1. Bien choisir son école d'art
Décryptage

Bien choisir son école d'art

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Une bonne pratique du dessin et une solide culture artistique sont nécessaires pour intégrer une école d'art. // © Photorocker
Une bonne pratique du dessin et une solide culture artistique sont nécessaires pour intégrer une école d'art. // © Photorocker

La vie d’artiste fait rêver, mais les études pour le devenir demandent beaucoup de travail et un investissement personnel certain. La créativité, la ténacité et une bonne culture artistique sont les meilleurs atouts pour réussir dans ce secteur.

Dessinateur de BD, illustrateur, réalisateur de dessins animés, architecte d'intérieur, directeur artistique dans la publicité, designer, graphiste, styliste… Les débouchés des écoles d'art sont variés mais choisir sa formation n'est pas chose aisée, d'autant que les établissements sont nombreux et les plus réputés très sélectifs. À l'ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs), à Paris, par exemple, le taux de réussite des candidats est de 4 %.

Quelles sont les qualités indispensables pour ces cursus ?

Contrairement aux idées reçues, ces études nécessitent une grande capacité de travail. Les dilettantes n'iront pas bien loin. Et même si c'est une évidence, il est bon de rappeler qu'une bonne pratique du dessin est essentielle. Pas besoin d'être un crack, mais un bon coup de crayon vous servira dans toutes les sections : en architecture intérieure comme en restauration d'œuvres d'art. Ensuite, il faut enrichir ses connaissances en histoire de l'art, en lisant des livres spécialisés et en allant visiter des expositions.

La plupart des écoles recrutent à partir d'une épreuve de dessin, d'une épreuve de culture générale artistique et d'un oral au cours duquel le candidat devra montrer et défendre son dossier artistique, comprenant dessins, peintures, photos, etc. Il ne faut pas se décourager : les écoles cherchent des profils très variés.

Le choix de l'établissement est capital. Mais même si, professionnellement, il est utile de se spécialiser, ne le faites pas trop vite. Cela permet d'avoir une bonne culture artistique de base.

Existe-t-il des formations gratuites ?

Oui. Une cinquantaine d'écoles supérieures d'art, qui dépendent du ministère de la Culture, proposent des formations à bac+3 ou bac+5 (conférant le grade de master). Des établissements publics préparent également aux diplômes d'État : aux BTS (brevets de technicien supérieur), DMA (diplômes des métiers d'art) et DSAA (diplômes supérieurs d'arts appliqués). À noter : les deux premiers de ces diplômes seront remplacés progressivement par le DNMADE, en trois ans après le bac.

Lire aussi : À quoi va ressembler le DNMADE, le remplaçant de la MANAA ?

Publique, l'Epsaa (Ecole professionnelle supérieure d'arts graphiques de la ville de Paris), à Ivry-sur-Seine, propose une formation en graphisme en trois ans, certifiée de niveau II.

Sachez aussi que les écoles privées ont mis en place des aides financières lorsqu'elles sont ­exclues du dispositif des bourses sur critères sociaux. L'ECV (École de communication visuelle, à Aix-en-Provence, Bordeaux, Lille, Nantes et Paris), ­accorde par exemple une remise – d'un montant annuel maximal de 2.000 € – sur les frais de scolarité à des étudiants ayant des difficultés financières, s'ils sont assidus et obtiennent de bons résultats. Les écoles de Condé (Bordeaux, Lyon, Nancy, Nice et Paris) délivrent, quant à elles, chaque année une cinquantaine de bourses d'excellence à leurs étudiants les plus méritants.

Faut-il suivre une option arts en terminale ?

C'est jusqu'à présent recommandé pour intégrer une MANAA (mise à niveau en arts appliqués) ou une école d'art, sauf si vous venez d'un bac arts appliqués (STD2A), qui permet de postuler directement en BTS arts appliqués ou en DMA. Notez que, à partir de la rentrée 2018, dans 14 académies (puis partout en France à la rentrée 2019), il sera possible de postuler directement après le bac au nouveau DNMADE, diplôme en trois ans.

Quels sont les BTS d'arts appliqués ?

Le BTS, formation très pratique en deux ans, se prépare dans des établissements publics, privés sous contrat ou hors contrat, dans toute la France. Le BTS arts appliqués se décline en plusieurs spécialités : concepteur en art et industrie céramique ; design d'espace ; design graphique (deux options : communication et médias imprimés ; communication et médias numériques) ; design de mode, textile et environnement (deux options : textile, matériaux et surface ; mode) ; design de produits ; design de communication espace et volume. Les BTS arts appliqués laisseront progressivement la place au DNMADE, nouveau diplôme postbac en trois ans.

D'autres BTS, plus techniques, peuvent également mener à une activité dans les arts appliqués : étude et réalisation d'agencement, études de réalisation d'un projet de communication, photographie… Ils ne nécessitent pas de passer par une MANAA.

Qu'est-ce qu'un DMA ?

Le DMA, en deux ans, est proposé dans des écoles d'arts appliqués publiques ou privées sous contrat. Les spécialités sont très variées : marqueterie, fresque-mosaïque (Olivier-de-Serres), arts textiles (Duperré), art du bijou et du joyau (Boulle), illustration (Estienne) et cinéma d'animation (Estienne, ESAAT – École supérieure d'arts appliqués et textile à Roubaix).

