1. Des prépas pour tous les goûts
Décryptage

Des prépas pour tous les goûts

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En prépa, le cadre de vie joue un rôle clé dans la réussite. Ici, l’internat du lycée Pierre-de-Fermat, à Toulouse (31), réservé aux préparationnaires. // © Christian Bellavia / Divergence pour l'Étudiant
En prépa, le cadre de vie joue un rôle clé dans la réussite. Ici, l’internat du lycée Pierre-de-Fermat, à Toulouse (31), réservé aux préparationnaires. // © Christian Bellavia / Divergence pour l'Étudiant

Réputées élitistes, les classes préparatoires aux grandes écoles se sont ouvertes ces dernières années. Elles ont également adapté leur rythme et leurs conditions d’études. Vous n’avez donc plus aucune raison d’hésiter !

Les prépas recouvrent aujourd'hui des réalités très différentes. Derrière le sigle CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles), se cachent en fait trois “familles” bien distinctes.

La première d'entre elles est sans aucun doute la plus élitiste : elle réunit les grands lycées parisiens et versaillais (Henri-IV, Louis-le-Grand, Sainte-Geneviève…). Ces prépas, qui attirent les meilleurs bacheliers de France (mention “très bien” au baccalauréat pour la majorité d'entre eux), sont les antichambres des très grandes écoles comme l'École polytechnique, les ENS (écoles normales supérieures) ou encore HEC. Autant le savoir : vous n'échapperez ni à une forte compétition, ni à un rythme de travail intense.

Lire aussi : notre classement 2016 des prépas

La deuxième famille rassemble d'autres lycées parisiens (tels que Chaptal, Jules-Ferry, Montaigne…) et les classes préparatoires des grandes villes en région (par exemple Kléber à Strasbourg, Chateaubriand à Rennes ou Montaigne à ­Bordeaux…). Ces très bonnes prépas, au rythme soutenu, sont moins élitistes que les premières. La plupart des élèves ont décroché une mention “bien” au bac, mais quelques-uns n'ont obtenu qu'un “assez bien”.

Enfin, il existe de nombreuses prépas dites de proximité, dans des villes moyennes ou en banlieue parisienne, qui se chargent de mener des élèves prometteurs vers des grandes écoles. Ce sont des classes à l'ambiance plus familiale, et qui peuvent permettre de s'épanouir dans un cadre moins stressant. Dans tous les cas, une chose est sûre : il y a des places à prendre. Chaque année, plusieurs écoles de commerce et d'ingénieurs ne font pas le plein !

Les commerciales : trois voies possibles

La prépa EC (économique et commerciale), plus connue sous le nom de prépa HEC, mène aux grandes écoles de commerce.

La voie ECS (scientifique) est réservée aux bacheliers S. Le programme comporte des cours de culture générale, de langues, d'histoire et dix heures de mathématiques par semaine !

La voie ECE (économique) est ouverte aux ES ou L option maths, voire à certains S. Elle comporte aussi une forte dose de maths, ainsi que des enseignements en histoire économique.

La voie ECT (technologique), enfin, est destinée aux bacheliers STMG (sciences et technologies du management et de la gestion). Il y a un peu moins de maths, mais du droit, de l'économie, des langues et de la ­culture générale.

Les scientifiques : pour les écoles d'ingénieurs

Les prépas scientifiques sont encore plus nombreuses. Les deux principales sont la MPSI (mathématiques-physique et sciences de l'ingénieur) et la PCSI (physique-chimie et sciences de l'ingénieur). La MPSI est plus chargée en maths. La PCSI est à dominante physique-chimie. “On ne se ferme aucune école en choisissant l'une plutôt que l'autre, précise un proviseur de lycée. Il faut privilégier la spécialité qui plaît le plus.”

La prépa PTSI (physique, technologie et sciences de l'ingénieur) est axée sur les sciences industrielles et les technologies. Elle permet de repartir sur de bonnes bases lorsqu'on est un peu juste dans les disciplines scientifiques traditionnelles. En deuxième année, il existe une voie supplémentaire, accessible aux étudiants issus des différentes prépas : il s'agit de la PSI (physique et sciences de ­l'ingénieur).

La prépa BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la Terre) conduit principalement aux écoles d'ingénieurs agronomes ou à des formations orientées vers les métiers de l'environnement. Elle est aussi la principale porte d'entrée pour les écoles vétérinaires. Sa cote a augmenté ces dernières années, ce qui en fait une voie plus sélective qu'autrefois.

Khâgne : pour les ENS, mais pas seulement

Il existe deux grandes filières dans les prépas littéraires.

La prépa lettres, dite A/L, est indifférenciée en première année, puis se divise, en seconde année, en deux parcours : “classique”, avec beaucoup de latin-grec, pour préparer l'ENS Paris (rue d'Ulm), ou “moderne”, avec notamment plus de géographie, pour intégrer l'ENS Lyon.

La prépa lettres et sciences sociales, dite B/L, comporte quant à elle des cours d'économie, de sociologie et de mathématiques. Elle est théoriquement ouverte aux bacheliers L mais, en pratique, ce sont les S ou ES qui y réussissent le mieux. Elle prépare aux ENS Paris, Paris-Saclay et Lyon. Celles-ci sont très sélectives mais la BEL, banque d'épreuves écrites du concours, permet aussi d'être admissible dans les écoles de commerce, de traduction (ISIT et ESIT) et dans certains IEP (instituts d'études politiques), au Celsa, à Dauphine… Quelques-unes de ces institutions imposent un écrit supplémentaire, d'autres n'ajoutent que des oraux.

Bien organiser ses vœux sur APB

Pour s'inscrire en CPGE, vous devez formuler vos vœux via le site Admission-postbac. Vous classez vos préférences et serez admis dans le premier établissement où vous serez le mieux classé. Ce qui préoccupe la majorité des candidats : faire coïncider au mieux le niveau de la classe préparatoire visée avec celui de leur bulletin scolaire de terminale. Une préoccupation d'autant plus légitime que vous ne connaissez ni le niveau des autres candidats qui postulent, ni le niveau du dernier admis…

Ce proviseur d'un grand lycée parisien est formel : “Il ne faut pas hésiter à être ambitieux dans ses premiers choix et ­mettre des établissements plus modestes ensuite. Et, surtout, utiliser toutes ses possibilités de vœux.” De toute façon, les lycées, qui constituent chacun leurs propres listes d'admis par ordre de préférence, ne savent absolument pas si le candidat a classé cette prépa en rang numéro 1 ou en rang numéro 5. Donc, autant tenter sa chance !

S'assurer de bonnes conditions de travail

Dans tous les cas, si vous êtes admis, c'est que vous avez potentiellement le niveau pour suivre. L'important, ensuite, est de vous assurer les conditions optimales pour réussir.

L'hébergement et le temps de transport jouent ainsi un rôle fondamental. Rien ne sert de viser à tout prix un lycée parisien si vous ne vous sentez pas tout à fait prêt pour vivre seul dans un studio. À l'inverse, si vous désirez quitter votre milieu habituel, les internats, présents dans certains lycées, ou les foyers, peuvent constituer une bonne solution.

Sommaire du dossier
Des prépas très spécifiques