Dossier : Après un master LSH : 5 parcours de jeunes diplômés
- Raphaël, 25 ans, shopping partner manager chez Google à Dublin, après un master de lettres appliquées
- Frédéric Troilo, 30 ans, archiviste en auto-entreprise après un master pro archives
- Isabelle Latournerie, 26 ans, traductrice en CDI après un master traduction éditoriale économique et technique
- Nathalie Savard, 29 ans, en fin de doctorat de psychologie
- Laurianne Le Paih, 25 ans, attachée de presse après un master métiers du livre et de l’édition
Pas toujours facile de s’insérer sur le marché de l’emploi quand est diplômé d’un master en lettres ou sciences humaines. Nous avons interrogé cinq jeunes diplômés pour qu'ils vous fassent partager leur expérience. Parmi eux, une a décroché un CDI après avoir exercé en free-lance, un a pris le statut d’auto-entrepreneur, un autre est parti à l’étranger pour trouver un travail conforme à son projet et à son niveau de diplôme. Pourtant, ils disposent tous d’un CV riche et diversifié.
Jeune traductrice (elle traduit de l’anglais ou de l’allemand vers le français), Isabelle Latournerie n’a pas connu de période de chômage. Après quasiment deux ans d’exercice en free-lance, la jeune diplômée du master traduction éditoriale économique et technique de l’ESIT (Paris 3, Sorbonne-nouvelle) a été embauchée en juin 2010 chez Ticero Traductions. “Je traduis beaucoup de lettres aux salariés et de communiqués de presse pour de grandes entreprises allemandes. Je travaillais déjà en free-lance pour Ticero, grâce à une amie de l’école qui a été embauchée avant moi.”
Une appréhension du marché
À la fin de ses études, la jeune diplômée appréhendait un peu la confrontation au marché de l’emploi. “Démarcher des entreprises me faisait un peu peur. Même si l’on reçoit quelques conseils pendant les études, cela reste très abstrait”, confie la jeune femme. “Au final, et grâce au réseau de l’école, les profs, les camarades de promo, la junior entreprise ou l’association des anciens, je n’ai pas eu vraiment besoin de démarcher des clients.”
Un réseau efficace
Avec le recul, Isabelle souligne l’importance du réseau de l’ESIT dans son insertion. “Les enseignants de l’école sont quasiment tous des professionnels de la traduction. Durant ma scolarité, j’ai effectué trois stages dont deux ont été obtenu par le biais du bureau des stages.” L’étudiante participe également à la junior entreprise de l’école, Lingua ESIT, qui propose des traductions rémunérées à diverses entreprises. “C’est très formateur car on travaille en conditions réelles, avec des délais à respecter et la pression de rendre des traductions de qualité à nos clients.” Ce sont les élèves de master 1 qui effectuent ces travaux rémunérés, leurs aînés de M2 s’occupant de la relecture avant l’envoi aux clients.
Un clientèle diversifiée
Lors de ses différents travaux comme indépendante, la jeune traductrice a exercé pour des clients très divers : de l’IRIN, un site de l’ONU spécialisé sur l’information humanitaire, à l’agence de design de Philippe Starck, en passant par l’université de Berlin ou une école de lutherie en Suisse. “Je gagnais mieux ma vie qu’aujourd’hui comme salariée, aux environs de 2.000 € net. Mais j’avais la chance d’avoir un employeur régulier qui m’assurait une source de revenus.” Malgré les avantages salariaux et l’autonomie du travail en indépendante, Isabelle a choisi de s’insérer en entreprise. “Comme jeune professionnelle, il est important de continuer à se former et à apprendre au contact d‘autres collègues. Mon patron a vingt ans d’expérience et j’apprends beaucoup de ses relectures et de ses corrections. Je relis aussi les traductions de mes collègues et cela m’aide à progresser.”
En conclusion, “il faut prendre tous les boulots qui se présentent”, conseille Isabelle. “Mon expérience m’a montré que c’est en acceptant un travail comme indépendant que j’ai pu décrocher plus tard un emploi salarié.”
