On en parlePourquoi les écoles d'ingénieurs peinent à attirer les filles
Enquête
Utiliser les TICE

Intégrer les TICE dans un projet pédagogique

Publié le , mis à jour le

0 commentaire

Communiquer et coopérer avec les TICE en classe

Si les fonctions de recherche et de production sont déjà bien investies par l’enseignement, la fonction de communication et de coopération l’est moins. Jackie Pouzin, professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Nantes, nous livre quelques pistes intéressantes en la matière.

Classe réelle, classe en mails… la pratique de Jackie Pouzin

Le principe. « Je mets en œuvre depuis maintenant quatre ans une pratique de classe qui intègre l’utilisation régulière du courrier électronique :

– en seconde, je permets aux élèves de créer leur boite électronique dans le cadre du partenariat avec la Poste (education.laposte.net). Puis nous commençons nos échanges qui visent à la maîtrise de la net-étiquette. Leur adresse électronique est surtout utile dans le cadre de l’ECJS, elle leur permet, par exemple, d’interroger un député sur une question débattue au Parlement et d’avoir une réponse rapidement ;

– en première, sûr de garder la classe jusqu’au bac, je mets en place une liste de diffusion grâce aux services des clubs www.voila.fr . Chaque semaine, j’envoie à tous un message soit en liaison avec le cours (complément d’informations, sélection de site Web) soit en liaison avec la vie du lycée. Les élèves sont invités à participer à un webzine et à contribuer à l’animation d’un site sous SPIP (un éditeur HTML en ligne, gratuit) dont le but est d’accompagner le programme. Une question pertinente d’un élève est ainsi répercutée sur le site collectif.

« Enfin, un site personnel accueille mes cours aux formats RTF et PDF, associés à des productions d’élèves et des compléments : dossier de presse, aide méthodologique, entre autres. C’est cet ensemble qui constitue la “classe virtuelle”. Au départ limitée aux terminales, j’ai élargi cette offre aux classes de premières. »

Le bilan de quatre ans de pratique. « Pendant ces quatre ans, aucune réticence n’a été émise tant de la part des parents (qui fournissent l’autorisation de création d’une adresse électronique scolaire) que des élèves, plutôt enthousiastes. [...] Les élèves respectent très bien la net-étiquette : aucun débordement constaté depuis quatre ans ; ils n’abusent pas et je ne suis pas noyé par des courriers indésirables.

« Les élèves multiplient entre eux les échanges qui portent surtout sur les questions posées dans les devoirs à la maison. L’entraide, le partage des tâches fonctionnent bien. Je reçois beaucoup de demandes d’aide directe sur des points de compréhension qui posent problème, pour des conseils méthodologiques.

« Le média impose une certaine distanciation. Il faut écrire son texte, l’envoyer à la bonne adresse. Cependant bien des élèves expriment par ce biais ce qu’ils n’oseraient dire en classe ! Ce lien en dehors du temps de la classe renforce la dynamique du groupe incontestablement et donne une visibilité nouvelle aux interactions entre élèves. Les meneurs sur le Web ne sont pas les plus extravertis en classe.

« Entre octobre 2002 et juin 2003, plus de 600 messages ont circulé sur la liste de diffusion pour une classe qui ne comptait que 20 élèves. Le record : le mois d’avril avec 105 messages postés. [...]

« Mon meilleur souvenir : le débat d’ECJS sur la place de la technologie dans nos sociétés modernes qui a connu une extension inattendue sur la liste de diffusion interne à la classe !

« Cette intégration des échanges électroniques me semble très largement profitable : le service rendu aux élèves est modeste mais précieux. Ils savent qu’ils peuvent disposer d’une écoute en ligne avec le bénéfice pour le prof que je suis de la communication asynchrone. Ma classe de terminale scientifique a souhaité garder pour elle cette liste de diffusion créée dans le cadre scolaire pour maintenir le contact entre eux après le bac : les échanges continuent donc. Pour finir, leurs résultats au bac est de 94 % de réussite. L’utilisation du courrier électronique ne semble donc pas nuire aux résultats ! 

           

Quatre conseils pour réussir avec les TICE

En matière de conduite de classe, les TICE s’accommodent mal d’une pratique frontale, purement disciplinaire. Ne serait-ce que par sa mise en scène, une moitié de classe, un poste pour un ou deux élèves, la possibilité d’avancer à son rythme, cette situation requiert donc de la part de l’enseignant :

– une maîtrise des objectifs assignés à la séquence. Pour éviter la dérive de l’occupationnel (les TICE pour les TICE) ou la perte de temps, vérifier toujours son ancrage aux objectifs ;

– un pilotage par projets, assez souple et réactif aux occasions rencontrées ;

– la capacité d’organiser, suivre et évaluer les travaux par groupes ;

– la possibilité éventuellement de s’appuyer sur d’autres intervenants (documentalistes, enseignants d’autres disciplines, assistants d’éducation), et donc de travailler en équipe et en interdisciplinarité.

@ Tous les produits multimédias RIP (reconnus d’utilité pédagogique)… sur le site : www.educnet.education.fr/res/liste.htm

En savoir plus : Pédagogie : TICE et maîtrise du langage.

L’ordinateur facilite-t-il la maîtrise de l’écriture et de la lecture ? Qu’apportent les outils d’entraînement à la lecture ou d’aide à l’écriture, le traitement de texte ou Internet pour la maîtrise du langage ? Quels liens établir entre la maîtrise du triptyque écran-souris-clavier et celle de la structuration de la pensée ? Quels outils utiliser pour préparer l’élève à une véritable autonomie ? Voilà quelques-unes des questions soulevées dans le numéro 42 des Dossiers de l’ingénierie éducative. Il présente de nombreuses applications pédagogiques de l’école au lycée mais aussi en prison et en maternelle.

Publié le , mis à jour le

« article précédent article suivant »

0 commentaire

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :