1. Le classement 2017 des écoles de mode
Bancs d’essai

Le classement 2017 des écoles de mode

Envoyer cet article à un ami
Esmod, École supérieure des arts et techniques de la mode, dispense une formation de styliste designer en trois ans. Ici, le pré-jury pour les étudiantes de 3e année. // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant
Esmod, École supérieure des arts et techniques de la mode, dispense une formation de styliste designer en trois ans. Ici, le pré-jury pour les étudiantes de 3e année. // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant

L’IFM, l’École Duperré et l’ECSCP : ces trois établissements renommés occupent, cette année encore, le podium de notre classement. Un trio de tête talonné par d’autres formations en stylisme et modélisme, créatives, pragmatiques et diversifiées.

À chaque école, son style ? C'est ce qui ressort de l'édition 2017 de notre palmarès. "Avant tout recrutement, nous demandons bien à nos professionnels ce qu'ils recherchent, car chaque école de mode est différente et forme des élèves qui n'ont pas le même profil", souligne Millie de la Valette, talent acquisition manager chez Louis Vuitton. Exigence, réseau, savoir-faire, technicité, mais également créativité... Revue de détail des points forts des formations qui sont arrivées en tête de notre classement.

Les huit écoles de stylisme et de modélisme les plus renommées

Écoles Nb de points Nb de citations "écoles préférées"
IFM (Institut français de la mode), Paris 111 20
ESAA-École Duperré, Paris 104 20
ECSCP (École de la chambre syndicale de la couture parisienne), Paris 99 19
Esmod international, Paris, Bordeaux, Rennes, Roubaix, Lyon 83 19
Studio Berçot, Paris 59 12
Atelier Chardon-Savard, Paris, Nantes 53 15
ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs), Paris 34 7
LISAA école de mode, Nantes, Paris 20 5


Grâce à leur très bonne renommée dans le milieu des écoles de mode, l'IFM et l'École Duperré arrivent en tête de notre sondage. L'École de la chambre syndicale de la couture parisienne complète le podium. Toutes les autres écoles, présentées ci-dessous, ont été citées plus de cinq fois dans notre enquête.

Lire aussi : Classement 2017 : 90 écoles de mode au banc d'essai

L'IFM : pour parfaire sa formation

Plébiscité par l'ensemble des professionnels, l'IFM occupe la première place de notre classement pour la deuxième année consécutive. Plus connu pour son programme de management, l'institut propose également une filière création depuis 2000, accessible à partir d'un bac+4.

"C'est la bonne école quand on a fait une formation plus créative auparavant. Elle permet de compléter son parcours avec une solide spécialisation et surtout de montrer aux professionnels sa capacité à travailler", juge Nahd Hamza, responsable de style pour la marque Chacok. "Les élèves apprennent notamment à communiquer autour de leur travail. C'est un point très important", ajoute Mathias Ohrel, directeur de m-O Conseil, cabinet de recrutement spécialisé dans le luxe.

La formation de l'IFM, articulée autour de trois majeures : vêtement, accessoire et image, dure seize mois, dont six de stage en entreprise. "Très intense, l'IFM demande une certaine maturité et permet d'engager une réflexion sur son parcours personnel", témoigne Alice Lemaire, designer chez Louis Vuitton et ancienne élève de l'institut. Cette maturité des élèves, de même que la diversité du recrutement, sont appréciées des recruteurs. "Les étudiants ont un profil international, très spécifique, une ouverture d'esprit, sans compter que la formation est très rigoureuse", juge Millie de la Valette. Une diversité qui s'accompagne d'un réseau professionnel sans égal dans le secteur.

L'École Duperré : créativité et polyvalence

L'École supérieure des arts appliqués occupe la deuxième place de notre palmarès. Son point fort : la créativité. "Il y a un esprit Duperré, un univers", observe Nahd Hamza. Même constat pour Mathias Ohrel, le dirigeant de m-O Conseil : "Il y a une ouverture artistique dès le départ. C'est une école qui révèle le côté créatif de ses élèves. Elle les pousse à chercher un propos personnel."

L'établissement propose un panel de formations qui débute à la mise à niveau, qui dure un an, au DSAA (diplôme supérieur des arts appliqués). Réputée pour son profil artistique, cette école publique est également saluée pour le "pragmatisme" de son enseignement. "Les étudiants ont toujours un très bon niveau, tant du côté de la technique – dimension textile, connaissances des différents matériaux – que du dessin. C'est rare d'avoir des élèves également forts sur ces deux points", estime Dalia El Kahwagi, chargée de recrutement chez Christian Dior Couture.

Décrits comme "très polyvalents", les diplômés de Duperré sont appréciés des recruteurs. "C'est ce que l'on recherche chez un styliste : de la créativité, mais aussi du pragmatisme", souligne Jean-Benoist Joussant, responsable de recrutement pour le groupe Etam.

