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Sélection en master : Paul, recalé à l'entrée de deux masters, a testé la saisine du recteur

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Recalé à l'entrée des deux masters qu'il convoitait, Paul a testé le service permettant de saisir le recteur en ligne, via trouvermonmaster.gouv.fr. // © Camille Stromboni
Recalé à l'entrée des deux masters qu'il convoitait, Paul a testé le service permettant de saisir le recteur en ligne, via trouvermonmaster.gouv.fr. // © Camille Stromboni

Le téléservice permettant de saisir le recteur pour obtenir une place en master est accessible via trouvermonmaster.gouv.fr, depuis lundi 19 juin 2017. Étudiant en troisième année de licence de sciences politiques à Paris 1 et recalé à l'entrée des deux masters qu'il convoitait, Paul l'a testé. Témoignage.

"Je n'imaginais pas que faire valoir mon droit à la poursuite d'études en master serait aussi contraignant." Jeune diplômé d'une licence de sciences politiques de l'université Paris 1, Paul* vient d'apprendre qu'il avait été recalé à l'entrée des deux masters auxquels il postulait dans son université d'origine. "À Paris 1, indique-t-il, nous sommes 250 en L3 de sciences politiques pour 180 places en master 1 et, en tout, l'université a reçu 1.300 candidatures pour ce cursus, soit un taux de sélection de 7 % !", s'exclame-t-il, sidéré par l'ampleur de la sélection.

Lire aussi : Sélection en master : mode d'emploi du droit à la poursuite d'études

Cette situation est néanmoins tout à fait légale puisque, depuis la loi du 19 décembre 2016, les universités ont le droit de sélectionner à l'entrée de la première année de master. En contrepartie, l'État s'est engagé à trouver une place à tous les titulaires de licence respectant certains critères.

Bien décidé à poursuivre ses études l'an prochain, Paul a testé dès son ouverture, lundi 19 juin 2017, le téléservice permettant de saisir le recteur de la région académique sur "trouvermonmaster.gouv.fr". Pour y accéder, il s'est rendu dans la rubrique "Je suis accompagné-e", en haut à droit du site.

Quatre critères permettent d'être éligibles

Paul est alors sur la page d'accueil du dispositif de saisine, qui rappelle les critères permettant d'être éligible à ce droit :

  • avoir obtenu sa licence en 2015 ou plus tard ;
  • déclarer sur l'honneur n'avoir reçu aucune réponse positive ;
  • respecter le délai de 15 jours après l'obtention de la licence si tous les refus ont été notifiés ou 15 jours après la notification du dernier refus ;
  • et surtout avoir effectué "au moins deux candidatures" en master.

"Le ministère et les universités n'ont pas suffisamment communiqué sur ce dernier critère", dénonce Paul, qui connaît plusieurs étudiants ayant préféré se concentrer sur un seul master, souvent au sein de leur université d'origine. "Heureusement, se réjouit le jeune homme, il est encore possible d'effectuer des candidatures dans les universités dont le calendrier est plus tardif que la moyenne, et d'être ainsi éligible !"

Quelle stratégie adopter : multiplier les candidatures ou saisir le recteur ?

Depuis que les premiers refus d'admission sont tombés, Paul et ses amis discutent souvent de la meilleure stratégie à adopter. "Les suppositions vont bon train entre nous, confie-t-il. Un étudiant qui a fait six candidatures peut se retrouver bloqué avec un choix qu'il ne désire pas vraiment, sans possibilité de saisir le recteur, alors qu'un étudiant recalé à deux ou trois très bons masters pourra bénéficier de propositions dans l'académie. Cela peut inciter les étudiants à limiter le nombre de masters auxquels ils candidatent et à se reposer sur le rectorat."

Une stratégie qui semble pour le moins hasardeuse. Il est, en effet, peu probable que les universités laissent vacantes des places dans leurs masters les plus attractifs. Les étudiants risquent, par ailleurs, de se retrouver dans des cursus éloignés de leur projet professionnel. Dernier écueil à anticiper : les étudiants saisissant le recteur risquent d'être dans l'incertitude tout l'été, puisque les trois propositions ne seront "pas nécessairement simultanées", précise la charte des droits et devoirs des étudiants.

Quelle prise en compte de l'engagement associatif ?

Très engagé dans la vie associative de l'université depuis sa première année de licence, Paul a en outre l'impression que les règles du jeu ont été changées en cours de partie : "J'ai toujours pensé que l'expérience étudiante n'était pas qu'académique, mais il semble que je me sois trompé", regrette-t-il, amer, lui qui a obtenu sa licence autour de 11,5 de moyenne. En attendant, il s'arme de patience, conscient qu'il devra attendre encore plusieurs semaines avant de savoir où il atterrira.

*Le prénom a été modifié

La charte des droits et devoirs de l'étudiant liste les pièces obligatoires ou facultatives à fournir pour accroître ses chances. Il s'agit :
- de diplôme national de licence avec la mention ;
- de tous les justificatifs de refus d'admission ;
- du CV ;
- d'une lettre de motivation ;
- et enfin, de toutes pièces facultatives pertinentes, en particulier les relevés de notes.