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Opinion | Innovation

Des nouvelles de la planète MOOC : les clés du succès du MOOC gestion de projet

Laura Maclet  |  Publié le

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Des nouvelles de la planète MOOC : les clés du succès du MOOC gestion de projet

La seconde édition du MOOC "ABC de la gestion de projet" a débuté mi-septembre 2013. Parmi les participants inscrits à cette formation qualifiante, Laura Maclet, une jeune professionnelle en gestion de projet, qui relate sur EducPros son expérience d'e-apprenante. Elle s'attache ici à comprendre l'engouement pour ce MOOC, passé de 8.000 inscrits au lancement à 10.000 aujourd'hui.

Laura MacletEntre le 7 et le 9 octobre

La quatrième semaine du MOOC gestion de projet est entamée et avec elle se profile déjà la fin du cours, programmée le 20 octobre.

Alors que je me prépare à étudier cette semaine le module 4 "Analyse fonctionnelle et établissement du Cahier des charges", je réalise en reprenant le fil des annonces de la plate-forme que le MOOC gestion de projet a dépassé le 3 octobre les 10.000 inscriptions. Ces toutes dernières sont également propulsées par une large couverture des médias populaires : TF1, M6 ou encore France Inter.

L'impact médiatique de cette déferlante éducative essaime donc l'information auprès du grand public : c'est en sortant des champs d'expertise qu'une innovation devient une pratique, une habitude. Peut-être que d'ici peu, demander à un ami ou lors d'un repas de famille : "et toi, quel Mooc tu suis, en ce moment ?", sera naturel. Et se former à n'importe quel âge ou situation, aussi.

Le terme "MOOC" devient ainsi une occurrence omniprésente dans l'information quotidienne de la société française. Le 2 octobre, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, dévoile et annonce le lancement officiel de FUN : France université numérique, la plate-forme de MOOCs certifiants et de formations en ligne diplômantes ou qualifiantes.

L'offre française des MOOCs s'institutionnalise et formalise via cette plate-forme une énergie globale, mondiale, appelant une autre dynamique éducative : positive, partagée, bienveillante. L'écosystème environnant des start up de l'éducation, qui existe déjà outre Atlantique et qui s'implante ici, a précédé  et complète cette initiative institutionnelle, en proposant de véritables et innovants programmes sociaux (http://simplon.co/) ou entrepreneuriaux (http://www.leeaarn.com/).

Alors, même si des réticences pédagogiques subsistent (C'est la fin des universités ! C'est la fin des professeurs… C'est la fin du monde), le doute est levé : il est pertinent de se former en ligne et les MOOCs sont une émergence à explorer d'un point de vue didactique. La question est : qui proposera une réelle plus-value éducative ? Le Mooc comme véritable ruche d'apprenants et potentiel de vivier en ressources humaines n'est plus à argumenter – il s'agit désormais de travailler l'offre au travers des contenus, des vidéos, et de la scénarisation pédagogique, notamment.

Dans ce contexte, quelles sont les raisons du succès du MOOC gestion de projet de l’École centrale de Lille ?

Tout d'abord, le sujet du cours n'est pas le seul focus d'entrée : l'accent est aussi porté sur l'expérience individuelle. A travers un questionnaire de satisfaction à mi-parcours, c'est en effet l'apprenant qui évalue son parcours et son organisation, par exemple en indiquant combien d'heures hebdomadaires il consacre à ce cours et en estimant ses  chances de succès au certificat classique.

Les participants sont également sollicités pour évaluer la qualité de la pédagogie du cours et du professeur qui l'anime. Quoique pratiquée par certaines institutions, il n'en reste pas moins que l'évaluation par l'élève reste aujourd'hui redoutée. Le privilège d'apposer un jugement pédagogique est encore déterminé dans les faits et les représentations de manière hiérarchique : c'est l'Inspecteur d'académie qui évaluera un professeur, et non pas ses élèves.

Sur la forme, la pertinence du sujet de formation, la clarté pédagogique de Rémi Bachelet et l'ergonomie appropriée de la plate-forme Unow – bien que celle-ci, victime de son succès, subisse quelques lenteurs – expliquent aussi le succès de ce MOOC.

Enfin, celui-ci fournit les "bonnes pratiques" en gestion de projet à travers des thèmes concrets, traités de manière factuelle et par le biais d'études de cas : "bien utiliser le courriel", "les réunions en ligne", "fixer et négocier les objectifs d'un projet au sein d'un environnement collaboratif". C'est ainsi un cours qui permet de combler des lacunes pour certains, de découvrir un nouveau champ de connaissances pour d'autres – et qui permet à tous d'accéder à une forme de remédiation que chacun adaptera à ses besoins.

Le taux exponentiel des inscriptions au MOOC gestion de projet tient notamment à l'attention particulière portée à l'interface web ainsi qu'à la possibilité d'auto-évaluation mais aussi de retours critiques de l'autre, dans un objectif de formation.

Un MOOC possède ainsi cette envergure qui favorise certainement sa percée mondiale : c'est la technologie au service d'un bénéfice éducatif, professionnel et social.


Lire aussi
Le billet de Mathieu Cisel : "La conception du MOOC Gestion de Projet, façon Wikipedia".


Pour en savoir plus
La home page du MOOC.
Le site de Rémi Bachelet : tous les cours du MOOC y figurent et sont en Creative Commons.
Une carte heuristique sur tout ce que contient le MOOC (auteur : Xavier Pigeon).
Le fil twitter #MOOCGdP.

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