DOSSIER : LE BAC PRO MEI (MAINTENANCE DES ÉQUIPEMENTS INDUSTRIELS) SELON ROMAIN
Romain, 18 ans, aime la mécanique moto… Une passion qui l’a conduit vers une filière professionnelle en maintenance. Dans la région de Bordeaux, il partage sa vie entre des études, et un travail dans une entreprise industrielle alimentaire. Des copains aux collègues, de l’internat à la maison, il nous raconte son quotidien bien rythmé !
Un bac pro et un travail salarié
Les Landes, ses sapins, ses longues plages pour surfer… Mais aussi, au détour d’une route, son industrie locale. Un grand domaine, mille hectares de terre, plusieurs hangars… C’est l’entreprise Pot-au-Pin. Son credo ? La carotte et le poireau. Cultivés, lavés, taillés, conditionnés et distribués… Pot-au-Pin "arrose" la France en légumes. Aux manettes, selon les saisons, 150 à 250 salariés se relaient 6 jours par semaine 24h/24. Pour les épauler, une équipe de maintenance joue un rôle central dans ce flux tendu. C’est là que travaille Romain depuis quelques mois, en alternance avec la préparation d’un bac professionnel MEI (maintenance des équipements industriels) dans le cadre de l’IFRIA (Institut de formation régional des industries alimentaires) Aquitaine. Cette année, Romain passera 30 semaines dans cette entreprise quand ses camarades, inscrits en formation initiale, auront effectué de leur côté cinq semaines de stages.6h/13h ou 13h/20h
"Mon travail dans l’entreprise, défini en amont avec l’IFRIA, correspond bien à ce que j’étudie, détaille Romain. Je dois suivre mon tuteur ou son adjoint, ou un technicien. Peu à peu, j’acquiers des responsabilités, mais c’est un peu frustrant de ne pas pouvoir être plus autonome tout de suite". Pourtant, il faut compter un an pour bien connaître les installations assurent ses collègues. Selon la quinzaine, le jeune homme travaille 7 heures d’affilée par jour sur deux créneaux possibles. Comme tous les apprentis, il est dispensé de travail de nuit. Pas trop dur ? "J’aime l’ambiance dans cette entreprise, c’est très sérieux quand il y a du boulot, car il faut aller vite pour ne pas trop interrompre la production, mais ça déconne aussi beaucoup." Quant aux conditions de travail, Romain a tout de suite été mis au parfum par la responsable des ressources humaines : travail débutant tôt le matin ou finissant tard le soir, bruit (jusqu’à 100 décibels), humidité, courant d’air… Des contraintes réelles qu’il a acceptées sans hésiter. Le luxe de la jeunesse.
Big machine pour petite carotte
Du déterreur (éliminer des déchets) à l’épiéreur (supprimer les cailloux) ou encore l’éfaneur (résidus de fane) jusqu’aux brosses polisseuses, rien que pour le nettoyage des carottes, trente-et-une étapes et autant d’accessoires sont nécessaires. Un bruit assourdissant d’eau et de ferrailles relayé par différents bassins, tapis roulants, tuyaux, passerelles… Le tout évoque un labyrinthe tentaculaire. SOS dépannage. Là, et 5 minutes plus tard ailleurs, l’équipe de maintenance déboule visiblement bien accueillie par les équipes de production. La discussion s’engage à plusieurs, on écoute, commente, analyse, teste… "L’intérêt ici est que nous sommes tous polyvalents. Selon les machines, il faut être capable d’intervenir en mécanique, électricité, pneumatique et hydraulique", détaille Romain. Et "pour être efficace, ajoute son maître d’apprentissage, il faut utiliser le toucher, l’ouïe (donc pas de bouchon dans les oreilles) et l’odorat."
Sur un air de reggae. Et le travail ne se résume pas aux interventions d’urgence. Quand il n’est pas appelé en salle, Romain travaille dans l’atelier sur fonds musical ou dans le bureau de l’équipe. Au programme, beaucoup de préventif (entretenir le matériel pour anticiper la panne) et de plus en plus de correctif (adapter les machines pour booster la production). Romain n’aura donc pas trop de ses deux ans pour faire le tour de son métier.
Stéphanie Desmond











