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Entretien | Relations entreprises

Formation continue : les recettes de l'université de Strasbourg

Sandrine David  |  Publié le

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Université de Strasbourg © Bernard Braesch
Le service de la formation continue de l'université rassemble 45 personnes. // © Bernard Braesch

L'université de Strasbourg est l'un des 12 établissements qui participera à l'expérimentation prévue par le rapport Germinet pour la formation continue. Directeur de la formation continue depuis six ans, Marc Poncin revient sur la transformation de son service, qui génère 11 millions d'euros de chiffre d'affaires, avant la conférence EducPros du 11 février sur le sujet.

Marc Poncin, directeur de la formation continue de l'université de Strasbourg.Comment a été mise en place la politique de formation continue ?

Au départ, il y a une volonté politique au sein de l'université d'encourager la formation continue, en ayant à l'esprit deux constantes : trouver des ressources pour l'université et être en lien avec le monde économique. À Strasbourg, la formation continue fonctionne comme une structure à caractère concurrentiel.

Après à la fusion des trois universités en 2009, nous disposions d'un large éventail de formations. Comment faire ? Il a fallu aborder frontalement les problèmes de marketing, de management et de gestion. Notre parcours s'explique, je crois, par une stratégie de développement qui passe par la professionnalisation du service, la multiplication des propositions tout en s'appuyant sur une démarche marketing.

Aujourd'hui, les freins au développement de la formation continue à l'université sont liés à la nécessité de gérer une activité concurrentielle dans un institut public doté d'une administration et d'une gestion publiques, régies par le code de l'enseignement, alors que la formation continue est réglementée par le code du travail. Il nous a fallu gagner en souplesse et en réactivité, obtenir une plus grande délégation, notamment de gestion, d'où, une fois encore, la nécessité d'un soutien continu en interne.

Pour quels résultats ?

Nous accueillons 11.000 stagiaires par an dans 900 formations. Un tiers de nos intervenants sont des enseignants-chercheurs, les deux tiers des professionnels cooptés. C'est un bon équilibre. Sept chargés de mission ont exclusivement pour objectif de "vendre" nos offres, cinq catalogues sont diffusés à 150.000 exemplaires dont un tiers en l'Alsace, et deux tiers sur le reste de la France et de l'Europe. Nous pouvons encore nous développer en Europe...

Le chiffre d'affaires global, de 11 millions d'euros en 2015, a augmenté de 25% sur les quatre dernières années. Notre service regroupe 45 personnes dont sept chargés de mission ligne produit, quatre chargés de mission transverses, un responsable qualité, trois personnes à la cellule enseignement à distance, deux à la cellule audiovisuelle, trois assistants marketing...

Pour 80 universités, vous trouvez aujourd'hui 80 modèles d'organisation !

Quelles évolutions imaginez-vous ?

Le défi est : comment avoir un temps d'avance sur les concurrents privés avec une loi tous les trois ans en moyenne ? Le salarié achète la sécurisation de son parcours et l'employeur, une employabilité immédiatement rentable, d'où la nécessité d'assouplir l'offre pour satisfaire toutes les parties et répondre aux exigences de financement.

Voilà pourquoi nous avons créé un outil spécifique, le Pass compétences universitaires. Un support destiné au stagiaire – mais aussi à l'employeur –, pour piloter son parcours de façon modulable et capitalisable en fonction de ses impératifs d'organisation.

Quel est l'intérêt alors de figurer parmi les 12 lauréats de l'expérimentation prévue par le rapport Germinet ?

Nous avons de nouveaux projets avec le Cnam et l'Engees, entre autres. Nous continuerons à innover et nous contribuerons au projet global, en partageant notre expertise sur le nouveau modèle de formation, par des conseils en e-pédagogie, des coconstructions de parcours et aussi à travers notre plateforme Espace.

L'idée est d'assurer un pilotage d'activités et de confronter nos modèles en vue d'une harmonisation des outils de gestion : pour 80 universités, vous trouvez aujourd'hui 80 modèles d'organisation ! Le rapport Germinet et ses implications rappellent la valeur de la formation continue universitaire et ses intérêts stratégiques en soulignant une évidence : c'est une des missions de l'université.

Marc Poncin, un homme d'entreprises
Le parcours de Marc Poncin a la particularité de s'être déroulé en dehors de l'université. C'est dans le privé, notamment chez Adecco France en tant que responsable développement ingénierie emploi et compétences, qu'il a construit sa carrière pendant près de vingt ans.

La décision prise par l'Unistra de recruter un professionnel issu du privé pour développer une approche marketing de la formation continue lui a permis d'intégrer l'établissement en 2010.
"Comment développer son offre à destination des entreprises ?"
Le jeudi 11 février 2016, EducPros organise une journée de conférence sur la formation continue. Avec une question phare : "Comment développer son offre à destination des entreprises ?"  Marc Poncin y interviendra.

Sandrine David  |  Publié le

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