université qui sont sur des rémunérations très encadrées avec des mandats électifs, les DGS commencent à être recrutés sur un marché, hors du sérail universitaire, dans les collectivités territoriales ou l’administration d’État notamment. Leurs rémunérations sont alors décorrélées des textes. Certains peuvent par exemple s’aligner sur leur rémunération d’ancien directeur d’une grosse collectivité, autour de 7.000€ euros net mensuels. Des primes sur objectif correspondant à 20% peuvent également s’ajouter à leur rémunération.»

Théoriquement, le traitement des DGS dépend d’une grille indiciaire particulière : ils perdent le lien avec leur corps d’origine (ingénieur en chef, administrateur civil) car ils sont détachés sur un emploi fonctionnel. Les traitements mensuels nets plafonnent à 4.000€. Les différences indiciaires sont fonction du groupe d’universités auquel leur établissement est rattaché, groupes définis en fonction du budget exécuté.

Au traitement de base s’ajoutent des primes. Une prime dépendant du groupe d’universités varie entre 18.000€ et 27.000€ annuels brut. En plus, comme les présidents d’université, ils peuvent toucher des indemnités liées à la formation continue, aux contrats de recherche et à l’intéressement. Les avantages en nature des DGS sont surtout constitués d’un appartement de fonction avec un loyer et des charges modérés. Un tiers des universités mettraient des appartements à disposition dans le cadre de ces «concessions par utilité de service».

En savoir plus

Lire notre dossier Europe : quels traitements pour les présidents d’université , pour connaître les traitements des présidents anglais, allemands et espagnols.

Lire «Le salaire du recteur : méchant “timing” ! », le billet d’un blogueur québécois qui s’indigne de l’augmentation du salaire du recteur de l’université de Laval – 330.000 dollars canadiens (soit 251.000€) – à l’heure de la hausse des frais de scolarité.

Fabienne Guimont  |  Publié le

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