1. Six élèves de prépas HEC sur dix doutent de leur capacité
Décryptage

Six élèves de prépas HEC sur dix doutent de leur capacité

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La prépa, une expérience fatigante et stressante, même si l'entraide et le dépassement de soi permettent de tenir la distance. // © Laurent Hazgui/Divergence pour l'Etudiant
La prépa, une expérience fatigante et stressante, même si l'entraide et le dépassement de soi permettent de tenir la distance. // © Laurent Hazgui/Divergence pour l'Etudiant

Fatigués, stressés, les élèves de prépa HEC interrogés dans le cadre du baromètre "Génération prépa" 2017 ont tendance à douter : d'eux-mêmes et de leur orientation. Heureusement, ils peuvent compter sur une vraie solidarité et de solides amitiés pour tenir le coup jusqu'au concours d'entrée en école de commerce.

Une expérience fatigante, stressante, qui finit par faire douter de leurs capacités même les meilleurs. C'est l'image que donne, à première vue, le troisième baromètre "Génération prépa", mené par l'EM Strasbourg et le magazine spécialisé "Espace Prépas", principalement auprès d'élèves de classes préparatoires économiques et commerciales.

Les résultats publiés le 26 juin 2017 montrent que la prépa n'est pas forcément un choix qui va de soi : 27 % des interviewés déclarent avoir eu une "mauvaise image de la prépa", et 65 % avoir douté de leur choix d'orientation, avant d'y entrer.

Dans près d'un cas sur trois (29 %) ce sont leurs professeurs qui les ont convaincus et dans un quart des cas leurs parents (26 %). Une licence à l'université ou un IUT aurait majoritairement été leur second choix.

Une fois franchi le seuil de la classe préparatoire, ce sentiment de doute s'atténue : près de la moitié des élèves (47 %) continue toutefois de se poser des questions, dont 10 % "souvent", et 37 % "parfois".

La formation est assez intense : un étudiant sur deux abat en moyenne entre 10 à 20 heures de travail par semaine, et 38 % plus de 20 heures. Un labeur la plupart du temps solitaire (77 %), y compris quand il s'agit de "devoirs à la maison".

La fatigue chronique ainsi que le côté "bachotage" font partie selon eux des gros "points noirs" de la prépa. Mais l'esprit de compétition, souvent montré du doigt, n'est cité que par 8 % des interviewés, qui voient au contraire la prépa comme un lieu où l'on se fait facilement des amis. 

Des mauvaises notes qui finissent par faire douter de ses capacités

Malgré l'entraide, l'exigence de la prépa, mais aussi les mauvaises notes (90 % des répondants récoltent des notes plus basses qu'en terminale), conduit une partie des étudiants à se remettre en question : près de 6 sur 10 (59 %) déclarent douter "souvent", voire "très souvent" de leurs capacités. Un phénomène particulièrement prononcé chez les filles...

36 % des étudiants disent se sentir un peu en dessous de leurs capacités, 8 % très en dessous et 29 % ne savent plus où se situer. Ce qui leur fait tenir le coup ? Dans l'ordre, la volonté (60 % des répondants), le soutien de leur famille (32 %), la présence de leurs amis (32 %), et les encouragements de leurs professeurs (20 %). Des enseignants dont les étudiants attendent en priorité une bonne connaissance des concours des écoles de commerce et de leurs exigences.

Seulement 4 % des sondés estiment que leurs professeurs ont instauré un climat de compétition, quand 39 % insistent au contraire sur la solidarité qui règne dans la classe. Ces professeurs qu'ils sollicitent en dehors des cours (60 %) auront pour la moitié des répondants un poids important, voire décisif dans le choix de leur école de commerce.

Les garçons plus attachés aux classements

En la matière, les garçons s'appuient en priorité sur les classements pour trouver leur école, tandis que les filles attachent plus d'importance à la localisation géographique de l'établissement. Assez classiquement, le salaire à la sortie reste un facteur plus déterminant pour les garçons que pour les filles.

La prépa pour apprendre à "travailler vite et bien", pas pour être créatif

Modestes ou réalistes, les élèves de prépa ne voient pas leur passage par une CPGE comme "la voie royale", mais davantage comme une expérience formatrice sur le plan intellectuel et personnel.

Ils citent parmi les principales compétences acquises, la capacité à "travailler vite et bien", à "rebondir après un échec" ou encore à gérer son stress. À l'inverse, ils comptent surtout sur l'école pour apprendre le "travail en groupe", à "gérer un projet" ou être créatif. 

Si 80 % des interviewés estiment que les recruteurs ne leur proposeront pas un salaire plus élevé parce qu'ils ont fait une prépa, 7 sur 10 (68 %) se voient toutefois comme des profils plus attirants que la moyenne.

Intégrer des stages en prépa

La plupart savent que les cours en école de commerce n'auront pas grand chose à voir avec ceux de la prépa. Ils y regrettent massivement (87 %) le manque d'ouverture sur le monde professionnel, qu'ils souhaitent renforcer à travers des visites d'entreprises, des interventions de professionnels ou encore des forums.

Plus de 7 sur 10 sont même d'accord avec l'idée d'un stage de deux ou trois semaines obligatoire entre la première et la deuxième année de prépa.

Une envie d'ailleurs

En matière de carrière, une autre enquête menée par l'EDHEC auprès d'élèves issus de prépa montrent qu'ils ont envie d'ailleurs. Deux tiers des 1.275 jeunes interrogés rêvent de commencer leur vie professionnelle à l'étranger (58 % en Europe).

36 % se voient bien créer leur entreprise, et 26 % se projettent dans une petite entreprise ou une start-up, contre 15 % il y a trois ans.

lls sont aussi 23 % à déclarer vouloir travailler dans l'économie sociale et solidaire (contre 14 % en 2014). Les ONG et l'ESS (économie sociale et solidaire) gagnent trois places au classement général des secteurs les plus convoités et arrivent en tête chez les femmes. 

Les garçons continuent de plébisciter le secteur finance/banque/assurances (43 %), le conseil (27 %) et l'audit (18 %). Des choix qui ont des chances d'évoluer avec le passage par l'école de commerce.

Enquêtes mode d'emploi

10.000 étudiants de prépa ont été sollicités dans le cadre de la quatrième édition de l'enquête "Génération prépa" conduite par l'EM Strabourg et le magazine "Génération Prépa". 1.087 ont accepté de répondre. La grande majorité sont en deuxième année de prépa (84 %) ; près de 9 sur 10 sont issus de prépa commerciale et 12 % de prépa littéraire. 63 % sont des femmes et 37 % des hommes.

L'étude menée par le NewGen talent Centre de l'EDHEC
a quant à elle été réalisée en mai 2017 auprès de 1.275 élèves issus de classes préparatoires. Les répondants sont à 51 % des femmes et 49 % des hommes, et ont 20 ans en moyenne.