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Opinion | Politique

Manifeste pour des universités ouvertes sur les territoires

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Le manifeste de l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) est proposé à la signature des présidents d’université, de régions et maires des villes universitaires, dans le cadre des Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche. EducPros en publie l'intégralité.

"Dans la société de la connaissance, la capacité à être en prise avec les mutations, à créer de l’innovation, à diffuser les savoirs sont des enjeux majeurs. Ces enjeux sont indissociables du développement du lien social. Il n'est pas de modèle de développement soutenable à long terme faisant uniquement le pari de la performance. La crise économique et sociale que nous traversons depuis plusieurs années nous le rappelle quotidiennement.

Le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté continue à augmenter, de même que le nombre de personnes sans emploi et les sorties précoces du système scolaire, alors qu’on sait que la meilleure garantie contre le chômage reste l’obtention d’un diplôme. Par ailleurs, notre système de formation ne s’est pas encore suffisamment adapté à la rapidité des changements socio-économiques et à la nécessité pour les individus de se former tout au long de leur vie.

En ce qui concerne l’innovation, la France peine à trouver une reconnaissance au niveau mondial, que l’on mesure à l’aune du nombre moindre de brevets déposés et de prix internationaux, ou de l’insuffisance de l’investissement public consenti au titre de la recherche, comparativement aux pays les plus développés.

Dans ce XXIe siècle qui sera celui de la connaissance, les universités ont un rôle de premier plan à jouer. Accueillant la grande majorité des étudiants, elles sont le fer de lance naturel d'une politique volontariste de démocratisation de l'enseignement supérieur et de relance de la recherche.

Mais elles n'y parviendront pas seules. La mobilisation des acteurs des territoires – publics, privés et société civile – est indispensable. Il est impératif de créer plus de liens entre les différents acteurs susceptibles d'agir en commun pour développer de la formation, de l'innovation, du lien social, en somme pour créer des territoires apprenants.

Les universités sont le fer de lance naturel d'une politique volontariste de démocratisation de l'enseignement supérieur et de relance de la recherche. Mais elles n'y parviendront pas seules.



C’est donc bien de solidarité territoriale qu’il s’agit.

Dans d'autres pays, citons par exemple l'Amérique latine, le renforcement du lien entre universités et territoires a permis d’impulser de nombreux programmes d’engagement étudiant en faveur des populations défavorisées et des projets de développement incluant une part de recherche-action soutenus par les pouvoirs publics. Plus proche de la France, en Grande-Bretagne, certaines universités sont des acteurs importants de mobilisation des citoyens.

En agissant sur le niveau de qualification de la population, en enrichissant les formations et les programmes de recherche des compétences des territoires, en mettant à disposition des territoires les connaissances qu'elles construisent, ces universités agissent globalement pour plus d'équité et pour un développement responsable.

La France est prête à s’engager dans cette voie : les collaborations déjà existantes pour développer la responsabilité sociétale des universités et le Plan vert le démontrent. Pour cela, l'université dispose de nombreux atouts : ses compétences en termes de formation à tous les âges de la vie et de recherche, ses compétences en matière de citoyenneté, dont ses étudiants, ses enseignants, son personnel sont des ambassadeurs. Enfin, elle est le lieu de la différence : différence d'origines sociales, différence de cultures, différence des opinions. L'université est une fenêtre ouverte sur le monde.

Au moment où se tient un débat qui engage la Nation sur l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche, la question de l'élargissement des missions fondamentales des universités doit être posée. Nous appelons aujourd'hui à ce que le développement local aux côtés de la formation, de la recherche et de l’insertion professionnelle devienne l'un de ses piliers refondateurs."





Les signataires du manifeste

Nathalie Ménard, présidente de l’AFEV,

Et

Jean-François Balaudé, professeur, président de l'université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, président du comité développement durable de la CPU ;
Alain Beretz, professeur, président de l'université de Strasbourg ;
Vincent Berger, professeur, président de l'université Paris-Diderot-Paris 7 ;
Fabienne Blaise, professeur, présidente de l'université Lille 3 ;
Xavier Chapuisat, professeur, président du PRES UniverSud Paris ;
Patrick Demougin, président de la CDIUFM, directeur de l'IUFM de Montpellier ;
Françoise Dubosquet, professeur, présidente de la Conférence des doyens d'UFR de langues, arts, sciences humaines et sociales (CDUL) ;
Lise Dumasy, professeur, présidente de l'université Stendhal-Grenoble 3 ;
Sylvie Faucheux, professeur, présidente de Fondaterra ;
Roger Fougères, professeur honoraire, ancien vice-président enseignement supérieur et recherche région Rhône-Alpes ;
Jean-Luc Fugit, vice-président orientation, réussite étudiante et insertion professionnelle de l'université Jean-Monnet à Saint-Étienne ;
Camille Galap, président honoraire de l'université du Havre, président de l'Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Universités

Et plus de 40 personnalités de l’enseignement supérieur…

La liste complète sur le site de l’AFEV



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