1. Bien choisir son école d'art
Décryptage

Bien choisir son école d'art

Envoyer cet article à un ami
Une bonne pratique du dessin et une solide culture artistique sont nécessaires pour intégrer une école d'art. // © Photorocker
Une bonne pratique du dessin et une solide culture artistique sont nécessaires pour intégrer une école d'art. // © Photorocker

La vie d’artiste fait rêver, mais les études pour le devenir demandent beaucoup d’investissement personnel. Avant tout, la pratique du dessin et une grande créativité sont nécessaires.

Réalisateur de dessins animés, architecte d'intérieur, directeur artistique dans la publicité, dessinateur de BD, designer, graphiste 2D ou 3D, illustrateur… Les débouchés des écoles d'art sont variés mais choisir sa formation n'est pas chose aisée, d'autant que les établissements sont nombreux et les plus réputés très sélectifs. À l'ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs), à Paris, par exemple, le taux de réussite des candidats est d'environ 4 %.

À lire aussi : notre classement 2016 des écoles d'arts appliqués

Quelles sont les qualités indispensables pour ces cursus ?

Contrairement aux idées reçues, ces études nécessitent une grande capacité de travail. Les dilettantes n'iront pas bien loin. Et même si c'est une évidence, il est bon de rappeler qu'une bonne pratique du dessin est essentielle. Pas besoin d'être un crack, mais un bon coup de crayon vous servira dans toutes les sections : en architecture intérieure comme en restauration d'œuvres d'art. Ensuite, il faut enrichir ses connaissances en histoire de l'art, en lisant des livres spécialisés et en allant voir des expositions.

La plupart des écoles recrutent à partir d'une épreuve de dessin, d'une épreuve de culture générale artistique et d'un oral au cours duquel le candidat devra montrer et défendre son dossier artistique, comprenant dessins, peintures, photos, etc. Il ne faut pas se décourager, car les écoles cherchent des profils très variés.

Le choix de l'établissement est capital. Même si, professionnellement, il est utile de se spécialiser, ne le faites pas trop vite. Cela permet d'avoir une bonne culture artistique de base.

Existe-t-il des formations gratuites ?

Oui. Une cinquantaine d'écoles des beaux-arts, qui dépendent du ministère de la Culture, proposent des formations à bac+3 ou bac+5 (conférant le grade de master). Des établissements publics préparent également aux diplômes d'État : les BTS (brevets de technicien supérieur), DMA (diplômes des métiers d'art) et DSAA (diplômes supérieurs d'arts appliqués).

Publique et gratuite, l'EPSAA (École professionnelle supérieure d'arts graphiques et d'architecture), à Ivry-sur-Seine (94), propose une formation en graphisme en trois ans, certifiée de niveau II.

Sachez aussi que les écoles privées ont mis en place des aides financières lorsqu'elles sont ­exclues du dispositif des bourses sur critères sociaux. L'ECV (École de communication visuelle, à Aix-en-Provence, Bordeaux, Lille, Nantes et Paris), ­accorde par exemple une "remise sur les frais de ­scolarité" à des étudiants ayant des difficultés financières, s'ils sont assidus et obtiennent de bons résultats. Même système pour les écoles de Condé (à Bordeaux, Lyon, Nancy, Nice et Paris) qui récompensent les élèves les plus prometteurs avec des bourses d'excellence.

Faut-il suivre une option arts en terminale ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé. Avoir suivi un enseignement artistique vous permettra d'intégrer plus sûrement une MANAA (mise à niveau en arts appliqués) ou une école d'art.

À lire aussi : Réussir votre rentrée en MANAA

Vous pouvez par exemple suivre une option arts en terminale générale. En L, plus de 20 % des élèves suivent cet enseignement de spécialité. Vous pouvez aussi opter pour un bac arts appliqués (STD2A). Les élèves qui en sont diplômés n'ont pas besoin de passer par une MANAA pour intégrer un BTS des arts appliqués ou un DMA. Enfin, le fait de suivre des cours de dessin dans un atelier est aussi un plus.

Quels sont les BTS d'arts appliqués ?

Le BTS, formation très pratique en deux ans, se décline en plusieurs spécialités : concepteur en art et industrie céramique ; design d'espace ; design graphique (deux options : communication et médias imprimés ; communication et médias numériques) ; design de mode, textile et environnement (deux options : textile, matériaux et surface ; mode) ; design de produits ; design de communication espace et volume. Ces BTS se préparent dans des établissements publics, privés sous contrat ou hors contrat, dans toute la France.

D'autres BTS, plus techniques, peuvent également mener à une activité dans les arts appliqués : agencement de l'environnement architectural, communication et industries graphiques, photographie… Ils ne nécessitent pas de passer par une MANAA.

Qu'est-ce qu'un DMA ?

Le DMA est proposé dans des écoles d'arts appliqués publiques ou privées sous contrat. La formation dure deux ans. Les spécialités sont très variées : marqueterie, fresque-mosaïque (Olivier-de-Serres), arts textiles (Duperré), art du bijou et du joyau (Boulle), illustration (Estienne) et cinéma d'animation (Estienne, ESAAT – École supérieure d'arts appliqués et textile à Roubaix).