L'ECSCP : la plus compétente en haute couture

Qualifiée "d'incontournable" par plusieurs professionnels du secteur, l'École de la chambre syndicale de la couture parisienne, troisième de notre classement, a été créée en 1927. L'ECSCP est avant tout appréciée pour sa "technicité". "Nous avons un partenariat avec elle depuis longtemps, car c'est l'école la plus spécialisée dans la haute couture. Elle travaille avec de nombreuses maisons, et son enseignement s'adapte vite aux besoins des recruteurs", témoigne Dalia El Kahwagi, chargée de recrutement chez Christian Dior Couture. "Un professionnalisme" qui se traduit notamment par "un très bon niveau en dessin", un bel atout sur le marché du travail.

"Ces jeunes stylistes et modélistes sont les plus efficaces. Ils savent parfaitement comment fonctionnent les grandes maisons", souligne Millie de la Valette. L'établissement, qui compte Alexis Mabille (créateur haute couture et prêt-à-porter) et Issey Miyake (styliste japonais) parmi ses anciens élèves, propose une formation en quatre ans, ainsi qu'une certification professionnelle pour les étudiants ayant déjà un pied dans la création.

Esmod : En phase avec les pros

Un bon réseau, une grande quantité de spécialisations et un enseignement adapté au marché : ce sont les principaux atouts d'Esmod, cités par les recruteurs. Fondée en 1841, l'école, quatrième de notre palmarès, reste "en phase avec l'industrie de la mode d'aujourd'hui", résume Mathias Ohrel. La formation "intègre les contraintes du marché et du métier. C'est un enseignement concret et réaliste", expose le consultant.

Esmod dispense un programme de styliste designer mode en trois ans, dont les professionnels apprécient la série de spécialisations. "C'est une des seules écoles à proposer une formation aux spécificités de la lingerie", souligne Jean-Baptiste Joussant. Même constat pour Lætitia Jacquetton, directrice du style pour les marques propres des Galeries Lafayette. "Ils ont une section mode enfantine. C'est très important pour nous, car ce n'est pas du tout la même chose que la mode adulte, notamment au niveau technique", illustre l'ancienne élève de l'établissement.

Dernier atout : son réseau, avec plus de 8.000 diplômés en France et à l'étranger. Rebaptisée "Esmod International" en 1990, l'école compte, actuellement, 21 établissements répartis dans 14 pays dans le monde.

Studio Berçot : liberté artistique d'abord

Studio Berçot se hisse à la cinquième place de notre classement cette année. Cette "petite structure" est plébiscitée par les professionnels pour sa "singularité". "Avec l'École Duperré, elles sont le top de la créativité, s'enthousiasme Millie de la Valette. Les élèves sont peut-être un peu moins structurés, mais ils sont plus libres d'un point de vue artistique." "Ils ont l'œil pour tout ce qui concerne les imprimés et le côté graphique", complète Lætitia Jacquetton.

Le site Internet de Studio Berçot, qui donne un premier indice sur l'originalité de la formation, vaut le détour. "Cette école a formé une majorité de créatrices, telle Isabel Marant [créatrice de mode]. Elle est très marquée par la personnalité de Marie Rucki, la directrice de l'établissement", explique Mathias Ohrel, de m-O Conseil. "Elle transmet une passion pour la mode et est très exigeante. Elle pousse les élèves à développer leur univers personnel sans faire de compromis."

La formation dure trois ans, dont une dernière année optionnelle en stage en entreprise.

L'Atelier Chardon-Savard Une ambiance créative

Classée juste derrière Studio Berçot, l'Atelier Chardon-Savard, installé à Paris et à Nantes, séduit par son atmosphère créative. "À mon arrivée à la direction de l'école, j'ai été marquée par la cohésion entre les étudiants, l'ambiance propre aux bureaux de style", souligne Christine Leiritz, ex-journaliste spécialisée dans la mode, à la tête de l'établissement depuis septembre 2016. "Nous formons des élèves très ouverts, capables de dépasser les codes et de saisir les tendances", décrit sa directrice.

Une "liberté créative", "réaliste", "qui répond aux contraintes des professionnels", insiste-t-elle. L'école propose notamment un cursus de designer de mode en quatre ans, dont une dernière année de professionnalisation. Elle ouvre, en septembre 2017, un Bachelor à Berlin (Allemagne), au recrutement international.

L'ENSAD : "l'école laboratoire"

Les professionnels vantent avant tout la diversité des formations de l'École nationale supérieure des arts décoratifs (aussi appelée "les Arts-Déco"). "À l'ENSAD, il y a un décloisonnement entre les disciplines et une grande liberté des élèves", relève Mathias Ohrel. "Parmi la dizaine de filières, dont l'animation, le design graphique, le design objet ou l'architecture intérieure, on compte deux autres spécialités : le design textile et matière, et le design vêtement", précise le consultant. Le fonctionnement en ateliers et l'équipement de qualité assurent une richesse et une variété aux élèves. "Des stylistes vont travailler davantage le cuir, certains le silicone, d'autres vont s'intéresser à la photo...", énumère Nahd Hamza.

