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Entretien | International

Philippe Le Corre (président du Harvard Club of France) : “Notre association d'alumni a pour mission de préserver la marque de l’institution”

Propos recueillis par Maëlle Flot  |  Publié le , mis à jour le

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P. Le Corre avec la présidente d'Harvard

Philippe Le Corre représente en France l’un des réseaux d’alumni les plus puissants au monde : celui d’Harvard. Consultant en communication et enseignant à Sciences po, cet ancien de Publicis a étudié au sein de la prestigieuse université américaine en milieu de carrière grâce au programme «International Affairs Fellow», de la Faculty of Arts and Sciences. Il fera l’introduction de la conférence EducPros «Comment utiliser au mieux son réseau d’anciens» ce 21 septembre.

Harvard vient de lancer une vaste enquête auprès de ses alumni*. Comment fonctionne son réseau d’anciens ?
La HAA [Harvard Alumni Association] est une institution à part entière au sein d’Harvard, pilotée par un conseil de direction et des comités thématiques. C’est elle qui autorise la création d’associations locales, par pays ou régions. Notre réseau en France existe depuis quarante ans. Il représente les quelque 2 800 anciens présents en France issus des différentes formations de Harvard, la Business School étant, par tradition, toujours un peu à part. Parmi les anciens connus, citons le député Pierre Lellouche, qui a un doctorat en droit de Harvard, l’éditrice Odile Jacob ou encore l’académicien Jean Clair. Nous ne recevons pas d’argent de l’université. Les cotisations des anciens, de 30 à 300 € par an, représentent nos seules ressources.

Quels services proposez-vous à vos adhérents ?
Nous avons investi Internet et les réseaux sociaux, sans perdre de vue la nécessité d’organiser des événements pour que les anciens se rencontrent de visu. Deux événements phares sont proposés, en moyenne, par mois à nos quelque 400 membres. Nos services vont du plus sérieux au plus ludique : envoi d’une newsletter mensuelle d’information, conférences-débats avec des professeurs d’Harvard, wine tasting, visites de lieux de prestige, aide pour trouver un logement. Notre mission de mise en réseau nous a conduits par exemple à réunir, le 12 septembre, sur une péniche, les clubs d’anciens d’universités américaines.

"Pour la présidente d'Harvard, le plus important n’était pas de rencontrer des ministres français, mais bien les alumni"

Nous avons également mis en place des bourses pour aider les étudiants français à partir étudier à Harvard et des anciens font partie des jurys de sélection des bourses Harvard French Scholarship Fund et Arthur Sachs. En 2010, nous avons reçu la présidente d’Harvard, Drew Gilpin Faust, à l’hôtel de Lassay, où un grand dîner a réuni 300 personnes. C’était intéressant de constater que, pour elle, le plus important n’était pas de rencontrer des ministres français, mais bien les alumni. Pour une raison très simple. Les anciens portent les intérêts de Harvard. L’université compte sur eux pour partager leurs idées et contribuer à définir sa stratégie. Car la grande question, la toile de fond de tout ça, c’est la marque. Une marque mondialement connue.


Une marque qui peut aiguiser les appétits. Quelles sont les règles posées par l’université d’Harvard pour «protéger» sa marque ?
Des personnes pourraient effectivement, dans certains pays, se servir du nom d’Harvard à des fins personnelles. L’université a donc instauré des procédures destinées à cadrer l’utilisation de son nom afin que sa marque ne soit pas utilisée dans des buts contraires à ses intérêts. Les anciens, via la HAA, participent à cette mission de préservation de la marque. La HAA possède ainsi une dimension politique importante, avec un board élu tous les quatre ans et un président tous les ans. Les associations nationales comme la nôtre, ou régionales, doivent envoyer un rapport annuel à la HAA, avec une liste détaillée de leurs alumni. C’est la HAA qui centralise la gestion des levées de fonds et des dons.


* Harvard a confié à la société Slover Linett Strategies une enquête en ligne sur les motivations de ses alumni (sur un «échantillon» de 30.000 anciens).

Propos recueillis par Maëlle Flot  |  Publié le , mis à jour le

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