1. Quelles formations pour travailler dans l’animation et les jeux vidéo ?
Décryptage

Quelles formations pour travailler dans l’animation et les jeux vidéo ?

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Parmi les écoles prisées des recruteurs, l’ESMA, à Montpellier, s’est spécialisée dans la 3D et les effets spéciaux. // © ESMA Montpellier
Parmi les écoles prisées des recruteurs, l’ESMA, à Montpellier, s’est spécialisée dans la 3D et les effets spéciaux. // © ESMA Montpellier

De l’Amérique au Japon, les diplômés des écoles françaises d’animation et de jeu vidéo ont la cote. Leur profil généraliste et leur culture artistique sont appréciés des recruteurs.

De Montpellier à ­Hollywood, la marche était haute. Et pourtant, deux courts-métrages de fin d'études, réalisés par des étudiants de la promotion 2016 de l'ESMA (École supérieure des métiers artistiques), à ­Montpellier, ont été sélectionnés dans la liste additionnelle des Oscars dans la catégorie animation 3D. Preuve que les Français ont bien une carte à jouer dans l'animation et les jeux vidéo, aux côtés des États-Unis et du Japon.

D'autant que le secteur de l'animation en France se porte bien. Le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) recense 32 films d'animation exploités dans les salles étrangères en 2016. Parmi ces films figure “Le Petit Prince”, du réalisateur Mark Osborne, qui cumulait 18,2 millions d'entrées dans le monde fin 2016, ce qui en fait, selon le CNC, “le plus grand succès jamais recensé pour un film d'animation”.

De son côté, le SNJV (Syndicat national du jeu vidéo) enregistre, depuis 2014, une hausse du chiffre d'affaires des studios de développement. Cette hausse est estimée à 2,4 % entre 2015 et 2016, ce qui fait dire au syndicat que le jeu vidéo français a de beaux jours devant lui.

La doyenne : les Gobelins

“Nous avons les meilleures formations du monde”, affirme Jacques Bled, cofondateur du studio Illumination Mac Guff. La France s'est dotée très tôt d'écoles de haut niveau. La doyenne, les Gobelins, créée par la CCI (chambre de commerce et d'industrie) de Paris, a ouvert sa filière cinéma d'animation en 1975 pour répondre à la demande des studios de création français. Kristof Serrand, aujourd'hui directeur de l'animation chez DreamWorks, en Californie (États-Unis), et diplômé des Gobelins, se souvient : “Pendant longtemps, c'était la seule école. À la fin des années 80, après avoir commencé ma carrière à la Gaumont, j'ai embauché la moitié de ma promotion chez Amblimation, le studio de Steven Spielberg à Londres !”

Les Gobelins proposent une formation de concepteur et réalisateur en quatre ans, accessible après le bac pour les moins de 25 ans. Pour ­Caroline Souris, cofondatrice de la société de production TeamTO, la valeur ajoutée de l'école réside dans sa spécialisation en cinéma d'animation, alors que “les autres sont plus généralistes”.

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Des écoles appréciées des recruteurs

Autre établissement qui bénéficie d'une forte renommée : Rubika. Il propose trois filières en animation (Supinfocom), jeux vidéo (Supinfogame) et design (ISD). Il se taille une belle réputation grâce, notamment, aux prix gagnés par ses étudiants lors de festivals internationaux et à ses liens étroits avec les entreprises du secteur. L'établissement valenciennois propose un cursus en cinq ans, accessible après le baccalauréat, et dispose de deux campus étrangers, au Canada et en Inde. Un choix pertinent, salué par les professionnels à l'heure où beaucoup de jeunes animateurs commencent leur carrière hors de l'Hexagone.

D'autres établissements sont prisés des recruteurs, comme l'EMCA (École des métiers du cinéma d'animation), créée par la CCI d'Angoulême au sein du pôle Magelis de la ville, et appréciée pour la créativité de ses diplômés. On peut également citer : l'ESMA (École supérieure des métiers artistiques), à Montpellier, spécialisée dans la 3D et les effets spéciaux ; Mopa Arles, anciennement ­Supinfocom Arles ; La Poudrière, à Valence, école de réalisateurs de films d'animation aux petites promotions ; ArtFx à ­Montpellier, ou encore l'école Émile-Cohl à Lyon, qui propose aux étudiants trois spécialisations en quatrième année : édition, dessin animé, jeu vidéo et ­multimédia.

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Le côté “couteau suisse” des Français

Les Français ont la réputation de savoir tout faire. Un côté “couteau suisse” très apprécié ! Évidemment, il faut provoquer sa chance, car les Américains ne les attendent pas. “Il est possible de faire des stages aux États-Unis, mais peu de Français peuvent s'y installer, car l'obtention de visas de séjour est complexe”, avertit Kristof Serrand (DreamWorks). Les jeunes diplômés débutent plus souvent à Londres. “Si un jeune a son nom au générique d'une grosse production britannique, il pourra plus facilement avoir un visa pour les États-Unis”, confirme-t-il.

Mais si les expériences internationales sont un passage obligé – l'anglais courant est indispensable –, le retour en France peut être une bonne option. Pour rencontrer les créateurs des films “Moi, moche et méchant” et “Les Minions”, nul besoin de traverser l'Atlantique : le studio Illumination Mac Guff est installé à Paris et le renforcement, début 2016, du crédit d'impôt audiovisuel a entraîné la relocalisation en France de plusieurs studios d'animation.

Liens utiles

Jeu vidéo
Snjv.org (site du Syndicat national du jeu vidéo) : dossiers complets sur le secteur, les métiers, les rémunérations.
Afjv.com (site de l'Agence française pour le jeu vidéo) : offres d'emploi et de stages, annuaire 
des studios.

Animation
Afca.asso.fr (site de l'Association française du cinéma d'animation) : liste des festivals, annuaire des studios, des producteurs et des distributeurs.
Reca-animation.com (site du réseau des écoles françaises de cinéma d'animation) : nombreuses informations sur le métier et les écoles.