Plus spécialisés que les BTS, les DMA bénéficient globalement d'une bonne insertion. Comme pour les BTS, les diplômés peuvent poursuivre leurs études deux ans en vue de décrocher un DSAA puis un master 2.

Existe-t-il des formations universitaires ?

L'université propose trois grandes filières artistiques : arts du spectacle (cours d'analyse filmique, d'histoire de la mise en scène…), arts plastiques (histoire de l'art, analyse d'œuvres d'art, esthétique) et histoire de l'art (histoire de la création artistique, peinture, sculpture, architecture…).

Ces études, plus ou moins théoriques selon les universités, mènent essentiellement à l'enseignement. Encore faut-il décrocher le concours : le taux de réussite au CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) d'arts plastiques était de 25 % en 2015.

Mais des cursus plus professionnalisants se développent progressivement. L'ESAV (École supérieure d'audiovisuel) au sein de l'université Jean-Jaurès, à Toulouse (31), dispense par exemple une formation alternée aux pratiques et à la recherche en audiovisuel. L'université Lyon 2 propose pour sa part une licence professionnelle métiers de la mode, en alternance.

Quelle reconnaissance pour les écoles privées ?

Les écoles supérieures d'art privées ont différents statuts : consulaires (dépendant d'une chambre de commerce), privées sous contrat d'association avec l'État (financées en partie par l'État) ou privées hors contrat (financées par les familles).

Pour être reconnues par l'État, les écoles privées font une demande auprès du ministère de l'Éducation nationale. Elles doivent fournir de nombreux justificatifs et reçoivent la visite d'inspecteurs. Parmi les établissements ainsi reconnus, on peut citer l'école Camondo à Paris, La Poudrière à Valence (26) ou encore l'école Émile-Cohl à Lyon (69). Seules trois écoles supérieures en France (situées à Paris) sont également reconnues par le ministère de la Culture (ICART, LISAA et Esmod). La reconnaissance par l'État est illimitée, contrairement à celle du ministère, et signifie, entre autres, que les étudiants peuvent bénéficier d'une bourse de l'enseignement supérieur.

Sachez par ailleurs que certaines écoles proposent des licences et des masters en partenariat avec une université. Enfin, regardez si l'école qui vous intéresse bénéficie d'un accord Erasmus. Celui-ci permet de faire ses études dans une institution étrangère sans avoir à payer des frais de scolarité supplémentaires.

Que mesurent les titres des écoles ?

Des établissements présentent des diplômes "reconnus ou certifiés par l'État de niveau I ou II". Cela signifie que ces formations sont inscrites au RNCP. Le Répertoire national des certifications professionnelles, en ligne et géré par l'État, vous indique la qualification obtenue, ainsi que le niveau d'insertion professionnelle à la sortie de l'établissement.

Pour avoir ce droit, les écoles doivent passer par une commission qui examine le niveau d'emploi et le salaire qu'obtiennent les jeunes diplômés. En revanche, cette instance n'a pas pour vocation de contrôler la pédagogie, ou encore le CV des enseignants.

Le niveau I atteste d'une qualification bac+5, le niveau II d'un bac+3/4 et le niveau III d'un bac+2.

Peut-on suivre les études en alternance ?

L'apprentissage n'est pas une pratique courante dans les écoles d'art. Il tend toutefois à se développer, même s'il peut se révéler difficile de trouver une entreprise. Citons le CFA (centre de formation d'apprentis) Com, spécialisé dans la communication visuelle et le multimédia, à Bagnolet (93), qui propose des formations allant de la classe prépa au mastère (bac+4/5).

Il existe aussi des CFA en audiovisuel et même en comédie musicale ! Vous trouverez la liste dans l'Annuaire des formations.

Existe-t-il des labels de qualité ?

Il n'existe pas de label propre aux écoles d'art. Le ministère en charge de l'Enseignement supérieur délivre un visa pour une durée variable (de un à six ans). Cette reconnaissance finalise un processus de contrôle complet, de l'admission des élèves aux enseignements. Parmi les écoles qui en bénéficient : Camondo,  l'École de design Nantes-Atlantique, l'école Émile-Cohl et l'Institut français de la mode, à Paris.

Mais ce n'est pas une pratique habituelle pour les écoles d'art. Les plus prestigieuses comme l'ENSAD, l'ENSBA (École nationale supérieure des beaux-arts) ou l'ENSCI-Les Ateliers (École nationale supérieure de création industrielle-Les Ateliers), à Paris font partie de la CGE (Conférence des grandes écoles).

L'intégration à une association professionnelle est également un bon signe. On peut citer l'UNAID (Union nationale des architectes d'intérieur, designers), le RECA (Réseau des écoles françaises de cinéma d'animation), le réseau France Design Éducation, ou encore le CFAI (Conseil français des architectes d'intérieur). Ce dernier évalue, à leur demande, les établissements proposant un cursus d'architecture. Camondo, l'ENSAAMA (Olivier-de-Serres) et l'ESAT (École supérieure des arts et techniques), à Paris, font ainsi partie des écoles reconnues.

Bien choisir son école d'art, par Céline Manceau

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Bien choisir son école d'art”,
par Céline Manceau.