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Entretien

Rodolphe Dalle : "Nous allons créer un cursus licence en IUT"

Delphine Dauvergne  |  Publié le

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Rodolphe Dalle est vice-président et porte-parole de l'ADIUT, ainsi que directeur de l'IUT de Nantes.
Rodolphe Dalle est vice-président et porte-parole de l'ADIUT, ainsi que directeur de l'IUT de Nantes. // © Delphine Dauvergne

Un "cursus licence en IUT" doit être expérimenté à la rentrée 2017. Son objectif : assurer une poursuite d'études automatique entre le DUT et licence professionnelle, tout en permettant une sortie à bac + 2. Explications avec Rodolphe Dalle, vice-président et porte-parole de l’ADUIT.

Réunis en assemblée générale, vendredi 23 septembre 2016, les directeurs d'IUT discutent de l'expérimentation d'un "cursus licence en IUT". Pourquoi créer un tel cursus ?

Les IUT (instituts universitaires de technologie) fêtent leurs 50 ans cette année, les entreprises et le monde de l'enseignement supérieur ont évolué depuis. L'objectif initial du DUT était de former des techniciens avec des compétences professionnelles plutôt que disciplinaires. Ce besoin est toujours très présent en France.

Mais les étudiants sont de plus en plus nombreux à poursuivre leurs études après le DUT, notamment depuis la réforme LMD (licence, maîtrise, doctorat). Nous voulons donc sécuriser le parcours DUT - licence professionnelle, en créant un cursus "licence en IUT" à forte valeur ajoutée. Et répondre ainsi à l'objectif du ministère d'avoir 60 % d'une classe d'âge diplômé du grade de licence.

Pourquoi alors ne pas proposer de supprimer le DUT ?

Ce nouveau cursus n'est ni la fin du DUT, ni la fin de la licence professionnelle. Nous ne créons pas non plus de nouveau diplôme. Ces formations ont fait leurs preuves de professionnalisation et un diplôme bac + 2 est toujours recherché, beaucoup d'entreprises restent demandeuses de cadres intermédiaires.

De plus, la loi de 2013 a donné pour mission aux IUT d'accueillir les bacheliers technologiques. Une responsabilité sociale pour nous. L'entrée par le DUT permet de se construire un parcours à petits pas, parfois plus rassurant pour le jeune, en lui facilitant ainsi une ascension sociale.

Qu'apporte ce nouveau cursus par rapport à l'existant ?

Dans notre proposition, un candidat qui intègre un IUT pourra désormais aller jusqu'à la licence professionnelle, sans passer par la sélection habituelle. L'étudiant en DUT ne sera pas obligé de faire trois années d'études, mais il aura le choix.

Plusieurs pistes sont en réflexion pour établir un cahier des charges qui permettra de lancer des expérimentations au niveau régional. Parmi celles-ci, l'alternance pour tous en licence professionnelle, une bonification de l'engagement associatif ou sportif, ou encore la possibilité de stages et de semestre à l'étranger.

Plusieurs IUT ont déjà lancé de tels dispositifs, mais l'idée est d'homogénéiser le plus possible nos formations au niveau national, sans toutefois brider les initiatives locales. Les IUT frontaliers proposent ainsi depuis longtemps des enseignements de spécialisation en langue étrangère, il faut élargir cette offre.

Nous souhaitons également poursuivre la réflexion autour d'une évaluation basée sur les compétences.

Des mesures sont-elles prévues pour réduire le taux d'échec ?

Près de 75 % des étudiants valident leur premier semestre de DUT. Dans le cadre du cursus licence que nous voulons mettre en place, nous souhaitons harmoniser nos pratiques pour encore améliorer ce taux. Nous voulons ainsi généraliser le tutorat des étudiants de première année de DUT par ceux de licence professionnelle. Chaque étudiant aura également des référents pour un accompagnement personnalisé.

Le développement des passerelles sera aussi généralisé. Dans certains IUT, les élèves issus des classes prépas suivent un semestre intensif. Nous envisageons également de proposer une rentrée décalée d'un semestre, pour accueillir les jeunes qui veulent se réorienter.

Pour améliorer l'insertion professionnelle nous souhaitons également développer davantage les réseaux des anciens, afin de créer de vrais liens entre les promotions.

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

L'ADIUT va présenter son cahier des charges au ministère le 5 décembre 2016, puis des expérimentations seront entreprises dans des IUT volontaires. Une labellisation sera mise en place plus tard par le réseau français des IUT. La phase de bilan devrait intervenir dans trois ans.

Delphine Dauvergne  |  Publié le

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