Qualifiée d'"école laboratoire" par Millie de la Valette, l'ENSAD est également citée pour la qualité de ses intervenants et son côté créatif "très poussé". "L'établissement invite les étudiants à se dépasser dans la recherche des matières, des couleurs ...", expose la recruteuse. Pour intégrer ce cursus en cinq ans, il faut réussir le concours d'entrée très sélectif (environ 4 % de candidats reçus).

LISAA : un programme diversifié

Dans le top huit des écoles citées par les directeurs artistiques, la section mode de LISAA se distingue par une formation complète, adaptée au marché du travail. "Les élèves ont des cours variés" (communication, design textile, histoire du costume, modélisme, stylisme, etc.), une "liberté de création, tout en ayant en tête la commercialité du produit", illustre une ancienne diplômée, aujourd'hui styliste indépendante à l'étranger. L'école propose des formations de stylisme ou de modélisme en deux ou trois ans après le bac.

Lire aussi : les écoles d'arts appliqués préférées des pros

Et aussi, de nombreuses autres formations...

D'autres établissements trouvent grâce aux yeux des acteurs de la mode et du prêt-à-porter, à l'image de l'École de Condé, de Mode Estah ou de l'Académie internationale de coupe de Paris...
Vous avez la possibilité de même d'opter pour un BTS (brevet de technicien supérieur) design de mode, textile et environnement avant de tenter une formation en deux ans, qui mène au DSAA (diplôme supérieur d'arts appliqués) design mention mode, proposé à l'École Duperré, à l'ENSAAMA (École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art, appelée Olivier-de-Serres, à Paris), au lycée La Martinière-Diderot (à Lyon) et à l'ESAAT (École supérieure des arts appliqués et du textile, à Roubaix). Ce diplôme "très conceptuel, apporte une approche très créative", commente Clémentine Desprez, styliste chez Karl Marc John. Il existe aussi un BTS métiers de la mode, que vous pouvez poursuivre par une licence professionnelle. Moins axé sur la création mais davantage sur la conception, ce diplôme mène à des professions telles que contrôleur qualité ou responsable de collection.

Gardez enfin à l'esprit qu'au-delà de votre formation votre personnalité peut faire la différence.

Les atouts des écoles étrangères

Si les écoles françaises n'ont rien à envier à leurs consœurs étrangères, ces dernières ont aussi leurs points forts. Parmi eux : la culture générale sur le stylisme et le modélisme, la maîtrise de l'anglais – "indispensable pour rédiger et lire les fiches techniques des produits", insiste Lætitia Jacquetton des Galeries Lafayette – et celle des outils informatiques – "prérequis à tout recrutement", pour Jean-Benoist Joussant, du groupe Etam.
Sans conteste, l'école la plus plébiscitée par les professionnels est celle de Londres : Central Saint Martins College of Art and Design. "On ne peut pas se passer des élèves de cette école, qui a un réseau extraordinaire. Les diplômés savent se vendre et font la promotion de leur établissement", observe Millie de la Vallette de Louis Vuitton.
Autres établissements étrangers les plus cités : la Cambre, à Bruxelles, et l'Académie royale des beaux-arts, à Anvers (en Belgique) ; l'Istituto Europeo di Design et l'Istituto Marangoni, à Milan (en Italie) ; la Bunka Gakuen University, à Tokyo (Japon) ; le Royal College of Art et le London College of Fashion, à Londres (Royaume-Uni).

IFM-ECSCP : un futur numéro un ?

Les professionnels de la mode attendent beaucoup du rapprochement de l'IFM (Institut français de la mode) et de l'ECSCP (École de la chambre syndicale de la couture parisienne), prévu pour la rentrée 2018. "Cette union sera très intéressante, car les deux formations sont complémentaires. La première a une approche plus managériale et la seconde, plus technique", souligne Mathis Ohrel, du cabinet m-O Conseil. Millie de la Valette, de Louis Vuitton, y voit "une école capable de se classer au premier rang mondial et de concurrencer les plus grandes comme Central Saint Martins", à Londres.
Ce futur grand ensemble accueillera 700 étudiants et proposera une gamme de formations allant du CAP (certificat d'aptitude professionnelle) au bac+5,
dans les domaines du management et de la création de mode.

Pensez aussi au management de la mode

Vous êtes attiré par l'univers de la mode mais vous ne vous sentez pas l'âme créative ? Regardez du côté des formations en management de la mode. Ces filières spécialisées – qui ne sont pas évaluées dans ce dossier – préparent aux métiers d'acheteur, de merchandiser ou de chef de produit. Elles sont accessibles dans les écoles de mode (IFM, Mod'Art, Esmod, LISAA, ESMOD-ISEM...) ou dans des établissements exclusivement tournés vers ces métiers. Citons, par exemple, Mod'Spe, Sup de luxe, Moda Domani Institute ou La Fabrique-programme mode ESIV. Vous pouvez opter pour un cursus axé sur le luxe dans une école de commerce telles l'ESSEC, l'EM Lyon, Skema... Des universités proposent aussi des formations : campus de la mode à Angers, université Lumière Lyon 2, Aix-Marseille...