Isabelle Latournerie, 26 ans, traductrice en CDI après un master traduction éditoriale économique et technique
Jeune traductrice (elle traduit de l’anglais ou de l’allemand vers le français), Isabelle Latournerie n’a pas connu de période de chômage. Après quasiment deux ans d’exercice en free-lance, la jeune diplômée du master traduction éditoriale économique et technique de l’ESIT (Paris 3, Sorbonne-nouvelle) a été embauchée en juin 2010 chez Ticero Traductions. “Je traduis beaucoup de lettres aux salariés et de communiqués de presse pour de grandes entreprises allemandes. Je travaillais déjà en free-lance pour Ticero, grâce à une amie de l’école qui a été embauchée avant moi.”Une appréhension du marché
À la fin de ses études, la jeune diplômée appréhendait un peu la confrontation au marché de l’emploi. “Démarcher des entreprises me faisait un peu peur. Même si l’on reçoit quelques conseils pendant les études, cela reste très abstrait”, confie la jeune femme. “Au final, et grâce au réseau de l’école, les profs, les camarades de promo, la junior entreprise ou l’association des anciens, je n’ai pas eu vraiment besoin de démarcher des clients.”
Un réseau efficace
Avec le recul, Isabelle souligne l’importance du réseau de l’ESIT dans son insertion. “Les enseignants de l’école sont quasiment tous des professionnels de la traduction. Durant ma scolarité, j’ai effectué trois stages dont deux ont été obtenu par le biais du bureau des stages.” L’étudiante participe également à la junior entreprise de l’école, Lingua ESIT, qui propose des traductions rémunérées à diverses entreprises. “C’est très formateur car on travaille en conditions réelles, avec des délais à respecter et la pression de rendre des traductions de qualité à nos clients.” Ce sont les élèves de master 1 qui effectuent ces travaux rémunérés, leurs aînés de M2 s’occupant de la relecture avant l’envoi aux clients.
Un clientèle diversifiée
Lors de ses différents travaux comme indépendante, la jeune traductrice a exercé pour des clients très divers : de l’IRIN, un site de l’ONU spécialisé sur l’information humanitaire, à l’agence de design de Philippe Starck, en passant par l’université de Berlin ou une école de lutherie en Suisse. “Je gagnais mieux ma vie qu’aujourd’hui comme salariée, aux environs de 2.000 € net. Mais j’avais la chance d’avoir un employeur régulier qui m’assurait une source de revenus.” Malgré les avantages salariaux et l’autonomie du travail en indépendante, Isabelle a choisi de s’insérer en entreprise. “Comme jeune professionnelle, il est important de continuer à se former et à apprendre au contact d‘autres collègues. Mon patron a vingt ans d’expérience et j’apprends beaucoup de ses relectures et de ses corrections. Je relis aussi les traductions de mes collègues et cela m’aide à progresser.”
En conclusion, “il faut prendre tous les boulots qui se présentent”, conseille Isabelle. “Mon expérience m’a montré que c’est en acceptant un travail comme indépendant que j’ai pu décrocher plus tard un emploi salarié.”
| Anne-Marie Robert, traductrice professionnelle indépendante et membre du Comité directeur national de la SFT, (syndicat national des traducteurs professionnels, www.sft.fr) “En France, les postes de traducteurs salariés sont rares” “Le parcours d’Isabelle Latournerie, qui commence comme traductrice indépendante pour devenir salariée, me semble plutôt atypique. En effet, en France, les postes de salariés en traduction se font rares. Les postes proposés par les agences de traduction sont essentiellement des postes de chef de projet, qui impliquent des compétences de gestionnaire et non de traducteur, et des postes de réviseurs-relecteurs, qui exigent un certain nombre d’années d’expérience en traduction dans des domaines de spécialité avant de pouvoir prétendre faire du contrôle qualité. Les postes salariés se trouvent plutôt à l’étranger (notamment dans les organisations internationales à Bruxelles, Genève et Luxembourg qui recrutent sur concours). Les jeunes diplômés doivent donc bien prendre en compte cet aspect particulier du marché français. Car faute de trouver un poste de salarié en traduction et sans installation à leur compte, ils sont malheureusement souvent obligés de changer de voie et de chercher du travail dans d’autres secteurs.
L’expérience montre qu’il est essentiel de choisir un stage de qualité : huit de ces étudiants travaillent pour la structure d’accueil de leur stage de fin d’études (trois en tant que traducteurs salariés et cinq comme traducteurs indépendants).” |
Mathieu Oui
Novembre 2010
Novembre 2010


























