Dossier : Après un master LSH : 5 parcours de jeunes diplômés

Nathalie Savard, 29 ans, en fin de doctorat de psychologie

Pas toujours facile de s’insérer sur le marché de l’emploi quand est diplômé d’un master en lettres ou sciences humaines. Nous avons interrogé cinq jeunes diplômés pour qu'ils vous fassent partager leur expérience. Parmi eux, une a décroché un CDI après avoir exercé en free-lance, un a pris le statut d’auto-entrepreneur, un autre est parti à l’étranger pour trouver un travail conforme à son projet et à son niveau de diplôme. Pourtant, ils disposent tous d’un CV riche et diversifié.

Nathalie Savard - doctorat de psychologieQuand elle s’est inscrite en psychologie à l’université Toulouse 2, il y à dix ans, Nathalie Savard ne s’imaginait pas psychologue et encore moins doctorante. À l’époque, la jeune étudiante originaire du Lot-et-Garonne se destinait plutôt à une carrière d’éducatrice spécialisée ou d’assistante de service social. “Je me suis inscrite en psychologie pour mûrir un peu et patienter avant de me présenter en IUT [instituts universitaires de technologie]. Et puis je me suis prise au jeu ! »

Master recherche et titre de psychologue

Progressivement, l’étudiante découvre donc la discipline. Elle se spécialise dans la psychologie du développement. Et prépare l’avenir. “Je savais qu’en complétant mon master de recherche d’un stage de quatorze semaines, je pouvais obtenir le titre de psychologue. J’ai donc réalisé un stage au centre d’information et d’orientation de Villeneuve-sur-Lot (47).” Une expérience qui lui permet d’obtenir un CDD (contrat à durée déterminée) d’un an comme conseillère d’orientation-psychologue.

Un contrat à Paris

À cette époque, Nathalie est inscrite en première année de thèse de psychologie à Toulouse et recherche un financement pour conduire ses travaux. Son laboratoire l’informe du dispositif Cifre (convention industrielle de formation par la recherche) : un contrat de travail entre une entreprise (ou un organisme) et un doctorant salarié pour une mission de recherche stratégique.
Grâce à sa directrice de thèse, la jeune doctorante trouve une structure d’accueil pour son contrat CIFRE. Il s’agit de l’ONED (Observatoire de l’enfance en danger), un organisme public situé à Paris dont la mission est de “mieux connaître l’enfance en danger pour mieux prévenir et mieux traiter”.
“Sans ce contrat CIFRE, j’aurais probablement abandonné ma thèse. L’avantage de ce dispositif n’est pas seulement financier. Bien sûr, pendant trois ans, je touchais 1.600 € net pour conduire ma recherche. Mais c’est aussi une expérience professionnelle riche. À l’ONED, j’ai pu travailler avec des chercheurs d’autres disciplines, en sociologie, démographie, sciences de l’éducation et aussi avec des travailleurs sociaux.”

Un avenir professionnel encore ouvert

Aujourd’hui, Nathalie a fini sa thèse qu’elle doit soutenir au printemps 2011. La jeune femme a été embauchée en juillet 2010 comme ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) par l’université de Créteil. “J’ai envoyé une dizaine de dossiers de candidatures de postes ATER à des universités du sud et de la région parisienne.” Son mi-temps d’enseignement (sept heures de cours regroupées sur une journée) est rémunéré 1.000 € net mensuel. Le dispositif ATER réservé aux jeunes docteurs ou aux doctorants qui terminent leur thèse ne lui permet pas de cumuler avec d’autres revenus et la met dans une situation financière “un peu compliquée”.
Quant à son avenir professionnel, Nathalie hésite encore entre la voie de l’enseignement universitaire et la voie professionnelle. Ayant postulé récemment pour un poste de psychologue en institution, elle a pu constater que, malgré l’obtention de son titre de psychologue, son parcours plus orienté recherche la desservait car jugé peu orienté “terrain”.
Aux étudiants ou futurs étudiants en psychologie, elle conseille de ne pas se décourager et de ne pas rester sur un échec. “Il faut aussi être mobile et prêt à faire des concessions. Si j’étais restée à Toulouse, je n’aurais probablement jamais obtenu de contrat CIFRE ou de poste d’ATER. Je suis contente de m’être accrochée et d’avoir pu réaliser ma thèse dans de bonnes conditions.”
L’avis de Benoît Schneider, coprésident de la FFPP (Fédération française des psychologues et de psychologie)
“Un futur thésard doit être vigilant sur les conditions d’accompagnement”

“L’insertion des jeunes diplômés en psychologie se situe dans la moyenne des autres sciences humaines. Le taux d’emploi est convenable mais l’activité est souvent fragmentée et disséminée dans l’espace, avec une addition de vacations et de mi-temps. Il faut compter entre trois en cinq ans pour se stabiliser. Et la situation est plus difficile en Île-de-France qui forme un quart des étudiants mais qui n’en emploie que 15 %.
Cette doctorante a bénéficié du soutien et du réseau de son laboratoire et du directeur de recherche. Décrocher un contrat CIFRE reste effectivement encore rare. Avant de se lancer dans une thèse, il faut donc être vigilant aux conditions d’accompagnement et de financement sur la durée que peut proposer le laboratoire. Il faut enfin se trouver dans le bon créneau au bon moment. Actuellement un sujet de thèse sur la maladie d’Alzheimer trouvera probablement plus facilement un financement qu’un autre sujet sur, par exemple, la grand-parentalité.”
Pour aller plus loin
Le guide des études en lettres et sciences humaines
Faut-il avoir peur de la fac ?
Que vaut votre master ?
Classement des universités : lesquelles ont le meilleur taux d’insertion professionnelle ?
Elles sont étudiantes en sciences humaines

Mathieu Oui
Novembre 2010

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