1. Présidentielle : Antoine, des bancs de Paris 1 au service de presse de Benoît Hamon
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Présidentielle : Antoine, des bancs de Paris 1 au service de presse de Benoît Hamon

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Antoine, 26 ans, militant socialiste, est salarié de l'équipe de campagne de Benoît Hamon. // © Cécile Peltier
Antoine, 26 ans, militant socialiste, est salarié de l'équipe de campagne de Benoît Hamon. // © Cécile Peltier

IL S'ENGAGE POUR… Benoît Hamon. Antoine, un Parisien de 26 ans, traite les nombreux messages qui arrivent chaque jour au service de presse de l'équipe de campagne du candidat socialiste. Il est l'un des étudiants, bénévoles ou salariés, engagés dans la campagne présidentielle 2017 que nous avons rencontrés…

Décrocher son premier "vrai poste" dans l'équipe de campagne de son poulain… Un must pour un militant ! C'est le cas d'Antoine. Il y a un mois et demi, ce Parisien de 26 ans a intégré le service de presse de l'équipe de campagne de Benoît Hamon. "Ce n'est pas ma spécialité, mais j'ai participé à toute la primaire, je maîtrise les idées, et je connais les élus, les jeunes militants, et c'est important", glisse-t-il, attablé au 48, rue du Château-d'Eau, à Paris (Xe arrondissement), où le candidat socialiste à l'élection présidentielle a installé son QG.

Une "opportunité", et aussi un engagement. Même en tant que "petite main", à quatre semaines du premier tour, Antoine ne compte pas ses heures : "Quand on est au cinéma et qu'un responsable a besoin de nous, il faut venir, mais on le sait en entrant, c'est une campagne présidentielle. C'est galvanisant ! Et puis, on sait que ça dure trois mois !"

Un engagement politique “tardif”

Chez Antoine, l'engagement en politique a été "assez tardif". Il a 23 ans lorsqu'en 2014, après cinq ans sur les bancs de Paris 1 en philo, droit, puis science politique, il saute le pas et rejoint les Jeunes socialistes du XIIe arrondissement de Paris. Avec ses raisonnements "en trois parties, trois sous-parties", l'étudiant se sent alors un brin en décalage avec certains "militants de 17 ans" rompus à l'art du débat.

"J'ai longtemps pensé qu'il fallait d'abord que je sache de quoi je parlais avant de m'engager. Avec du recul, je me dis que c'était une forme d'erreur : on n'apprend pas à faire de la politique sur les bancs de l'université !" confie-t-il.

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En trois ans, au contact de ses "camarades" du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), Antoine fait un apprentissage accéléré : cafés, tractages, meetings… "Les mouvements de jeunesse, c'est beaucoup d'autoformation. Au MJS, on met un point d'honneur à organiser des actions par et pour les jeunes", assure-t-il.

De quoi affûter ses arguments et ses points de vue, reconnaît-il, avouant qu'il jugeait la "VIe République" ou "la réduction" du temps de travail "extrêmement fantaisistes" lorsqu'il est arrivé…

La primaire à 100 à l’heure

En septembre 2016, la campagne des primaires socialistes s'organise. Toute juste titulaire de son master 2 affaires publiques, le jeune diplômé parisien abandonne au bout de quelques semaines sa recherche d'un emploi pour se consacrer à la campagne de soutien du MJS à Benoît Hamon qu'il coordonne dans la capitale. "Quand j'en ai parlé à mes parents, ils m'ont dit : 'Benoît Hamon, personne ne le connaît, cherche du boulot !' Finalement, ils m'ont soutenu financièrement, et en cela, je suis un peu privilégié…", confie-t-il.

Pendant six mois, à raison de trois actions par jour, week-ends compris, Antoine s'est donné à fond. "Il fallait organiser le travail des équipes, appeler les bénévoles, préparer les tracts, les distribuer. Une fois, j'ai porté tellement de tracts que j'avais des marques sur les mains…", raconte-t-il.

Répondre à la presse… et aux militants

Avec la victoire de Benoît Hamon aux primaires socialistes, "tout a changé de dimension". Les locaux sont plus grands, les collaborateurs plus nombreux, et, désormais, Antoine est salarié. Il passe l'essentiel de ses journées à traiter et redispatcher les centaines de demandes qui arrivent dans la boîte mail du service de presse. Un travail pas très sexy en apparence, mais qui lui plaît : "À côté des demandes classiques, des militants nous envoient des messages plus personnels. Parfois, je prends le temps de leur répondre longuement. Je me dis que cela fera une personne de plus qui aura envie de voter pour Benoît Hamon !"

En cas d'événements ou de déplacements, c'est lui qui, avec d'autres, s'occupe de l'accréditation des journalistes et parfois de les accueillir. Autour de lui, ses collègues, salariés ou bénévoles, sont pour beaucoup des jeunes "ultramotivés". Une "ambiance de travail sympa", qui permet de tenir le rythme.

Déjà la reconversion ?

Son CDD (contrat à durée déterminée) s'arrête fin avril. Et après ? Chargé de mission ? Collaborateur d'élu ? "Non !" lance Antoine. Il envisage plutôt une "reconversion". Son projet ? L'élection passée, le jeune militant envisage de reprendre sa casquette de bénévole et de chercher un poste classique dans le secteur public/parapublic ou l'ESS (économie sociale et solidaire).

Déjà fatigué de la politique ? "Je ne me vois pas en aspirant élu toute ma vie. À titre personnel, je pense que c'est important, au moins à un moment, d'aller voir ce qu'il se passe hors de la politique, d'avoir une expérience de l'entreprise, par exemple…"