Plus spécialisés que les BTS, les DMA bénéficient globalement d'une bonne insertion. Comme les BTS arts appliqués, les DMA disparaîtront au profit du DNMADE, bon préalable au DSAA.

Existe-t-il des formations universitaires ?

L'université propose trois grandes filières artistiques : arts du spectacle (cours d'analyse filmique, d'histoire de la mise en scène…), arts plastiques (histoire de l'art, analyse d'œuvres d'art, esthétique) et histoire de l'art (histoire de la création artistique, peinture, sculpture, architecture…).

Ces études, plus ou moins théoriques selon les universités, mènent essentiellement à l'enseignement. Encore faut-il décrocher le concours : le taux de réussite au CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) d'arts plastiques était de 16 % en 2017.

Mais des cursus plus professionnalisants se développent progressivement. L'ESAV (École supérieure d'audiovisuel) au sein de l'université Jean-Jaurès, à Toulouse (31), dispense par exemple une formation alternée aux pratiques et à la recherche en audiovisuel. L'université Lyon 2 propose pour sa part une licence professionnelle métiers de la mode, en alternance.

Quelle reconnaissance pour les écoles privées ?

Les écoles d'art privées ont différents statuts : consulaires (dépendant d'une chambre de commerce), privées sous contrat d'association avec l'État (financées en partie par l'État) ou privées hors contrat (financées par les familles).

Pour être reconnues par l'État, les écoles privées font une demande auprès du ministère de l'Éducation nationale. Elles doivent fournir de nombreux justificatifs et reçoivent la visite d'inspecteurs. Parmi les établissements ainsi reconnus, on peut citer l'école Camondo à Paris ou l'école Émile-Cohl à Lyon (69). Seules trois écoles supérieures en France (situées à Paris) sont également reconnues par le ministère de la Culture (ICART, LISAA et Esmod). La reconnaissance par l'État est illimitée, contrairement à celle du ministère, et signifie, entre autres, que les étudiants peuvent bénéficier d'une bourse de l'enseignement supérieur.

Sachez aussi que certaines écoles proposent des licences et des masters en partenariat avec une université. Enfin, regardez si celle qui vous intéresse bénéficie d'un accord Erasmus+. Celui-ci permet de faire ses études dans une institution étrangère sans avoir à payer des frais de scolarité supplémentaires.

Que mesurent les titres des écoles ?

Des établissements présentent des diplômes "reconnus ou certifiés par l'État de niveau I ou II". Cela signifie que ces formations sont inscrites au RNCP. Le Répertoire national des certifications professionnelles, en ligne et géré par l'État, vous indique la qualification obtenue, ainsi que le niveau d'insertion professionnelle à la sortie de la formation.

Pour y être inscrites, les écoles doivent passer par une commission qui examine le niveau d'emploi et le salaire des jeunes diplômés. En revanche, cette instance n'a pas pour vocation de contrôler la pédagogie ou le CV des enseignants.

Le niveau I atteste d'une qualification bac+5, le niveau II d'un bac+3/4 et le niveau III d'un bac+2.

Peut-on suivre les études en alternance ?

L'apprentissage n'est pas une pratique courante dans les écoles d'art. Il tend toutefois à se développer, même s'il peut être difficile de trouver une entreprise. Citons le CFA (centre de formation d'apprentis) Com, spécialisé dans la communication visuelle et le multimédia, à Bagnolet (93), qui propose des formations allant de la classe prépa au mastère (bac+4/5).

Il existe aussi des CFA en audiovisuel et même en comédie musicale ! Vous trouverez la liste dans notre annuaire des formations.

Existe-t-il des labels de qualité ?

Il n'existe pas de label propre aux écoles d'art. Le ministère de l'Enseignement supérieur délivre un visa pour une durée variable (de un à six ans). Cette reconnaissance clôt un processus de contrôle complet, de l'admission des élèves aux enseignements. Parmi les établissements qui en bénéficient : Camondo,  l'École de design Nantes-Atlantique, l'école Émile-Cohl et l'Institut français de la mode, à Paris.

Mais ce n'est pas une pratique habituelle pour les écoles d'art. Les plus prestigieuses comme l'ENSAD, l'ENSBA (École nationale supérieure des beaux-arts) ou l'ENSCI-Les Ateliers (École nationale supérieure de création industrielle-Les Ateliers), à Paris font partie de la CGE (Conférence des grandes écoles).

L'intégration à une association professionnelle est également un bon signe. On peut citer l'UNAID (Union nationale des architectes d'intérieur, designers), le RECA (Réseau des écoles françaises de cinéma d'animation), le réseau France design éducation, ou encore le CFAI (Conseil français des architectes d'intérieur). Ce dernier évalue, à leur demande, les établissements proposant un cursus d'architecture. Camondo, l'ENSAAMA (Olivier-de-Serres) et l'ESAT (École supérieure des arts et techniques), à Paris, font ainsi partie des écoles reconnues.

Bien choisir son école d'art, par Céline Manceau

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À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Bien choisir son école d'art”,
par Céline Manceau.